HÔTEL DE BOUILLON IGI
Liancourt (1) : c'est pourquoi il fut successivement appelé hôtel de Boullon, de Liancourt et de la Rochefoucauld. Sur les dispositions adoptées par S. de Brosse je ne connais que peu de chose : c'était « un beau et grand logis embelli de belles salles, chambres, galeries, etc. » (2). Au sud de l'hôtel de la reine Marguerite — morte cette année-là — qui se trouvait sur le bord de la Seine, le plan de Mérian (1615) représente de très importants bâtiments séparés des jardins par une terrasse. Il y a un rez-de-chaussée, un premier étage, et des chambres sous les toits très élevés. Aux deux extrémités sont des pavillons carrés, au centre un pavillon plus large, au toit arrondi surmonté d’une lanterne comme il en subsiste une aujourd’hui au-dessus de la porte d'entrée du Sénat. Evidemment si ce n’est pas l’œuvre de S. de Brosse, c'est bien de la même école. Le pavillon méridional est séparé par une seule maison de la rue des Marais.
Sur le plan dressé par ordre de Turgot et publié en 1739 (feuille 11), on voit que cet hôtel (alors appelé de la Rochefoucauld) ne donnait pas directement à l’est sur la rue de Seine, comme le ferait croire le plan de Mérian, mais qu'il en était séparé par une cour dont les bâtiments latéraux et le portail répondent mieux en effet aux dispositions générales des hôtels de cette époque (3).
(x) BERTY et TissERAND, Topogr. hist. de Paris, t. III, p. 239 : à la p. 16 ils indiquent un hôtel de Bouillon qui sans doute précéda celui-ci : sur le quai, entre la rue de Seine et la rue des petits Augustins. « C’est sur l'emplacement du jardin donné par la reine Marguerite aux Augustins déchaussés en 1609, qu'a été construit le grand bâtiment de l'Ecole des beaux-arts. »
(2) MALINGRE (1640), tome II, p. 402.
(3) C’est, croyons-nous, par erreur, que M. Bonnardot, dans sa notice sur le plan de Mérian, Etudes archéologiques sur les anciens plans de Paris, réédition partielle à la librairie Taride, p. 16) croit reconnaître ici, dans « un des points les plus curieux du plan de Mérian » l’hôtel de la reine Marguerite, « détruit reu après 1615 ». Nous avons cité plus haut les documents établissant que l'hôtel de Bouillon était achevé en 1613, et rappelé d'autre part que le père de S. de Brosse était en 1578-1£82 « architecte et secrétaire » de la reine Marguerite.
8 3. — Château de Coulommiers (1)
Nous avons parlé plus haut (2) du château de Verneuil ; il a été complètement détruit, et il est impossible de déterminer quels agrandissements où aménagements S. de Brosse avait exécutés pour l'œuvre commencée par J. A. du Cerceau.
Le château de Coulommiers a également été détruit (de 1736 à 1338). « On ne saurait, de l'avis de Sauval (3), trouver aucun relevé d'architecture plus splendide » ; et prenant un terme de comparaison déjà cité à propos d’une autre œuvre de Brosse, le même auteur écrit : « Anet, Monceaux, Verneuil, Coulommiers, presque toutes nos maisons royales [ces trois dernières où travailla Brosse], et la plupart de nos hôtels sont plus grands sans comparaison que le palais de Farnèse. »
La gravure de J. Marot ne donne pas une idée absolument exacte de ce qu’a été le château, mais plutôt de ce qu'il devait être d’après les projets primitifs de l'architecte, qui n’eut pas la joie de voir son œuvre achevée (4) : « Un pavillon d'entrée semblable à ceux du Luxembourg (édifié à la même époque par Brosse) et de Fontainebleau est indiqué à la place des deux loges de concierge qui existent encore (5). » « Le rez-de-chaussée était d'ordre ionique ; au-dessus régnait l’ordre corinthien. Tous les pleins des murs étaient revêtus de briques, mais les pilastres, les corniches, l’entablement, les cadres des fenêtres, alternativement circulaires et en fronton aigu, étaient en pierres de taille. A l'extérieur, du côté des fossés, les entre-colonneinents du premier étage présentaient une niche, et ceux du second deux
(1) Ci-dessus chap IT, G)IChape EE CAT oc AN 760:
(4) DAUVERGNE, Le château de Coulommiers, p. 11 : « La décoration n'a jamiais été complète. Il n’y avait en 1620, à la mort de Catherine de Gonzague, qu'une seule fenêtre entièrement sculptée. » On trouve dans cette monographie la représentation d'une des façades latérales, p. 13.
(5) DAUVERGKNE, p. 12.