Collection Gaultier du Brcuil, t. XLI, p
Mais quels étaient ces crimes?
Qu'on imagine un de nos préfets, ayant pendant plusieurs années administré un département, et tout à coup traduit devant l'autorité judiciaire pour répondre, non d'un acte déterminé, mais de tous les actes de son administration, tantôt prise dans son ensemble, tantôt scrutée dans le moindre détail.
Ce préfet prouve-t-il par témoins qu'il a « usé (( de son pouvoir pour la félicité publique », vite, ses ennemis affirment qu'il a suborné les témoins! Aujourd'hui on déclare le préfet concussionnaire; demain on l'accuse d'avoir comploté la mort du plus important de ses adversaires. Tout cela, dans un crescendo de calomnies, d'injures réciproques, fait l'objet de plaintes successives, d'écritures sans fm.
Qu'on imagine un tel procès fait à un administrateur, et remis à la décision d'un^ Parlement, c'està-dire d'un corps politique furieux d'ambition, et toujours prêt à menacer ses ennemis du glaive des Sanson.... Et l'on aura l'image assez exacte de ce que fut le procès de Bretagne.
Le Mémoire pour le Duc d'Aiguillon et VAiguilloniana s'éclairent mutuellement et se complètent.
Que d'observations justes et fortes, dans ces pages si dédaignées, que d'appréciations curieuses et inattendues sur des personnages historiques : sur La Ghalotais par exemple.
La Ghalotais ! ce nom évoque une statue de magis-