‹ Un avocat journaliste au 18e siècle, LinguetChapitre 147 sur 215 · Mémoires et Plaidoyers, t. VII, p · texte numérisé non relu

Mémoires et Plaidoyers, t. VII, p

« qu'en remplissant nos devoirs nous n'excitions (( pas quelquefois les plaintes des parties. La recon- (( naissance que notre zèle excite, n'est que trop (( souvent achetée par la haine à laquelle il nous (( expose et si nous n'écoutions que nos intérêts, {( les moments oîi nous avons le plus besoin de ce vigueur, seraient précisément ceux où nous nous « montrerions avec plus de mollesse. C'est pour c( soutenir notre courage dans ces occasions péril- « leuses, que chez tous les peuples on a mis dans « notre profession, à côté du danger, la gloire qui « le compense, et la liberté qui en efface l'idée. »

Il n'avait que trop de courage, le fougueux avocat, qui, applaudi à ses débuts par ses violences contre les puissants, allait voir peu à peu se former contre lui la sainte-alliance des plaideurs écharpés, des confrères jaloux !

Mais, à l'aurore, tout souriait à ses audaces. Linguet s'avisait-il d'attaquer le corps des fermiers généraux, le plus puissant peut-être qui fût alors dans l'État? Les gazettes d'applaudir et de lui tresser des couronnes.

(( Les fermiers généraux sont furieux, disent les ce Mémoires secrets le 28 octobre 1771 *, du Mémoire « du sieur Linguet contre eux. Cet avocat les traite ({ avec un mépris singulier; il manifeste en outre « une animosité, une chaleur, qui donnent à son « éloquence la plus grande force, et se transmettent (( aisément dans l'âme du lecteur, naturellement préce venu contre les traitants. »

Linguet ne craignait pas, en effet, de traiter de

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