‹ Un avocat journaliste au 18e siècle, LinguetChapitre 89 sur 215 · Essai sur le despotisme, Mirabeau, p. 69 et · texte numérisé non relu

Essai sur le despotisme, Mirabeau, p. 69 et

cennes, s'indigna peu du crime commis contre la liberté de Linguet, à cause du « monstre » qui en était victime.

(( Linguet est en effet arrêté », écrivait-ii à Sophie le 13 novembre 1779, « mais je ne sais où il est. (( Au reste, cela est vieux comme les rues.... C'est « un être bien peu intéressant, et qui a, dans le fait, « beaucoup plus de perversité et d'impudence que « de talent. Sa verve, qui est son principal mérite, (( et peut-être son unique, est empreinte de tous les « vices de son âme *. »

On voit que la haine de Mirabeau contre l'homme « qui fomentait la corruption et l'esclavage » ne désarma jamais.

Gela ne l'empêcha pas du reste de lire assidûment le journal de Linguet à partir de 1777, d'en conseiller la lecture à Sophie, et de recourir au monstre lui-même, sans succès d'ailleurs, lorsqu'il songea en 1784 à faire du journalisme!

En résumé, la Théorie des loix fut dans la vie de Linguet un événement considérable. Elle mit en pleine lumière ce stagiaire un peu mûr. Après ce livre, après l'affaire d'Abbeville, il tenait la célébrité, mais non le bonheur et le calme.

La violence de ses ennemis, et ses propres colères, allaient l'entraîner dans une escrime meurtrière, dans des batailles sans merci. Il eut des torts, et nous les mettrons en lumière. Mais à l'heure où nous sommes, à ce premier engagement de Linguet avec son siècle, notons qu'aucun de ceux qui l'attaquaient à propos de la Théorie des loix ne daigna reconnaître

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