LES COMMISSAIRES DE BRETAGNE
« Dans le mémoire pour M. le duc d'Aiguillon, « nous voyons, disaient-ils, la suite et le développe- (( ment des erreurs d'un écrivain que la France voit « depuis quelques années s'attacher dans toutes ses « productions au soin de réduire le despotisme en « système; qui regarde l'esclavage comme le premier (( principe de la société civile ; qui n'a pas craint (( d'avancer comme une vérité qu'il n'y a point de loi (( fondamentale ; que tout en politique dépend de la « force et du hasard!...
«Vous frémissez. Messieurs! ajoutaient les com- (( missaires. Nous n'examinerons pas à quel degré un (( écrivain se rend coupable aux yeux de son siècle, « lorsqu'il abuse de la facilité dont l'aura doué la (( nature, et du présent qu'elle lui aura fait d'une (( imagination vive et brillante, pour tenter de corce rompre, par des maximes aussi fausses et aussi barce bares, les sources de la félicité publique ! Nous nous (( contenterons d'observer que l'on ne fait jamais de ({ tels outrages à l'humanité, que l'opinion publique (( n'en fasse justice * . »
Nous voilà bien loin de d'Aiguillon, des griefs de La Chalotais, et même du poison de l'abbé Clemenceau !
Ces emphatiques billevesées, si étrangères au procès même, auraient fait sourire tout autre que Linguet : elles l'exaspérèrent. En vain, un arrêt du Conseil * supprima les élucubrations des commissaires de Bretagne. Linguet ne fut pas consolé, et,
1. Collection Gaultier du Breuil, t. XLl. Observations sur l'imprimé intitulé Réponse des États de Bretagne au mémoire du duc d'Aiyuillon.