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pour esquisse d'un grand tableau qu'il a peint. Il est en hauteur, sous verre, dans une bordure dorée et représente la France désolée de la mort de saint Louis et -son apothéose. La satisfaction que je prends à avoir ce morceau sous les yeux me fait souhaitter qu'elle jouisse longtemps du même avantage ainsy que celuy de prendre autant de plaisir que j'en ay toujours éprouvé à regarder l'admirable dessin du projet que je luy donne, de même que les deux petits qui l'accompagnent, ayant fait faire les bordures peintes et vernies pour aller ensemble; le grand est sous glace, les deux petits sous verre. Je luy donne et lègue aussy un portefeuille contenant une collection choisie de laGallerie de Versailles, ouvrage qui m'a souvent dérobé des instans que j'aurois voulu pouvoir employer à cultiver plus constamment sa précieuse amitié.
Je donne et lègue de même, en portefeuille, à notre aimable et solide amy commun
M. Barbeu du Bourg (1), une collection de la Gallerie de Versailles choisie pour cet usage, ainsy que deux volumes in-40 bien reliés et dorés sur tranche, intitulés : Biblia sacra, en reconnoissance des soins intelligens et affectueux qu'il a toujours employés, tant à son égard qu'au mien, pour prolonger nos jours avec agrément, en remédiant autant qu'il a été en luy à nos diverses infirmités.
M. Pigalle (2) m'a toujours témoigné tant de bonté et de confiance, d'ailleurs ses vertus bienfaisantes envers la famille ont fait sur moy une impression si vive, qu'indépendamment de la vénération que j'ay pour l'éclat de ses talens, je me fais un véritable plaisir de leur donner icy une marque de mon souvenir en le
(1) Il était le médecin habituel de Massé. Jacques Barbeu du Bourg, médecin et botaniste, naquit à Mayenne le 12 février 1709 et mourut à Paris le 14 décembre 1779. Il est l'auteur d'un grand nombre d'ouvrages sur la médecine et sur la botanique. Barbeu du Bourg demeurait rue Copeau.
^2) Jean-Baptiste Pigalle, né en 17 14, mort à Paris, rue Saint-Lazare^ le 21 août 1785, avait été reçu membre de l'Académie royale de peinture et sculpture le 3o juillet 1744.
priant de vouloir bien accepter en portefeuille une collection choisie de ma Gallerie de Versailles.
Je fais le même don et la même prière de l'accepter à mon bon et estimable amy, M. Jeaurat, mon collègue et mon survivancier dont l'amitié tendre, constante et sincère m'a pénétré dans tous les tems de la plus vive reconnoissance.
Je donne et lègue à M. Wille, célèbre graveur, un portefeuille contenant un exemplaire choisy de la Gallerie de Versailles que je le prie de vouloir bien accepter comme un témoignage de l'estime particulière que j'ay toujours eue pour ses talens distingués et ses vertus, indépendamment de ma reconnoissance des soins qu'il a bien voulu prendre, chez moy et sous mes yeux, pour bonifier une partie desdites planches (1).
(i) On trouve dans divers passages des Mémoires de Wille, la preuve que le célèbre graveur partageait l'affection que Massé témoigne
Je donne et lègue de tout mon cœur à mon cher Fallavel le jeune (1) mon portefeuille contenant un exemplaire choisy de la Gallerie de Versailles que je le prie de voulloir bien accepter comme une marque de mon amitié et de ma reconnoissance des soins infinis qu'il a bien voulu prendre pour m'aider à mettre Tordre et l'intelligence nécessaires dans les comptes de recettes et de dépenses de l'entre-
ici pour lui. Il est intéressant d'en signaler les principaux : « Le 26 juin 1764 j'ai fait présent d'une épreuve de ma nouvelle estampe (les Musiciens ambulants) à M. Massé. Ce bon et vertueux vieillard, qui ne l'avoit pas encore vue, en fut très content et s'en réjouit beaucoup.... Le 2 mars 1766, après avoir visité M. Massé, ancien et respectable ami, je me rendis au repas que font ordinairement les académiciens entre eux le premier dimanche du mois..,. Le 10 août 1766, ma femme et moi avons dîné chez M. Massé. Cet habile homme et digne vieillard avoit rassemblé pour le même objet plusieurs artistes avec leurs femmes et autres qui sont garçons,... Le 19, le 21 et le 25 juillet 1767. Ces trois jours j'ay passé toutes mes matinées chez M. Massé en y dînant. Il m'avoit prié de lui arranger un peu ses estampes qui étoient pas mal en désordre et je l'ay fait avec plaisir pour obliger ce bon vieillard et ancien ami.... Le 26 septembre 1767 mourut Jean-Baptiste Massé, peintre, conseiller de l'Académie de peinture et sculpture et garde des tableaux de la surintendance du Roi que M. Jeaurat exerça pour lui. Il avoit environ 82 ans (lisez 79 ans) et il y avoit vingt-cinq ans que je le connoissois. » (Wille, Mémoires, I, 261, 328, 355, 36i.)
(1) Jean-Marc Fallavel le jeune, bourgeois de Paris, demeurait au Palais de Justice, cour du Mai.
prise de la Gallerie de Versailles que je rendis à MM. Godefroy qui en furent très satisfaits.
Je vais clore enfin ce mien testament par Tépanchement du tendre ressouvenir que mérite la famille Godefroy en commençant par mes ci-devant associés dont j'ai cultivé avec plaisir et sans interruption l'estime et l'amitié dès leur naissance jusqu'à ce jour.
Je pense sy avantageusement en faveur de l'ainé,M. Charles Godefroy, écuyer, seigneur de Villetaneuse, que, quoi qu'il se soit engagé à me faire 1200 livres de rente pendant le cours de ma vie, je crois très fermement qu'il voudroit pouvoir en prolonger la durée et c'est dans cette persuasion délicieuse que je le prie de vouloir bien accepter en toute propriété la planche de mon portrait gravée par M. Wille d'après M. Tocqué, ainsy que toutes les épreuves dudit portrait qui se trouveront, lors de mon décès, chez le graveur ou chez le sieur Beauvais qui l'a toujours imprimé et chez