‹ Un architecte français au commencement du 17e siècle: Salomom de BrosseChapitre 58 sur 102 · COUR DE LA REINE · texte numérisé non relu

COUR DE LA REINE

angle nord-ouest

Essai de reconstitution de l'état

des lieux vers i66ç

(i) Sur un plan de 1747 extrêmement précis et détaillé (album ayant appartenu au roi Louis XV) que M. de Nolhac a eu l'extrême amabilité de nous communiquer, nous avons constaté qu'un escalier du même genre a existé primitivement en un point absolument symétrique, formant saillie de l'autre côté du château, contre le pavillon nord-ouest. Mais tandis que sur ce plan de 1747, le cercle représentant l'escalier sud-ouest est rayé de traits indiquant les marches, le cercle représentant l'emplacement de l'escalier nord-ouest est blanc, indiquant qu'au XVIII* siècle il n'y avait plus d'escalier. Et MM. de Nolhac, Brière et moi, en nous rendant sur les lieux mêmes, nous avons pu constater qu'en effet il y a là au i" étage, près de l'escalier de la Forge un petit réduit garni de boiseries blanc et or qui, par lui-même, n'a pas de raison d'être.

(2) Pour cette page et la suivante nous avons grandement profité des observations techniques qu'a bien voulu faire à notre intention M. Robert Schlœsing,

plans, et on a fait au sujet de 1' « escalier des dupes » plus d'un raisonnement sans fondement.

architecte. Il a dressé pour nous, outre le plan général reproduit page 209, les deux petits plans de détail ci-contre, qu'il faut comparer aussi avec le plan d'I. Silvestre reproduit page 208. Ils représentent, entre le plan primitif et le plan actuel, deux états intermédiaires de cette partie de la cour, après les travaux de Levau et après ceux de Mansart.

Le mur élevé par Levau sur le bord occi'1' nt.-il ri.- l;i ■-..nr de la reine (L) comporte trois arcades reposant sur d'épaimassifs. C'est dans le massif au nord de l'arcade du milieu que se trouve l'escalier à vis (V) d'une structure qui étonne ici : il ressemble étrangement à ceux qui sont pratiqués dans l'épaisseur des murs ou dans une tourelle auprès du clocher de mainte cathédrale gothique ; comme eux souvent, il finit, à la dernière marche du haut, par un arrêt brusque, sans prolongement du pilier central. Nous avons dit que cet escalier à vis ne mérite pas le nom d'escalier des dupes, à moins d'appliquer ce mot à d'autres personnes qu'à celles de 1630 ; il convient guère plus de l'appeler escalier dérobé : qualification qu'il mérite seulement pour un observateur placé aujourd'hui dans la salle de l'Œil de 1

Bœuf ; mais au rez-de-chaussée l'existence et

l'entrée de cet escalier ne peuvent échapper à personne. Les anciens escaliers

figurés par I. Silvestre nnx quatre angles de l'cdificc n'étaient pa< davantage

dérobés.

M. de XoLiiAC, dans La création de l'ersailles, estimait u im|>os.siblc de localiser le récit de la journée des dupes. L'escalier dérobé... était-il rcscalicr à vis qui débouche près de l'Œil de Bœuf ? Rien à vrai dire, ne porte à le penser. » Suit cette appréciation dont nous venons de contester le bien fondé : « C'est en tout cas le seul reste intact et par cela même précieux du château primitif. » M. Batiffol (Louis XI II à vingt ans, p. 656) déclare qu' « il n'est pas possible de l'attribuer à l'époque Louis XI II, une inspection des plans permettant de constater que cet escalier aurait été pratiqué dans un mur qui eût été insuffisant pour le contenir, et qu'au surplus cet escalier eût débouché audessus du fossé dans le vide ».

M <V)UARD {L'intérieur du chat,

COUR DK !.A RKINE

angle nord-ouest Essai de reconstitution de des lieux vers tt^'j

202 5ALOMON DE BROSSE

Du côté de l'ouest, la galerie basse ne longe pas immédiatement l'ancienne façade ; elle en est séparée par un étroit couloir servant aux calorifères, descente aux caves, etc. Les salles 33, 32 et 30 occupent la largeur de l'ancien bâtiment, mais la salle 33 s'étend plus vers le sud et la salle 30 moins vers le nord. De ce côté, vers la cour des cerfs, le mur de la salle 29 seul subsiste encore comme vestige de Tancien mur apparent à l'extérieur. Contre la salle 29, des constructions nouvelles ont été édifiées dès 1690.

Si nous parcourons le premier étage en prenant le même point de départ dans l'ancien pavillon sud-est, nous constatons que la salle des gardes du roi (120, au-dessus de 35, 36, 37) s'étendant jusqu'à la cour verte, est plus large que l'ancienne aile méridionale : la largeur de celle-ci est conservée dans l'antichambre du roi (121, au-dessus de 34) qu'un corridor sépare de la cour de la reine : l'embrasure où est percée la porte de communication entre ce corridor et cette antichambre, ainsi qu'un renfoncement voisin, marquent l'emplacement de deux des fenêtres qu'on voit sur la gravure d'I. Silvestre (i).

La salle de l'Œil de Bœuf (123, au-dessus de 33) avance plus au sud que l'ancien bâtiment principal mais a conservé sa largeur, ainsi que la chambre du roi (124, au-dessus de 32) et la salle du Conseil (125, audessus de 30) au fond de laquelle un renfoncement marque jusqu'oi^i s'étendait jadis au nord le bâtiment. Dans la chambre 126 (au-dessus de 29) une alcôve a beaucoup augmenté la largeur primitive, dans le salon 127 (au-dessus de 28) la paroi extérieure primitive subsiste et est visible de l'autre côté dans le cabinet des chasses (128) et l'escalier des maîtresses. Le « cabinet du roi » (130) est la seule pièce qui ait depuis l'origine, conservé ses dimensions intactes, mais au nord, extérieurement, le vieux mur a disparu sous diverses additions.

Valdori la scène qui « se passa publiquement dans la chambre du roi » fut précédée d'un entretien « dans le cabinet de ce monarque » où il avait été introduit « par un escalier dérobé » on peut alors admettre que Richelieu monta les degrés de l'escalier à vis qui permettait de passer, sans être vu, de la chambre du comte de Soissons dans le cabinet du Roi. Dans l'état actuel de nos connaissances historiques il y aurait témérité à se prononcer formellement», (i) Vue du côté de l'Orangerie.

Montons enfin au-dessus du premier étage : ce ne sera pas la partie la moins intéressante ni la moins neuve de notre visite, car on ne «•'était pas avisé, jusqu'à présent, de pousser de ce côté les investigations. Gravissons l'escalier à vis proche de la cour du Dauphin ou de la Reine. De place en place, dans la surface concave des murs de pierre blanche, à portée de la main, d'étroites niches rectangulaires ou prismatiques servaient à abriter les chandelles qui éclairaient le sombre passage. Sans nous arrêter, au premier étage, à la salle de l'Œil de Bœuf, nous arrivons, au second, sur le pourtour extérieur d'une toiture (i) qui parait bien être une partie de la toiture primitive. Un revêten>ent en plâtre

la recouvre (sur '^ '

la face opposée, tout autour de la salle de l'Œil de riœuf, se trouvent les sculptures de la <( frise des enfants .>, par V^an Clevc).

Un petit escalier fort étroit permet de s'élever jusqu'au haut de la pente ; par une lucarne on V(;it au dehors.

sur le même plan, se prolonger la

surface revêtue de plâtre à l'intérieur et (iiii. à l'extcrieur est recouverte d'ardoise sur l'angle du pavillon bordant la cour du Dauphin ou de la Reine. Si le toit de 1624 a été un i^cu avancé de ce côté il la été sans doute parallèlement au toit primitif, en effet tant à l'intérieur qu*à

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