DÉBUTS
est, en 1500, filleul de Salomon Brosse (1), qui reparaît encore comme parrain en ISOI, 1592, 1593...
$ 5. — Les débuts à Paris. Salomon de Brosse tuteur des enfants Du Cerceau.
Après cette date, pendant une douzaine d'années, nous perdons la trace de la famille Brosse. Salomon, nous ne savons comment, trouva moyen d'étudier à fond les monuments et les traités d'architecture soit de l'antiquité classique (notamment Vitruve), soit des maîtres du xvi siècle (notamment Vignola). Nous reviendrons sur ce point à propos de ses divers travaux. Un album de 1607-1613 qui nous fournira de précieux renseignements le montre dès le début de sa carrière travailleur consciencieux, dessinateur consommé, décorateur plein de science et de goût. Peut-être alors souffrait-il d’un mal d’yeux : hypothèse difficilement conciliable cependant avec la finesse de ses croquis et la netteté de son écriture menue ; toujours est-il qu'il a consigné dans le susdit album (2), deux recettes « pour le malle des ieux »,
(1) Salomon de la Fons épousa Marie Loiseleur qui était fille d'Israël Loiseleur et de Madeleine de Brosse, c’est-à-dire probablement nièce de S. de Brosse ; (voir notre essai de tableau généalogique à la fin du présent volume, p. 270). Il était « maître maçon » et demeurait à Paris.
Son fils Salomon, né à Paris le 24 octobre 1610, eut pour parrain Paul de Brosse — fils du parrain de son père — et épousa en 1641 Florence Mestivier — homonyme et probablement parente de Madame S. de Brosse.
Un autre fils, Jacques de la Fons, est baptisé à Charenton le 4 avril 1627 (après la mort de S. de Brosse). Le parrain est Jacques Androuet du Cerceau : c’est à lui et à Paul de Brosse que le 27 novembre 1632 leur cousin Salomon de la Fonds emprunte 3000 livres (Etude de M° Faroux, notaire à Paris). Cf. Ch. Read, papiers déposés à la Bibliothèque de l’histoire du prot. fr., et Bullelin de la Soc. des Antiquaires, IX, p. 151, d’après lequel S.'de la Fonds deiseurait rue Montorgueil.
(2) Fol. 2 v° (treize lignes).
avec l'orthographe fantaisiste de ce temps ; c'est l’autographe le plus long, à nous connu, de la main de S. de Brosse :
« Bon pour le malle des ieux. De l'eau de rasinne de fenoul, de l’eau de plantein avec de l’eau de don barde (?) ».
« Autre recete pour le malle des ieux. Faut prandre ung neuf frais, le faire durcir et le couper par le milieu et auter le jaune, et faut prandre de la couperause planche et du sucre quandy et le batre ensemble dans ung mortié autant d’un que d'autre, et ramplirre le blan d'eux et le rejoindre ensamble avec du tille et prande une esguille d'arjan et le perser puis le metre dans ung ver a la frescheur ou dans la cour et dans l’eau qui en distillera mestre une goute d'eau de fenoul puis sans frauter les ieux. »
Les débuts de S. de Brosse durent être assez difficiles ; les troubles de la Ligue, surtout dans les environs de Paris ét vers la frontière espagnole, n'étaient pas propices aux carrières artistiques ; après que l'édit de Nantes eut rétabli le calme, le jeune ménage vint définitivement dans la capitale où étaient fixés, dans le faubourg Saint-Germain, plusieurs de leurs parents du Cerceau ; ils employèrent S. de Brosse dans leurs entreprises.
A cette époque précisément le roi, le clergé, les particuliers, font élever beaucoup de constructions de tout genre, notamment sur la rive gauche de la Seine (1). La « reine Margot », dont Jean de Brosse
(1) Parmi celles qui ne furent jamais complètement terminées d’après le plan primitif, il en est une qui aurait eu beaucoup d’analogies avec plusieurs édifices élevés dans les années suivantes par S. de Brosse : c'est le Collège de France : une cstampe de Chastillon représente le « grand collège roial basti à Paris du règne de Henri le Grand. 1612 », du moins tel qu’il aurait dû être rour répondre au désir du roi, avec « quatre salles spacieuses pour les leçons publiques et des logements commodes et suffisants pour les professeurs », sur une cour de dix-huit toises de long et douze de large, ornée d’une fontaine. Il devait aussi y avoir une grande salle de toute la longueur du bâtiment pour y glacer la bibliothèque royale qui était alors à Fontainebleau. La première pierre ne fut posée qu'après la mort d'Henri IV le 8 août 1610 par le nouveau roi, et les travaux n'étaient encore guère avancés en 1619. Ils ne furent jamais terminés que du côté oriental. Sur l'estampe, on voit plusieurs dispo-