‹ Un avocat journaliste au 18e siècle, LinguetChapitre 88 sur 215 · MIRABEAU ET LINGUET · texte numérisé non relu

MIRABEAU ET LINGUET

parallèle avec Scipion l'Africain*. Il se préparait à entrer dans la cavalerie légère. Mais on sait que son service de cavalier dura peu, tourna mal, et s'acheva à l'île de Ré, puis en Corse. Après ces équipées, et parmi bien d'autres, il forma son bagage philosophique, économique et littéraire.

Linguet fut sa première haine, et la Théorie des loix fut l'occasion de son premier ouvrage : VEssai sur le despotisme^, qu'il achevait à Manosque au moment même où il fut arrêté pour être conduit au château d'If.

Cet Essai sur le despotisme est un ouvrage d'écolier, et n'offre aucun indice de talent. Néanmoins le parti des philosophes, et surtout Suard dans sa Gazette littéraire, le portèrent aux nues par haine de Linguet, que Mirabeau appelait « l'ignorant et « ampoulé M. Linguet, avocat des Néron, des sul- « tans et des visirs, un des plus méprisables, mais « cependant des plus accrédités prôneurs du pouce voir arbitraire ».

Et Mirabeau ajoutait :

« Les crimes littéraires ne sont-ils pas les plus « grands des crimes? Il m'importe peu que mon « voisin ait des principes abominables si je n'ai point (( affaire à lui ; mais divulguer et rendre publics des (( principes horribles, c'est un délit social qui intéc( resse tous les citoyens. Élevons-nous sans cesse « contre les monstres qui blasphèment la liberté M »

Plus tard, lorsque Linguet fut mis à la Bastille, Mirabeau, qui était à ce moment au donjon de Vin-

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