L ABBE CLEMENCEAU
Soit; l'embarras d'une sextuple exécution a peutêtre fait reculer le ministère et d'Aiguillon. Mais celui-ci n'a-t-il pas songé à faire usage contre les prisonniers d'une arme sûre et discrète : le poison?
Les libelles le disent, et dans la procédure, à propos de cette accusation, on désigne un louche personnage, un abbé Clemenceau, ex-jésuite.
(( N'a-t-on pas dit, raconte Linguet ', qu'un abbé « Clemenceau s'était chargé, pour plaire à quelqu'un « de plus élevé, d'être le principal auteur de cet « empoisonnement; qu'il s'était adressé à un S"" Des- « fourneaux, parce que cet officier était désigné pour (( garder M. de la Chalotais; que le sieur Desfour- « neaux s'était refusé à un crime si noir, mais que (( la crainte du péril auquel l'exposait cette action (( vertueuse lui avait tourné la tête, et qu'il en était « devenu fou? »
Or ce Desfourneaux était vraiment un aliéné ', atteint du délire de la persécution, et auquel les événements de Bretagne inspiraient des propos incohérents et absurdes. Sur tout cela, Linguet apporte la lumière, avec des faits, avec des preuves; son mémoire a l'allure calme, le ton uni de la vérité.
Aussi peut-on conclure que si le duc d'Aiguillon est un personnage trop suspect, trop justement