‹ Un avocat journaliste au 18e siècle, LinguetChapitre 188 sur 215 · Aiguillon iana, p · texte numérisé non relu

Aiguillon iana, p

Et quel moment Linguet choisissait-il pour cette désastreuse équipée ? Le moment où pour rentrer en grâce il eût fallu d'abord qu'il se fit oublier.

Sans doute, sa campagne pouvait flatter les haines des ennemis nombreux de d'Aiguillon; mais le duc avait eu l'adresse de se donner pour successeur au ministère son vieux parent, M. de Maurepas, et de garder ainsi dans sa disgrâce un très sûr protecteur. Braver en face d'Aiguillon, c'était donc braver le premier ministre et s'exposer à toutes les rigueurs.

Linguet ouvrit les hostilités par deux lettres au duc : deux lettres fameuses qui, bientôt publiées, connues de tout Paris, eurent la plus grande part à ses mésaventures, à sa radiation définitive, à son exil et à son discrédit.

Ces lettres insolentes sont de bien curieux documents; on y trouve de beaux emportements, de bas calculs, du cynisme et de la fierté. On en jugera par quelques extraits :

(( M. le Duc, écrit d'abord Linguet, en manière c( d'exorde *, je vous ai trouvé entre le trône et (( l'échafaud, je vous ai rapproché de l'un et éloigné ({ de l'autre. »

Et il continue :

« Tant que vous avez eu besoin de mes services, (( il ne me convenait pas de les mettre à prix : tant « que vous avez été en place, les affaires vous ont (( fait négliger de les reconnaître. Enfin, tant que « j'ai conservé l'état par lequel je vous avais été

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