PALAIS DU LUXEMBOURG. FAÇADE SUR LE JARDIN
(Réduction d’un dessin de Blondel)
mon Brosse (sic), architecte général des bastimens du roy et de la royne mère de Sa Majesté la somme de 300 livres tournois pour ses gaiges ordinaires à sa dicte charge attribuez et appartenant, et par luy desservis durant l’année commencée le premier jour de janvier 1615 ».
Même traitement pour 1616 et pour 1617 (1). L'augmentation date ae 1618 : S. de Brosse figure — prééminence bien remarquable — en tête de l’ « Estat des officiers que le roy veult et ordonne estre entretenus pour son service en ses maisons et bastimens de Louvre, les Thuilleries, Saint-Germain-en-Laye, Vincennes et autres lieux. En-
(1) Comptes des bâtiments de la reine, Archives nationales, KK. 193, « Payement des bastimens de la royne mère pour six années finies le dernier décembre 1620 au château de Monceaulx » ; f° 185 v°, 206 v°, 215 v°,
tretenemens d'iceux et appoinctemens durant la présenlte année mil six cens dix huict. Officiers qui ont gaiges pour servir en toutes les maisons et bastimens de sa majesté : A Salomon de Brosse (sic) architecte (1), tant pour ses gaiges antiens que d'augmentation par Île decedz du feu s° du Cerceau son oncle la somme de IIMITTI I. (2). »
Cette formule est maintenue les années suivantes, et dans celles où la pénurie du trésor royal force à opérer de fâcheuses réductions sur le traitement de beaucoup d’autres officiers, il est spécifié que S. de Brosse touchera intégralement son traitement.
(1624) « À Salomon de Brosse, architecte, tant pour ses gages antiens que d'augmentation par le decedz du feu s' du Cerceau, son oncle, et sans aucun retranchement, attendu son mérite et le service actuel et ordinaire qu'il rend à sad. Majesté, la somme de IIMIIII 1. » Cette année, comme dès 1618, S. de Brosse figure encore en tête des « officiers qui ont gages pour servir généralement en toutes les maisons et batimens de sa majesté ». En 1627 — dernière année de sa
(x) Ainsi, comme « architecte », d'après ce texte de 1618, S. de Brosse touchait déjà, avant le décès de son oncle, des gages (« anciens ») ; et ïl a de l’« augmentation par le décès du feu s° du Cerceau », d'après ce même texte ; le titre d'« architecte général » figure dans l’état de 1615. D'autre part rédigeant le reçu du 28 avril 1613 que nous venons de citer à propos de l'hôtel de Bouillon (p. 37) S. de Brosse se qualifie lui-même « architecte du roy et de la royne », et c’est le plus ancien acte où nous trouvions cette mention. C’est pourquoi nous avons mis ici ce titre : « l’architecte du roi ét de la reine », et cette date : « 1613 >». :
(2) Arch. nat. O1 2387 (ancienne cote O. 10632, 73) ; cf. BERTY, Topographie historique du vieux Paris, tome IT, 1868, appendice p. 208). Cet état fut signalé à M. Berty par M. Boutaric ; cf. Nouvelles archives de l’art français, 1872, p. 14 et Bull. hist. Paris, 1882, p. 103). M. de Geymüller (les Du Cerceau, p. 94, note) fait ici quelque confusion et croit trouver à tort une erreur dans l'acte officiel : « L’oncle nommé en 1618 ne peut-être que Jacques II du Cerceau, en téalité cousin germain de S. de Brosse : à moins d'admettre que S. de Brosse füt le petit-fils de Jean Brosse et le neveu à la mode de Bretagne de Jacques IT. » Sur cet état de 1618 sont portés, entre autres, Clément Métézeau pour 800 1, Paul de Brosse (fils de Salomon) pour Soo, Jehan Androuet du Cerceau (son cousin) « au lieu et place de feu Antoine Mestivier » (son beaufrère) « par brevet du dernier jour de septembre 1617 » 500 livres.