LES CENT LOUIS
Paris quand le chevalier d'Abrieu intervient et l'apaise : Linguet consent à recevoir cent louis, mais en or, et sur l'exorde il demeure intraitable.
D'Aiguillon finit par céder, et le mémoire paraît en juin.
Cet écrit, bien qu'il soit adressé à la Cour des Pairs, dans la forme habituelle des travaux de Palais, est moins une défense en justice qu'un tableau historique, largement tracé, de l'administration du duc dans la province de Bretagne.
Par le style nerveux et rapide, par le ton simple et élevé, cette œuvre, réimprimée dans les Annales du Barreau français^ offre un singulier contraste avec la verbosité creuse des soi-disant chefs-d'œuvre auxquels elle est accolée.
Mais à quoi sert de bien écrire, et dans un tel procès, si on n'a pas le bonheur ou l'adresse d'écrire selon l'opinion de son temps?
D'Aiguillon était aux yeux du public un personnage si antipathique qu'on n'arrivait guère, en le défendant, qu'à partager sa défaveur.
Cependant l'amie des Choiseul, Mme du Delîand, écrivait le 27 juin à Voltaire * que « le mémoire de Linguet avait produit un grand effet sur le public ».
Le 17 juin, les Mémoires secrets l'avaient ainsi annoncé^ : « Quoique le nouveau mémoire pour « M. le duc d'Aiguillon ne doive être publié que mardi, (( jour de l'Assemblée des Pairs, on en voitdéjà quelce ques exemplaires dans le public. Outre le fond de