‹ Un avocat journaliste au 18e siècle, LinguetChapitre 182 sur 215 · PREMIERE RADIATION · texte numérisé non relu

PREMIERE RADIATION

« Ces robes appartenaient-elles à des avocats? « Étaient-ce des avocats qui leur donnaient lesmouve- « ments forcenés qui paraissaient les agiter? C'est ce « qui n'a pas été éclairci, ce qui ne le sera probablece ment jamais. Ce qu'il y a de certain, c'est qu'elles « pouvaient aller au nombre de trente au plus; c'est « qu'il en partait des éclats de rage contre moi; et (( qu'un toile funèbre était le refrain non interrompu « qu'elles répétaient en chœur. »

Faisant droit aux réquisitions de M. de Vergés, la Cour ordonne « que ledit imprimé, ayant pour titre : (( Réflexions, etc., sera supprimé comme injurieux « à l'Ordre des avocats, calomnieux envers plusieurs « de ses membres, et tendant à altérer l'estime due « à cette profession » : elle ordonne en outre que Linguet sera rayé du tableau.

YI

Contre ce cruel arrêt, était- il un recours?

Linguet gardait une dernière espérance; il songeait au duc d'Aiguillon, à Mme du Barry.

La guerre n'était pas encore ouvertement déclarée entre l'ancien gouverneur de Bretagne et son avocat :

ce Je savais bien, dit Linguet *, que le duc d'Ai- « guillon ne voulait pas contribuer à ma fortune, (( mais il ne m'était pas permis encore de soupçonner (( qu'il fût sous main le complice de ma ruine : sa (( porte fut la première à laquelle je frappai; elle « était fermée, et ne s'ouvrit pas.

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