POUVOIR PATHOGÈNE
Toutes les souches éludiées se sont montrées pathogènes :
9 d’entre elles d'emblée dès la première inoculation: les 5 autres n'ont été pathogènes qu'après un passage sur l'animal.
La virulence des souches est extrêmement variable : Jes
unes en effet sont mortelles et rapidement mortelles quels que soient l'animal réactif et la voie d'administration : telle la
souche I isolée par hémoculiure chez un malade qui est mort
quelques heures après de septicémie. D’autres souches, et ce sont de beaucoup les plus fréquentes, provoquent des escarres sèches, noirâtres, d'étendue variable, apparaissant plus ou moins rapidement. D’autres enfin produisent simplement des abcès qui s’enkystent et dans lesquels on trouve des polynucléaires en grande abondance avec des bacilles phagocytés à côté de bacilles extra-cellulaires. Au bout de quelques semaines certaines souches perdent définitivement tout pouvoir pathogène.
Cosaye. — La voie sous-cutanée constitue la voie d’inoculation de beaucoup la plus intéressante.
Après épilation de la paroi ventrale sur 2 ou 3 centimètres carrés, nous injectons généralement la dose de 4 cent. cube d'une culture pure de vingt-quatre heures en bouillon dans le tissu cellulaire sous-cutané, Habituellement dès le lendemain apparaissent au centre d’une zone tuméfiée, œdémateuse, des taches purpuriques ‘de forme et détendue variables; au milieu de ces taches purpuriques on entrevoit l’escarre en voie de for-
. mation (comme le montre la figure 5).
Au bout de quarante-huit heures l'ædème a disparu entièrement, mais l’escarre s’est formée (fig. 6); c'est une escarie sèche, noirâtre, bien limitée, de à à 6 centimètres de diamètre. Cette lésion reste en général une lésion purement locale : le cobaye conserve son aspect normal, il a le poil luisant, son poids reste identique. Peu à peu un sillon d'élimination se dessine;
Fi6. 5. — Formation de l'escarre vingt-quatre heures après inoculalion sous-cutanée (cobaye).
vers le huitième jour l’escarre tombe spontanément, laissant une ulcération légèrement purulente qui guérit en quinze jours à trois semaines. Telle est l’évolution habituelle des lésions, mais l’aspect est parfois différent.
Dans certains cas il suffit de doses minimes : 1/4, 1/10 de centimètre cube pour produire des lésions analogues. Parfois les lésions anatomiques sont retardées et l’escarre n'apparaît que vers le quatrième, cinquième ou sixième jour.
Dans d’autres cas, au niveau de l'injection sous-cutanée on n'observe qu’un petit abcès donnant l'impression d’un petit nodule assez ferme, gros comme une petite noisette: cet abcès peut rester à ce stade pendant plusieurs jours, même pendant ‘plusieurs semaines avant de se résorber. Il suffit alors de le
Fi. 6. — Escarre formée quarante-huit heures après l'inoculation sous-cutanée. (Photo Jeantet.)
ponctionner aseptiquement pour retirer quelques gouttes de liquide qui, cultivées en bouillon pendant vingt-quatre heures, donnent une culture assez virulente pour produire une escarre iypique. Lorsque cet abcès reste enkysté, il contient le bacille de la gangrène culanée à l'état pur : après ouverture de l'abcès ou élimination de l’escarre, l'association de ce bacille au streptocoque est à peu près constante.
Dans quelques cas, l'injection sous-cutanée d’une culture de