‹ Un avocat journaliste au 18e siècle, LinguetChapitre 146 sur 215 · Journal historique du Parlement Maupeou, Londres · texte numérisé non relu

Journal historique du Parlement Maupeou, Londres

LA DUCHESSE d'OLONNE. 279

lequel il maltraite fort M. Foulon \ le nouvel intendant des finances ; et comme ce Foulon est une créature du duc d'Aiguillon, le public s'étonne : « Foulon « serait-il donc abandonné du duc? »

Tantôt, c'est l'affaire de la duchesse d'Olonne qui passionne l'opinion.

(( Cette cause, disent les Mémoires secrets, devient (( si grave par l'animosité des avocats, que le Comte c( Orourke a pris les conclusions les plus extraordi- ({ naires; il a demandé que le mémoire imprimé « contre lui fût lacéré; il a dénoncé au Ministère (( public la plaidoirie de M^ Linguet.

« Celui-ci s'est disculpé dans un Précis. M. de « Vergés conclut à débouter la duchesse d'Olonne « de ses demandes. Mais cet avocat général donne à « entendre dans son plaidoyer que le Comte Orourke (( n'est qu'un fripon adroit, qui a su revêtir ses « escroqueries de la sanction légale. »

Ainsi, dans ce procès, Linguet se voit contraint à plaider pour lui-même ; il produit sa Réplique à la consultation signée Dohet pour le comte Orourke mestre de camp, contre M. Linguet, avocat en son noni^ défenseur de Madame la Duchesse d'Olonne ^.

Et le début de cette réplique, partout lu et commenté, conquiert d'emblée l'opinion.

« Messieurs, dit Linguet, rien de plus honorable, « mais en même temps rien de plus délicat et de (( plus pénible que nos fonctions. Obligés par état « à suivre, à démasquer la fraude, il est impossible

1. On sait que Foulon fut nommé contrôleur général le J2 juillet nSO, et pendu quelques jours après, à une lanterne de la rue de la Verrerie.

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