GRAVÉ PAR WILLE
ise de la Gallerie de Vers MM. Godefroy qui m fis
dès leur naissance jusqu'à ce jour.
Je pense sy avantageusement en faveur de
rainé. M. Charles Godefroy. écuver* seigneur de àïjpDOT J ÏIAI THKïq
3 i m J M^ c codons
cette persuasion délicieuse que je le prie de
de mon d Beauyais
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lequel la planche est restée déposée. Je veux que la présente donation lui serve de pleine et entière décharge envers et contre tous. J'ay pensé ne pouvoir rien laisser à M. de Villetaneuse qui lui fût plus convenable que cette planche qu'il joindra à celles de la Gallerie et des deux salons de Versailles dont il est seul possesseur. Il pourra, ainsy que je l'ay fait en faveur des amateurs qui lui demanderont ce portrait, le placer à la fin de l'œuvre, et quant à celui de M. Lebrun que j'ay souvent mis à la tête des volumes, M. Cochin lui en fera avoir des épreuves à bon compte, la planche appartenant à l'Académie.
Il sera remis de plus à M. de Villetaneuse, aussitôt après mon décès, un dessin de moy d'après nature, au crayon rouge sur papier blanc, de son portrait, de celui de M. son frère et de notre amy commun M. Fallavel l'ainé. Il est sous glace, dans une bordure que j'ay fait faire depuis peu. Ce morceau est, dans son
tout, le fruit de la reconnoissance et de la plus vive passion de plaire à ce qu'on aime.
C'est dans ce même esprit que je voudrois avoir à ma disposition ce que j'ay fait de moins mal et de plus intéressant en mignature pour l'offrir ici à M. de Villetaneuse, mais à ce défaut je le prie d^ccepter les deux morceaux suivants, savoir: i°le portrait du Roy Stanislas (i) que je peignis dans le tems que je feisois mes dessins de la Gallerie de Versailles ; il est dans une boîte ovale de chagrin noir sous un cristal couvert-, 2° un petit ouvrage de la composition de M. Guérin(2),
(1) Stanislas Leczinski, roi de Pologne, duc de Lorraine. Ce portrait appartenait récemment au prince Czartorisky qui l'envoya en 1 865 à l'exposition rétrospective de l'Union centrale. (Voyez : Galette des Beaux-arts, T. XX, p. 21.)
(2) Cet artiste était membre de l'Académie de Saint-Luc et y exerçait les fonctions d'adjoint à professeur. Il demeurait à Paris, rue Neuve-Saint-Merri. Guérin figura aux expositions de l'Académie de Saint-Luc en 1 7 5 1 , 1752, 1753 et 1756. Ses ouvrages représentent en général des sujets religieux ou mythologiques. La fabrique de l'église de Saint-Nicolas de Meulan possédait de cet artiste deux tableaux formant pendants, l'un le martyre de saint Etienne, l'autre saint Nicolas donnant sa bénédiction à des naufragés. Quant à ses tableaux reproduisant des scènes de mythologie,
élève de M. Natoire, représentant Vénus qui commande à Vulcain des armes pour Enée. Ce sujet, peint en huille, est un des mieux qu'il ait jamais faits en ce genre. Je souhaite qu'il ait autant d'agrément aux yeux de M. de Ville» taneuse qu'il en a toujours eu aux miens. Il est retenu par un cercle dans une tabatière d'écaillé noire toute simple.
Item, il lui sera remis les six tableaux des esquisses de M. Lebrun dont cinq en forme cintrée, savoir : quatre du salon de la Guerre et un du salon de la Paix, le sixième représente la prospérité des nations voisines de la France. Ils sont exposés dans la pièce d'entrée de mon premier appartement en bordures dorées.
Actuellement qu'ils vont passer entre ses mains, je suis fâché de ne pas les avoir fait faire plus belles.
ils étaientpossédéspardes magistrats ou des financiers ; M. deGourgues avait de lui trois sujets représentant les Ages et M. Buchelay de Savalette une Léda et une Vénus embrassant l'Amour. (Jules Guiffrey : Livrets des Expositions de l'Académie de Saint-Luc.)
Item, je déclare que la grande armoire qui est au fond de ma seconde pièce lui appartient, qu'ainsy il sera le maître de la faire enlever ou d'en gratifier qui il luy plaira.
Item, il lui sera remis toutes les estampes dépareillées et retouchées appartenantes à la Gallerie de Versailles qui seront trouvées dans ma maison lors de mon décès.
Item, il lui sera remis les cinq grandes estampes d'après M. Lebrun dont quatre gravées par Gérard Audran, savoir : le Passage du Granique, la Bataille d'Arbelles, la Défaite de Porus, le Triomphe d'Alexandre dans Babylone et la Famille de Darius gravée par Edelinck(i). Ces cinq morceaux, dont quelques uns dans de vieilles bordures mal en ordre, sont chez ma sœur où je les ay déposées pour faire place à notre impression de la Gallerie.
(i) Gérard Edelinck, né à Anvers vers 164.0, mort à Paris le 2 avril 1707. Il avait été naturalisé français le 25 octobre 1675 et fut reçu membre "de l'Académie royale de peinture et sculpture le 6 mars 1677.
Je donne et lègue de tout mon cœur à M. Gabriel Godefroy, son frère, écuyer, contrôleur général de la Marine, ma mignature en ovale peinte sur Tivoire par l'illustre Rosa- Alba (i), admirée et digne de l'être de tous les connoisseurs. L'affectueuse et sincère amitié dont m'honoroit le vertueux et aimable M. Gaudron le jeune (2) le porta à me léguer
(1) Rosa-Alba Carriera, née à Venise, morte le i5 avril 1757, à l'âge de 84 ans, reçue membre de l'Académie royale de peinture et sculpture le 9 novembre 1720. D'après Mariette (Abecedario), Massé considérait MHo Rosalba comme un modèle dont il essayait d'imiter la fraîcheur et la facilité.
(2) Pierre Gaudron, horloger ordinaire du Régent, décédé le 20 mai 1745, place Dauphine, à Paris. Ce personnage était un homme de goût et un artiste de talent. Son testament, daté de Chaillot le 18 août [742 et conservé aux Archives nationales sous la cote Y. 63, renferme de curieuses dispositions et il y est souvent question d'objets d'art qu'il lègue à ses amis. J'en extrairai ce qui a rapport à Massé et à la miniature de MH° Rosalba dont il vient d'être parlé : « 260 Je donne et lègue à M. J.-B. Leroux, architecte du Roi.... le petit tableau mignature que M. J.-B. Massé a fait pour moi, lequel j'ay estimé son chef d'œuvre parce qu'il l'est en effet. Il représente un jeune homme qui présente son verre à une jeune fille qui tient une bouteille et qui l'éloigné en le regardant. 270 : Item je donne et lègue à M. J.-B. Massé, peintre du Roy et conseiller en l'Académie royale de peinture et sculpture le petit tableau que j'ay de la signora Rosalba qu'elle m'a dit elle-même être son chef-d'œuvre. Ce morceau de peinture est mignature sur yvoire en ovale ayant 3 poulces et demye de large sur deux poulces neuf lignes de haut, placé dans une boéte d'écaillé, dans une
ce précieux morceau que je remets avec plaisir, sous les mêmes auspices, à M. Godefroy. Si contre toute apparence il restoit garçon et que dans l'avenir quelque rejeton de ma famille, par quelques étincelles d'amour pour l'art ou autres vertus recommandables (telles que je crois en trouver l'heureux germe dans ma petite-nièce Marie-Anne Massé), venoit à mériter sa précieuse amitié, j'aime à me flatter qu'en ce cas, vu les bontés qu'il m'a toujours témoignées, il lègueroit ce morceau à l'un deux, préférablement à tout autre, même à mérite égal.
Voulant obliger son estimable cousin le jeune M. Varnier, bachelier en l'école de Médecine (1), je lui donne et lègue le portrait de son père et celui de son respectable oncle
bordure quarrée, sculptée et dorée que j'y ay fait faire ayant sept poulces trois lignes de large sur six poulces cinq lignes de hault. L'estime que mondit sieur Massé a faicte de ce morceau, en le copiant plusieurs fois et même en émaille, mérite qu'il ayt l'original en sa possession. »
(1) Peu d'années après, Varnier fut reçu docteur-régent de la Faculté de médecine en l'Université de Paris. Il demeurait rue Planche- Mibray. près le quai Le Peletier.
que je dessinay d'après nature de même grandeur, au crayon rouge, sur papier blanc; ils sont l'un et F autre sous verre en bordures peintes en vernis. Je ne lui fais cependant cette donation qu^à la condition que M. Varnier, son oncle, dont j'ay toujours singulièrement aimé et estimé la candeur, le savoir et les vertus qui le distinguent, en aura la jouissance sa vie durant.
Telles sont, après bien des remises, occasionnées par diverses indispositions ou autres difficultés, et après de très mûres réflexions, mes dispositions testamentaires, écrites de ma main et soussignées sur la fin de ma 78e année.
Quelles grâces infinies n'ai-je pas à rendre au Seigneur de m'avoir conservé par sa divine miséricorde jusqu'à cet instant, jouissant encore des facultés les plus essentielles, n'ayant rien perdu de cet amour précieux des vertus les plus conformes à ses désirs, ny de cette heureuse sensibilité, source intarissable du vray bonheur; c'est elle même qui m'a fait éprouver
un plaisir extrême dans les miennes dispositions par lesquelles je donne les dernières marques de mon estime et de ma reconnoissance à ceux et à celles qui m'ont honoré de leur amitié.
Le plaisir enfin que j'ay goûté en faisant ces diverses donations à été d'autant plus pur pour moy qu'elles sont conformes à la façon de penser, désintéressée, noble et généreuse de ma famille que j'ay toujours vue m'applaudir et me féliciter dès mon enfance sur toutes les actions qui annonçoient en moy plus de goust pour la décence et la gloire que pour la fortune.
Ce présent mien testament contenant dixsept pages et demie, toutes écrites et paraphées de ma main, est la vraye expression de mes dernières volontés. En foy de quoi je l'ai signé, à Paris le 2 octobre 1765; signé: J.-B. Massé.
Au commencement, en marge du présent testament est écrit : première page, signée et paraphée par nous Gilles-Pierre Chenu, avocat
en Parlement, conseiller-commissaire du Roy en son Châtelet de Paris et censeur royal (i), au désir de notre procès-verbal d'apposition de scellés, ce jourd'hui samedi 26 septembre 1 767 ; signé : Chenu, avec paraphe.
Et en fin dudit testament est écrit : dix-huitième et dernière page, signée et paraphée par nous Gilles-Pierre Chenu, avocat en Parlement conseiller et commissaire du Roy en son Châtelet de Paris et censeur royal, au désir de notre procès-verbal d'apposition de scellés de ce jourd'huy samedi 26 septembre 1767; signé : Chenu, avec paraphe.
Dans mon testament olographe, signé le 2 octobre 1765, fay donné simplement un état de mon établissement et de mon état présent.
En conséquence de ce qu^il m'étoit dû alors tant par le trésor royal que par les bastimens
(1) Le commissaire Chenu demeurait rue Mazarine. Il fut en fonctions de 1747 à 1789.
j'ay reçu depuis quelques articles, il s'en est accumulé d'autres, ce qui variera jusqu'au jour de mon décès.
J'ay marqué avoir six actions des fermes, estimées 6,000 livres selon l'achat et le cours de la place ; elles ont été vendues depuis audessous de ce prix, mais le capital qui étoit dès lors entre les mains de mon neveu Pierre Massé qui n'étoit que de 48,000 livres, est actuellement de 6o,5oo livres; cy 6o,5oo livres.
Il y est dit que je donne et lègue à mondit neveu Pierre Massé en toute propriété, hors part et sans partage, la somme de 12,000 livres, ce que je confirme icy de nouveau, à la condition expresse pour lui, les siens ou ayans cause de fournir à chacun des cy après nommés, de six mois en six mois, la part qu'ils doivent avoir sans aucune retenue sur la totalité des 600 livres de rente viagère que je leur fais à cinq pour cent et dont je le rends responsable sur tous ses biens présens et à venir.
Il est mention en cet article d'André Paulet, mon ancien domestique, retiré à Lizy-sur- Ourcq, de madame Dupont, ma gouvernante, de Courcy et du nommé La Roux dit Lyonnois; mais ce dernier, qui étoit pour lors à mon service, m'ayant cousté depuis, plus de 1 ,000 livres de déboursés en médecin, chirurgien, double garde, etc., etc., et vu prendre de lui personnellement les plus tendres soins dans une grande maladie où il fut à toute extrémité et administré chez moy, cependant, par une ingratitude sans exemple, il me quitta dès qu'il fut parfaitement guéry pour entrer, me dit-il, chez un seigneur qui le garda quinze jours. Je lui donnai le i3 may dernier, 366 livres tant pour ses gages courans que pour le billet qu'il avoit de moy et c'est ainsi qu'il s'exclue lui-même de cette donation où il avoit part (1). Je ne lui
(1) L'aventure de ce domestique, comblé des bienfaits de son maître, et qui le quitte après de longues années de services, a été singulièrement travestie dans l'article consacré par le Nécrologe à Massé, article que Cochin appelle du reste, dans son Eloge de Massé, un
donneray pas de successeur à ses rentes viagères car, quoique Legros soit entré à mon service dès le 8 avril précédent, elles resteront désormais renfermées sur les têtes des cy-après nommés; savoir : Madame Dupont, Courcy et André Paulet, sans oublier son pauvre frère. Ma dernière volonté est que les susdits commencent à jouir de la part qui doit leur revenir desdites 600 livres de rente viagère à compter du jour de mon décès, dans Tordre suivant, savoir : à madame Dupont, i5o livres, cy i5o livres;
A Courcy, distingué par des qualités aussy rares qu'estimables, 200 livres, cy 200 livres.
Je veux et entends que madame Dupont et Courcy héritent en plein l'un de l'autre, sans
tissu d'anecdotes la plupart ridicules ou fausses. Voici l'extrait du Nécrologe : « M. Massé ctoit protestant, mais sans aucun fanatisme, au point qu'il congédia un domestique catholique romain, qui l'avoit servi longtems avec fidélité et qui l'aimoit assez pour vouloir changer de religion pour lui plaire. Semblable en cela à l'homme sincère de la fable, il ne vouloit point
De ces mortels dont la bouche
Souffle le chaud et le froid. »
partage avec André Paulet auquel j'ay déjà assuré et assure icy de nouveau 200 livres, cy 200 livres.
Je lègue de plus en augmentation audit André Paulet, en faveur de son pauvre frère malade 5o livres de rente, cy 5o livres.
Ce qui fait en tout 600 livres de rente viagère dont mon neveu Pierre Massé s'est rendu garant tant en mon nom qu'en celui des siens, cy 600 livres.
Et au cas qu'André Paulet vînt à mourir avant son frère très infirme, je veux qu'il soit assuré à cet infortuné qui resterait seul, i 5o livres de rente sa vie durant. Ainsy madame Dupont et Courcy n'hériteront alors chacun d'eux que de 5o livres; ne pouvant me résoudre à laisser mourir de faim ce pauvre malheureux, après le décès duquel madame Dupont hériteroit de 100 livres et Courcy de 5o, ce qui leur feroit à chacun dans ce cas 3oo livres de rente dont ils seroient héritiers l'un de l'autre.
Et si, contre toute apparence, madame Dupont et Courcy venoient à décéder avant ledit André Paulet, la totalité desdites 600 livres de rente viagère seroit réunie sur sa tête à la condition cependant que 200 livres seroient remises directement à son frère, s'il vivoit encore, de six mois en six mois, pour en jouir sa vie durant sans augmentation, car j'entends que si André Paulet venoit à mourir avant lui, les 400 livres dont il auroit joui séparément seroient éteintes au bénéfice de mon neveu Pierre Massé, des siens ou ayans cause auxquels la totalité desdites 600 livres de rente viagère doit un jour revenir quand et comme il plaira à Dieu d'en ordonner.
Ayant ainsy détaillé, dans tous les cas possibles, mes intentions telles que je veux qu'elles soient suivies concernant les intéressés auxdites rentes viagères, je supprime comme inutile la lettre dont il est fait mention dans le même article, et que j'avois déposée depuis longtems
entre les mains de mon neveu Pierre Massé, pour n'être décachetée, comme est dit, qu'après mon décès, en présence de mon ami Fallavel.
Pierre La Roux dit Lyonnois n'étant plus à mon service, je transporte les 100 livres en argent que je lui avois léguées, après mon décès, au domestique qui le remplacera chez moy alors.
Je confirme de nouveau ce qui est dit en cet article en faveur de madame Dupont et lui laisse le soin, sous les yeux de M. Fallavel et mon neveu Pierre Massé, d'une juste distribution entre Courcy, que je veux qui soit favorisé, et André Paulet sans oublier son frère dans ce partage sur ces mêmes bagatelles qui pourroient lui convenir, Lyonnois n'y ayant plus de part.
Regardant de même ledit Lyonnois, je fais passer au bénéfice de Courcy les articles suivans que lui avois légués, savoir : le don des
deux cuillères et des deux fourchettes d'argent ainsy que celui des deux paires de draps et des six chemises neuves garnies, ce qui fera pour sa part quatre fourchettes et quatre cuillères, quatre paires de draps et douze chemises neuves garnies. Pavois chargé ma succession de payer les mêmes frais de façon qu'il en pouvoit couster; ils ont été acquittés depuis, ainsy que ceux de la toille qui l'étoient déjà. Quant aux habits et chapeaux légués à cet article à Lyonnois , ils resteront au domestique qui sera à mon service lors de mon décès.
Concernant mon neveu Étienne Renouard dans lequel je ne supprime seulement que la tabatière et les boucles d'or, luy donnant et léguant en place, hors part et sans partage, comme à son frère, 1,200 livres une fois payées dont il pourra faire usage en quelque galanterie au gré de ma très aimable nièce, son épouse, ou de leurs enfans, ne voulant en cette occasion que leur donner une simple
marque de mon souvenir affectueux, cy 1,200 livres.
Je laisse subsister ce que j'ai fait en faveur de M. Fizeau concernant son goût pour la peinture et j'ay rempli en cet article la donation faite à ma chère nièce Massé, son épouse de mon portrait que je remis pour elle à mon neveu Paul Renouard le 14 juillet 1766 dans une boîte de 3oo livres, garnie en or, beaucoup plus belle que celle que j'avois énoncée dont les frais dévoient être pris sur ma succession, qui en est déchargée, ainsy que d'autres articles qu'on a déjà vus et qu'on verra par la suite.
Dans la note que j'ay donnée en mon testament des billets que je devois à mes domestiques, quoique celui de Lyonnois de 272 livres ait été acquitté le i3 mai dernier, la totalité des billets qui n'étoit que de 41 22 livres est montée depuis à 5324 ce qui fait d'augmentation 1202 livres, cy 1202 livres, lesquelles jointes aux 1200 livres de l'article dé mon neveu
Renouard font la totalité de 2402 livres, cy 2402 livres.
Il est dit dans mon testament, signé le 2 octobre 1765, que le total des sommes en legs et dettes à prélever sur ma succession étoit de 21 865 livres, cy 21 865 livres, il est actuellement de 24,267 livres, cy 24,267 livres.
J'expose qu'après avoir remis en bon état les portraits de ma famille que ma belle-sœur de Londres m'avoit renvoyés en les recommandant à mes soins, attendu qu'ils étoient tous très endommagés, qu'ayant voulu en outre lui donner de nouvelles preuves de l'extrême envie que j'ay de lui être agréable, j'avois, avec mille difficultés, ajouté à cette collection de portraits en mignature ceux de mon grand-père, de mon frère Étienne et le mien; qu'ayant de plus cherché à satisfaire à la délicatesse de son goust dans la façon simple et décente de les faire monter, je m'étois cru enfin en état de faire annoncer à M. Olivier que le tout étoit
prêt à ses ordres; que cependant ayant depuis •remarqué que ce qui faisoit l'agrément principal de ce présent, dépendoit d'un arrangement dans son tout, qui ne subsisteroit plus lorsqu'on en auroit ôté, d'une part le premier portrait de ma belle-sœur et de l'autre mon portrait peint en émail, dont on avoit déjà disposé, je crus devoir, pour les remplacer l'un et l'autre, faire peindre sous mes yeux comme les précédens, ceux de mon frère ainé et de son épouse, en employant toujours le même pinceau de M. Hoyer, peintre danois d'un mérite distingué en ce genre ; mais ma santé, toujours débile, étant alors très menaçante, je me crus obligé de recommander dans mon testament que les honoraires fussent prélevés sur ma succession, si je venois à décéder, de même que la totalité de ce qu'il en cousteroit pour plusieurs boîtes garnies en or commandées à M. Drais, fameux bijoutier et d'une autre part à M. Gouthière, doreur dans la plus grande réputation,
pour quinze bordures en bronze dorées d'or moulu, voulant que toutes ces choses fussentremises gratis à leur destinataire. Cependant, grâce à Dieu, ayant survécu à ces différentes opérations et acquitté le montant d'icelles, ma succession en demeure déchargée et j'ay déjà joui du plaisir intime de remettre moy-même quatre de ces boîtes à mon neveu Paul Renouard, savoir : deux pour mes petites-nièces, ses filles, une pour ma nièce Couder et la quatrème, avec mon portrait au-dessus et une lettre en date du 14 juillet 1766, pour ma nièce Fizeau.
QuantàPenvoy des portraits de famille destinés à ma belle-sœur de Londres retenus involontairement depuis si longtems entre mes mains, tant par les augmentations que j'y ai jugé nécessaires, que par mes fréquentes infirmités, j'en ay supprimé, comme étranger à cette suite, le sujet à l'encre de la Chine qui y étoit joint, mais j'y ai substitué en place les portraits de mon neveu Pierre Massé et celui de
sa femme. Ainsy je crois avoir lieu de me flatter actuellement d'avoir rendu, par ce moyen , cette collection aussi complète qu'il a été en mon pouvoir, mais encore bien plus conforme aux vœux tendres et obligeants de ma très respectable et bien-aimée belle-sœur; c'est du moins, dans le dessein que j'ai toujours eu de lui plaire, que je vais enfin remettre sous ses yeux les traits divers d'une famille dont tout ce qui existe encore luy est aussi dévoué que Tétoit feu mon frère, son époux, et je rends grâce à la divine Providence de ce qu'elle me permet en cet instant de pouvoir encore la féliciter d'avoir conçu, dans la droiture de son cœur, le légitime dessein de faire passer, selon mes désirs, dans son entier cette suite à sa fille aînée, madame Olivier, bien digne, ainsy que son cher époux, de jouir après elle, longues années de ce fruit de mes veilles, de mes travaux et de mon amour pour la famille. Puissent-ils eux-mêmes en étendre les branches
estimables jusqu'à la postérité la plus reculée.
A l'expédition dudit envoy, je joins le portrait de M. Walpole, dessiné par M. Cochin, qui ne sera remjs qu'après mon décès à mon neveu M. Olivier, auquel je l'ay légué dans l'article 26.
J'espère, Dieu aidant, achever de remplir dès à présent tout ce qui est compris dans les articles 27 et 28, croyant en cela obliger d'avantage d'aimables nièces que j'ay toujours aimées. Veuille le Tout-Puissant que de mon vivant elles reçoivent encore les marques de mon affectueux ressouvenir.
Les différens petits dons que je répands avec tant de délices sur mes proches ne pourroient leur paraître que bien faibles s'ils en séparoient la satisfaisante idée de bienveillance qui me conduit, mais j'ose espérer qu'ils ne les envisageront que dans ce point de vue, hors duquel ils seroient anéantis à mes propres yeux.
Pour amener particulièrement celui de ma belle-sœur de Londres à quelque réussite, outre les soins considérables que ces mignatures m'ont cousté, ayant été obligé de me faire ayder en cette partie, j'ay choisi, dans ce genre, ce que nous avions de mieux, sans que le montant des honoraires non plus que celui des autres frais aient en rien refroidy mon zèle pour le beau ; j'ay pris le même plaisir à donner des marques affectueuses de mon ressouvenir à mon aimable nièce madame Josne, en joignant au portrait en émail, qui lui étoit destiné, une petite bague et quelques mignatures en bordures et sous glace et enfin à acquérir les cinq boîtes garnies en or, dont une pour sa charmante sœur Marie Massé, que j'ay ornée d'une de mes mignatures dont l'allégorie désigne le pouvoir des grâces dont elle est pourvue et j'ay marqué le plaisir que je pris en remettant les quatre autres à mon neveu Paul Renouard pour mes nièces d'Amsterdam, ayant fait
incruster mon portrait sur celle de madame Fizeau, sœur de Massé. Les diverses bagatelles que je viens d'exposer, qui ne sont en ellesmêmes presque rien, prises séparément me reviennent cependant, en argent déboursé, à 410 livres, dont je ne tiens note que pour me rendre compte de Templo}^ agréable que j'aime à faire, sur la fin de mes jours, en faveur de ce que j'ay déplus cher au monde.
Je trouve, en les obligeant, une sorte de volupté qui fait le soutien de ma vie en ce qu'elle me conduit également à fester par tous les moyens possibles, ceux d'entre eux qui me font compagnie et à me distraire des infirmités de mon âge par les objets les plus agréables.
En conséquence, le 9 juillet 1766, ayant fait acquisition de douze très beaux couverts en vermeil, je les fis servir pour la première fois sur ma table, à mon neveu Paul Renouard, sa fille ainée, M. et madame Couder, qui en parurent tous également contens. Mes vœux, à cet
égard, ayant été exaucés je payai avec satisfaction les douze couverts 1684 livres, 17 sols, 6 deniers à M. Germain (1) chez lequel je les avois fait faire sous la conduite et les dessins de M. Briant dont j'avois ci-devant divers morceaux généralement loués des connoisseurs. Dès le 21 juin, j'avois payé 96 livres pour douze autres couteaux en nacre de perle, virolle d'or et lame d'acier, lesquels doivent toujours accompagner les services en vermeil. J'avois aussy le 9 juillet payé à M. Galluchat, guainier, 3o livres pour la boîte qui renferme la totalité
(1) François-Thomas Germain, orfèvre du Roi et fils du fameux Thomas Germain qu'a célébré Voltaire, était né à Paris en 1726. Beaucoup moins habile que son père, paresseux, débauché, il fit en 1765 une énorme faillite de 2,400,000 livres, assure-t-on. Les scellés furent apposés, à la requête de ses créanciers, dans l'appartement occupé par lui aux galeries du Louvre, appartement dont M. de Marigny le priva, ne voulant pas que l'on pût dire dans le public que la maison du Roi était l'asile d'un banqueroutier. En 1776, Germain fit d'inutiles sollicitations pour être réintégré au Louvre. Il habitait à cette époque chez Dapché, orfèvre, rue de la Vannerie, près la Grève. (Archives de l'art français, première série, I, 252). L'année même de sa faillite, Germain signait avec Philippe Caffieri et Chancelier un traité pour l'exécution d'une toilette en vermeil destinée à la princesse des Asturies. (Jules Guiffrey : Les Caffieri, 143.)
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de ces couverts pour lesquels j'ay déboursé en tout 1810 livres, 17 sols, 10 deniers.
Je lègue cet objet en son entier, sans partage, à mon neveu Pierre Massé, ajoutant, avec plaisir, ce don qu'il a si bien mérité à ceux que je lui ay faits ci-devant dans mon testament signé le 2 octobre 1765, à la condition cependant, comme est dit à la dernière strophe de la page 1 1 de l'article 24, que si mondit neveu Pierre Massé et ma nièce, son épouse, avoient le malheur de perdre leurs aimables filles, mes petites nièces, sans postérité, je veux et entends que les douze couverts en vermeil tels qu'ils sont mentionnés ci-dessus, où j'ay fait graver nos armes, demeurent à la famille et qu'ainsi que les portraits et les médailles, ils passent, après leur décès, aux enfans de mes neveux Renouard et Fizeau, comme il est expliqué en ladite strophe, page 1 1 .
Dans le courant de l'article 24, à la fin de la page 1 o° dudit testament, en faisant mention des
exemplaires qui me restaient encore de la Gallerie de Versailles, j'ay dit en avoir alors 23, y compris celui qui est sous verre et en bordure exposé dans mon appartement et deux autres reliés, dont un en grand format, très beau, l'autre composé des premières épreuves sans lettres, relié exprès pour montrer au Roy qui avoit demandé à les voir, les grandes estampes y sont ployées au milieu comme elles le sont toutes dans les volumes que je présentay ensuite à sa Majesté quand l'ouvrage fut fini. J'ay dit aussy que sur les 20 autres exemplaires restant, il y en avoit un en grand Louvois destiné pour l'Académie à laquelle je Pavois déjà annoncé comme faisant partie des dons que je fis alors ; il est actuellement relié avec les portraits de Charles Le Brun et le mien, les grands morceaux sans être ployés, et je Faurois présenté il y a longtems si je ne nFétois pas flatté de jour en jour de pouvoir réparer quelques défectuosités d'impression auxquelles j'ay
su remédier aisément tant que ma santé me Ta permis. En outre j'annonce en cet endroit vouloir léguer plusieurs de ces exemplaires, ce que j'ay fait en divers articles répandus dans ce mien testament dont voicy à cet égard la récapitulation, voulant par ce tableau remettre sous les yeux tant ce qui est employé que ce qui reste encore desdits exemplaires dont la totalité est de 23.
Sur ce nombre j'ay légué ainsy qu'il suit : A M. Fernesse, un exemplaire en portefeuille.
A l'Académie, un en grand Louvois, relié; A M. Cochin, un exemplaire en portefeuille; A M. Perrier, un exemplaire idem ; A M. Lemoine, un exemplaire idem; A M. Baudouin, un exemplaire idem ; A Mlle Basseporte, un exemplaire idem; A M. Barbeu-Dubourg, un exemplaire idem; A M. Pigalle, un exemplaire idem; A M. Jeaurat, un exemplaire idem;
A M. Wille, un exemplaire idem;
A M. Fallavel le jeune, un exemplaire idem;
Des 23 exemplaires énoncés ci-dessus j'ay légué les 12 que je viens d'exposer.
J'en ay livré un depuis en portefeuille à M. Autré (?) pour l'Allemagne; et à madame Jeoffrin (1), qui vouloit obliger le Roy de Pologne (2) ; je ne pus refuser mon bel exemplaire relié, les estampes non ployées et retouchées, avec les portraits de Charles Le Brun et le mien ;
Plus à M. Croustern, amy de M. le comte de Moltke, un en portefeuille;
Je me suis engagé avec M. Bridan (3) d'en donner un en échange de son portrait peint
(1) Marie-Thérèse Rodet, femme de M. Geoffrin, l'un des administrateurs de la manufacture de glaces de Paris, née en 1699, morte en 1777, l'amie de Marmontel, de D'Alembert et de Thomas.
(2) Stanislas Poniatowski, qui avait pour Madame Geoffrin une tendresse filiale.
(3) Charles- Antoine Bridan, sculpteur, né en 1730, mort le 28 avril i8o5, reçu membre de l'Académie royale de peinture et sculpture, le 25 janvier 1772,
I79 ^sg)
par M. Durameau (1) que j'aime et estime, auquel je remettray ou on remettra de ma part ledit exemplaire, laissant à l'un ou à l'autre le droit de s'ajuster ensemble sur leurs intérêts ;
L'exemplaire que mon neveu Pierre Massé a acquis et fait mettre en bordure et sous verre devant un jour retourner à Marie-Anne, sa fille ainée, j'en lègue avec plaisir un en portefeuille à sa jeune sœur Nanette.
J'ay disposé jusqu'à ce jour, 28 août 1766, de 17 exemplaires. Il m'en reste encore 6 à donner, savoir : celui qui est en bordure et sous verre, celui qui est relié avec les épreuves sans lettres et 4 en blanc dont un en grand papier Louvois. Le tout formant les 23 exemplaires.
Ce qui en restera, dont je n'auray pas dis-
(1) Louis- Jean -Jacques du Rameau, peintre, né en ij33, mort en juin 1796, reçu membre de l'Académie royale de peinture et sculpture, le 27 août 1774.
pose lors de mon décès, sera vendu ou séparé entre mes héritiers comme ils le jugeront bon être.
Dans les 23 exemplaires du présent compte j'ay omis d'y faire mention de celui que j'envoyai à Amsterdam l'année dernière, dont je donne le montant de 3oo livres à mes deux nièces Renouard; ainsy, lorsque mes legs où conventions seront remplis, comme je viens de commencer à m'en acquitter envers M. Durameau en lui remettant, pour échange du portrait de M.* Bridan, le 5 septembre, un exemplaire, il n'en restera plus que 5 au lieu des 6 mentionnés ci-dessus.
Les -présentes additions font partie essentielle de ce mien testament; en foy de quoy j'ay signé, à Paris, ce 8 septembre 1766, signé J. B. Massé.
Suite des additions précédentes finies et signées par moy le 8 septembre 1766.
J'ajoute de plus aux legs et donations précé-
dentés les articles suivans, savoir : à madame Dupont et à Courcy pour récompenser le zèle et les soins empressés avec lesquels ils me rendent tous les services qui dépendent d'eux, à chacun d'eux la somme de iooo livres en argent une fois payée.
Ayant eu le plaisir de satisfaire mov-même à ce que je destinois à M. Fernesse, je transporte les i5o livres d'argent en faveur de madame veuve Maisonneuve en augmentation des 3oo livres que je lui ay léguées.
Je donne de plus à mon neveu Pierre Massé et aux mêmes conditions ci-devant expliquées, la lettre que j'ay reçue du Roy de Pologne, de même que la médaille d'or qui représente ce monarque.
• Ayant satisfait par moi même à ce qui est contenu dans l'article contenant mes dispositions en faveur de ma famille en Angleterre, ce même article devient nul.
Je donne de plus à M. Tocqué, le dessin de
marine de Puget (1) et les deux petits dessins de Parrocel qui sont à côté.
A la place des neuf volumes in-folio de Y Antiquité expliquée du père Monfaucon, je prie M. Vien d'accepter un exemplaire de la Gallerie de Versailles en portefeuille, espérant que cet ouvrage que j'ay conduit luy sera plus agréable.
Je donne à Mlle Basseporte, à la place du Puget et des deux dessins qui sont à côté, six dessins montés de feu M. Parrocel.
J'ajoute à cet article en faveur de M. Godefroy de Villetaneuse, trois mignatures, savoir : une à Pencre de la Chine, ovale, représentant une jeune vivandière, la deuxième, aussy à l'encre de la Chine, représentant Salmacis et Hermaphrodite, et la troisième un tête-à-tête coloré d'après Watteau (2) peint avec le plus grand soin.
(1) Pierre Puget, né à Marseille en 1622, mort en 1694.
(2) Antoine Watteau, né en 1684, mort le 18 juillet 1721, reçu membre de l'Académie royale de peinture et sculpture, le 28 août 17 17.
Ayant satisfait par moy-même aux articles concernant MM. Durameau et Bridan, les mêmes articles deviennent nuls.
Désirant enfin reconnoître l'amitié dont n'a cessé de irf honorer madame Bellay et voulant luy en marquer ma sincère reconnoissance, je la prie d'accepter un bijou de iooo livres ou la valeur, à son choix.
Quoique les dix articles ci-dessus ne soient pas écrits de ma main comme tout le reste, je déclare les avoir dictés comme étant ma propre et libre volonté. En foy de quoy, en approuvant récriture des 54 lignes, j'ai signé, à Paris, le icr mai 1767, signé : J. B. Massé.
En marge, au commencement est écrit première, et à la fin huitième et dernière page, signé et paraphé par nous, Gilles-Pierre Chenu, avocat en Parlement, conseiller-commissaire du Roy en son Châtelet de Paris au désir de notre procès-verbal d'apposition de
scellés ce jourd'huy 26 septembre 1767, signé : Chenu, avec paraphe.
Indépendamment des dispositions faites précédemment, soit dans mon testament, soit dans les différentes additions que j'y ay faites, je prie mes exécuteurs testamentaires de donner de plus, comme je luy donne, à Courcy, mon domestique, dont je ne saurois assez reconnoître le zèle, la fidélité, l'attachement et les attentions multipliées pendant tout le cours de ma maladie, mon épée d'argent et généralement tous les habits qui ont été à mon usage, et, comme je connois son bon cœur et son équité, je laisse à sa discrétion d'en faire la part qu^il jugera à propos à Paulet, mon ancien domestique, et à Legros, actuellement à mon service-, mon intention, comme je l'ay ci-devant expliquée, est que ma bibliothèque y compris la musique, les médailles, tableaux de famille et celui de M. Jeaurat, peint par M. Greuze, ne soient pas vendus, mais passent à mon neveu
Pierre Massé et à ses enfants et dans le cas où mes petites-nièces, ses filles, n'en auroient point, ma volonté est que tous ces effets passent par substitution à mes neveux Renouard, fils de ma sœur aînée.
Ayant écrit à M. Bachelier (i) le premier du présent mois de juillet au sujet de la fondation d'une place d'écolier, à ma nomination et à celle de ma famille, à l'école gratuite de dessin (2); quand cette belle entreprise si utile et si honorable à la nation sera en règle, mon intention est que mes exécuteurs testamentaires prélèvent sur ma succession la somme à
(1) Jean-Jacques Bachelier, né vers 1725, mort à Paris, le 14 avril 1800, reçu membre de l'Académie royale de peinture et sculpture, le 2 septembre 1752,
(2) Cette institution, due à la générosité de Bachelier, qui en fut nommé directeur, fut autorisée par lettres patentes de Louis XV, données à Fontainebleau, le 20 octobre 1767, et enregistrées au Parlement, le 21 septembre 1768. En 1774, il a été publié un Mémoire concernant l'école gratuite de dessin où Von montre l'utilité de cet établissement, les avantages qui en résultent, les détails de l'administration et de la direction, et généralement tout ce qui peut y avoir rapport. Ce mémoire in-quarto, de 39 pages, sort des presses de l'Imprimerie royale.
laquelle cette place sera fixée pour la remettre audit sieur Bachelier ou à ceux qui seront préposés pour la recevoir et en donner quittance.
Quoique ces nouvelles dispositions présentes contenant 32 lignes, ne soient pas écrites de ma main, attendu la crainte de m'exposer à des crises de faiblesses que je redoute, elles n'en sont pas moins l'expression fidèle de ma pure et franche volonté comme toutes les précédentes. En foy de quoy j'ay signé; à Paris ce 20 juillet 1767, signé : J. B. Massé.
Ensuite est écrit : signé et paraphé par nous Gilles-Pierre Chenu, avocat en Parlement, conseiller-commissaire du Roy en son Châtelet de Paris et censeur royal, au désir de notre procès verbal d'apposition de scellés, ce jourd'hui samedi 26 septembre 1767, signé : Chenu, avec paraphe.
Voyant avec autant de plaisir que de reconnoissance les soins et l'intelligence que Courcy
a employés tant pour mettre en ordre ma bibliothèque, ma musique et mes estampes que pour écrire mes lettres, je prie mes exécuteurs testamentaires de lui donner, comme je lui donne, 5oo livres, indépendamment de mes précédentes dispositions en sa faveur que je ratifie.
Quoique les 8 lignes ci-dessus ne soient pas de ma main attendu mon extrême faiblesse, je les approuve les ayant dictées comme l'expression de ma volonté. Fait à Paris, le 5 septembre 1767, signé : J. B. Massé.
M. le marquis de Marigny et M. Cochin, étant de retour de leur voyage de Hollande, m'ont témoigné tant de satisfaction et de reconnoissance de la façon noble et généreuse dont ils ont été reçus et accueillis sur ma recommandation chez mes neveux Paul Renouard et Jean-Etienne Fizeaux, que désirant leur donner un faible témoignage de la mienne, je les prie l'un et l'autre d'accepter, comme
je la donne à chacun d'eux, la somme de i5oo livres.
Quoique les 9 lignes ci-dessus ne soient pas de ma main, attendu mon extrême faiblesse, je les approuve, les ayant dictées comme l'expression de ma volonté. Fait à Paris, le 17 septembre 1767, signé: J. B. Massé (1).
Enfin est écrit, signé et paraphé par nous Gilles-Pierre Chenu, avocat en Parlement, conseiller-commissaire du Roy en son Ghâtelet
(1) Nous avons découvert aux Archives nationales, dans les papiers de la maison du Roi, les deux documents que Ton va lire et qui ont trait à la succession de Massé ;
LETTRE DE PIERRE MASSÉ, NEVEU DE JEAN-BAPTISTE MASSÉ, A M. DE MARIGNY, RELATIVEMENT A LA SUCCESSION DE SON ONCLE.
t Le S. Pre Massé, neveu, et exécuteur testamentaire de feu M. Jean Bte Massé, peintre du Roy, à l'honneur de représenter à Monsieur le marquis de Marigny, qu'il est dû par les Bastiments à la succession de eu son oncle, la somme de L. o320 16,8, tant pour appointemens que pension du deffunt jusqu'au jour de son décez, suivant l'état en l'autre part; comme le Sr Massé est à la veille de rendre les comptes de cette succession à ses cohéritiers, M" Fizeaux et Renouard d'Amsterdam, et qu'il désireroit beaucoup y faire entrer cette somme en recette, il suplie très humblement Monsieur le marquis d'ordonner le payement de cet objet. Le Sr Massé ose se flater que Monsieur le marquis voudra bien étendre jusqu'à luy les bontés dont il a tant de fois donné des marques éclatantes au deffunt, et qu'en considération de sa mémoire, il voudra bien dans cette occasion luy accorder
de Paris et censeur royal, au désir de notre procès-verbal d'apposition de scellés ce jour-
toute sa protection ; le Sr Massé en conservera la plus vive reconnoissance. »
État de ce qui est dû par les Bastimens à la succession de feu jn gte Massé, peintre du Roy :
Les 6 derniers mois 1765 de ses appointe- )
mens à 2700 1. par année L. i35o > 255o liv.
L'année entière 1765 de la pension de 1200 )
L'année entière 1766 des appointemens . . . 2700 ) „
tj j 1 f 3qoo hv.
Idem de la pension 1200 ) J
8 mois 25 jours de 1767 des appointemens. . 1987,10 Idem de la pension 883,6,8