‹ Un architecte français au commencement du 17e siècle: Salomom de BrosseChapitre 31 sur 102 · MAISONS ET TERRES A VERXEUIL II · texte numérisé non relu

MAISONS ET TERRES A VERXEUIL II

L'aspect des lieux n'a guère changé depuis deux siècles (i). Lorsqu'on arrive de Verneuil à la petite place de Montlaville d'oii un chemin descend vers le rû Macard, toujours paisible et assez poisson-

le ficf de Saint-Quentin consistant en un corps d'hostel appliqué à deux salles lasses, cabinet, vestibule, escalier, cuisine, chambre, grenier au-dessus, escurie, deux granges, estables, colombier, puits, court et jardin devant ledit corps d'hostel, un clos et un verger dans lequel passe le ru Macar, 011 il y a un vivier, audessus duquel est un clos fermé de murs, planté en ormes, lesdits bastimens couverts de tuilles et ardoises avec la quantité de 96 arpens ou environ tant en terres labourables que prez et bois, dont partie en fief. »

Cette propriété resta une soixantaine d'années dans la famille Dauvergne. Le 30 octobre 1772 (étude de M* Vergne, notaire à Paris), Geneviève Jeanne Dauvergne et son mari Gilles Boucher de la Richarderie, avocat au parlement, vendirent à Sébastien-Marie-Mathurin Gazon d'Ourxigné et Marie-Joseph Chopitel. De leur héritier Pierre-Raphaël Gazon qui s'intitulait « M. de Saint-Quentin », la maison et ses dépendances avaient passé le 26 mars 181 1 (étude de M* Pannetier à Senlis) à un sieur Bontemps, puis (1813) à Jacob Moline et Bien-Aimé Aaron Moline (étude de M" Dupuis à Senlis, 10 janvier 1815 et 26 février 1819) ; quelques parties distraites antérieurement sont de nouveau réunies entre les mains d'un seul propriétaire M. Thourct de Beaurepaire, lorsqu'il vend le 5 décembre 1833 (étude de M* Fournier à Senlis, actuellement M* Petit) à M. Jacques Florentin Grison, cultivateur à Montlaville, une « maison bourgeoise et 33 ares faisant partie du clos Fasquelle ». Cette superficie, remarquons-le, correspond à peu près exactement aux 96 arpents mentionnés ci-dessus dans un document de 1710. Les bâtiments principaux comportent alors « un grand colombier, deux granges, une chambre dite la chambre au billiard, un fournil, deux caveaux, etc. ». Enfin les héritiers Grison cédèrent en 1893 la maison de S. de Brosse à M. Henri Péroche, architecte à Creil qui dit à son notaire M* Désabic, de Creil, qu'il avait été en grande partie déterminé à cette acquisition par le désir de posséder la maison élevée par son confrère l'architecte du xviT siècle, îl avait l'intention de la resUurer, mais, malheureusement, mourut bientôt, sans avoir pu réaliser ce projet, en 1896. La propriétaire actuelle, sa fille Mme Haag, n son fils M. II. E. Péroche ont facilité nos recherches avec la plus grande amabilité.

(i) M. le chanoine Eug. MuUcr, aumônier de l'hospice Condé i Chantilly, dans son ouvrage sur Senlis et ses environs (Senlis, Nouvian, imp., 1896, in-8') a consacré une page à résumer l'histoire de la famille de S. de Brosse, et rcliroduit, en gravure sur cuivre, un très joli dessin il'après nature de M. Maillard, représentant la « maison jaune » (p. 270).

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neux, on a devant soi la « Maison jaune » que les villageois montrent encore avec un certain orgueil, devant un corps de bâtiment perpendiculaire à la route, et à gauche de celle-ci.

Un grand portail flanqué d'une porte plus petite donne accès dans la cour, qu'un mur avec puits mitoyen, sépare de la ferme. La (( tour » est un grand pavillon rectangulaire aux murs de belle pierre bien équarrie, toujours couvert en ardoise, comme au temps jadis ; sur les toits voisins l'ardoise aussi a remplacé les tuiles d'antan. La façade a encore assez grande allure, bien que les ouvertures y aient été pitoyablement réduites au strict minimum ; la porte a été bouchée, la fenêtre du premier étage privée de sa partie supérieure, et la fenêtre du second étage privée de sa partie inférieure : elle devait être primitivement d'un joli effet, de forme élancée, le haut, semi-circulaire, avec entourage saillant, est bien, ainsi que le profil du toit, selon les lignes habituelles des œuvres de S. de Brosse. Au rezde-chaussée une très grande porte rectangulaire donne accès à une pièce, aujourd'hui coupée en deux, qui devait être fort vaste, et conserve une belle cheminée, ainsi qu'une niche qui a dû abriter quelque statue au xvii^ siècle. Cette pièce est entre la tour et la rue. La tour dans laquelle on monte par un escalier dont l'ampleur paraît disproportionnée, est maintenant tout à fait délabrée et quelques recoins seuls peuvent servir à emmagasiner diverses provisions.

Cette vieille demeure, ouverte à tous les vents, serait à brève échéance menacée d'une ruine complète, et il faut se féliciter que le propriétaire actuel annonce l'intention de la faire prochainement restaurer, car c'est un spécimen assez rare et surtout très caractéristique, de l'art à la campagne dans le cours des siècles passés.

La façade de la maison d'habitation opposée à la cour présente un alignement de quatre fenêtres semblables, assez hautes et larges, à petits carreaux, qui ont bien gardé leur ancienne physionomie. La disposition actuelle du rez-de-chaussée comporte cuisine, salle à manger, salon, cabinet, chambre à coucher ; au premier étage cinq chambres. La (( maison bourgeoise », ainsi que les notaires du xx^ siècle dénomment r (( hôtel seigneurial » d'antan, s'élève ainsi, selon la for-

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