‹ Un bacille des gangrènes cutanéesChapitre 9 sur 27 · RE PS · texte numérisé non relu

RE PS

bacille court résistant au Gram et le bacille pseudo-diphtérique.

Boyer, Emery, Bonnière signalent le gonocoque seul ou

associé. Spillmann, Thiry et Benech, Lacassagne, Lebeuf et

Rousset ont trouvé dans des cas de gangrène génitale des associations fuso-spirillaires auxquelles ils font jouer le rôle prédominant; M. Ravaut insiste à plusieurs reprises sur l’importance des spirilles.

Bloch et Schulmann ont trouvé dans des cas analogues le B. perfringens et le B. histolylique.

Nicolas, Lebeuf et Froment signalent le rôle du B. coli.

Bodin, à l’occasion d’une gangrène génitale de la femme, insiste sur le rôle du streptocoque associé à divers microbes anaérobies : B. sporogenes, vibrion septique, B. bellonensis, B. ædematiens, B. putrificus. M. Hudelo montre que, « bactériologiquement, on rencontre une symbiose variée, avec prédominance d’anaérobies ».

Quelques auteurs se sont attachés à l'étude du pouvoir pathogène expérimental. Bejarano et Hombria ont isolé d’une gangrène génitale, outre un diplocoque lancéolé, un B. sporogenes et un bacillus proteus : l'inoculation de B. proteus seul donne un abcès ; l'inoculation du B. sporogenes donne une tuméfaction de la patte sans modifications de l'état général. L'’inoculation des deux germes à la fois (1 c.c. 5 de B. sporogenes + 1 cent. cube de B. proteus) produit une gangrène de la peau, typique, dont on isole les deux germes.

Spillmann, Thiry et Benech ont isolé dans une gangrène génitale « un colibacille typique ». Par inoculation à un cobaye d’une culture pure de ce bacille âgée de deux jours (2 cent. cubes), ils ont obtenu une escarre analogue à celle que produit l'injection d'acide lactique pur sous la peau du cobaye: cette escarre tomba en laissant une ulcération à bords épilés d'un aspect très particulier; ils expliquent la gangrène par la production d'acide lactique où par une trypsine.

Enfin le bacille de la gangrène cutanée existe dans de nombreuses autres lésions, en particulier dans les ulcères de jambes, surtout dans les petites zones de sphacèle qui les accompagnent presque constamment.

Dans les ulcères de jambe, les microbes les plus divers se trouvent en proportion extrêmement variable. Ehrlich, sur

16 fois le B. pyocyanique.

Lowenfeld, sur 55 cas, a trouvé 20 fois le staphylocoque doré, 24 fois le staphylocoque blanc, 22 fois le streptocoque, 3 fois le diplococcus lanceatus, 17 fois le B. proteus, 8 fois le B. pyocyanique, 10 fois le B. coli, 1 fois le tétragène, 1 fois le B. mesentericus. Cette flore microbienne est extrêmement variable d'un examen à l’autre. Mais ces auteurs ne parlent pas du pouvoir pathogène de ces germes isolés. | vi

Dans l’ensemble, ces gangrènes ont été minutieusement

étudiées au point de vue bactériologique, mais la reproduction des escarres n’a pas été signalée au cours de ces travaux.

M. Milian fut le premier à mettre en évidence à la fois la fréquence du bacille qu’il décrivit et le rôle pathogène de ce germe à l’état pur. Ses premières recherches sur ce sujet datent de 1917.

À l'examen direct de la sérosité d’une gangrène de la verge, il crut reconnaître le bacille de Ducrey : il s'agissait d'un bacille Gram négatif à centre clair. Mais en cultures sur les milieux usuels, gélose et bouillon, ce bacille poussait abondamment, dégageant une odeur putride. Le bacille fut désigné sous le nom de bacille de Dureuil, d'après le nom du malade.

En 1920, il présente à la Société de Dermatologie, avec MM. Mouquin et Babalian, une gangrène du fourreau de la verge dont l'examen décèle la présence de spirilles, de bacilles fusiformes, de cocci, de diplocoques; les cultures donnent du streptocoque, du staphylocoque, des bacilles Gram positif e d’autres bacilles Gram négatif. L'inoculation du pus à l’oreiile du lapin détermine une petite escarre noirâtre de 4 centimètre sur 0 cent. 5. |

En 1921, MM. Milian et Périn présentent à la Société médicale des Hôpitaux de Paris une gangrène foudroyante des organes génitaux avec des bacilles ayant l'aspect morphologique du bacille de Ducrey. L'inoculation du pus à un lapin et de la culture à un autre lapin reproduit une plaie escarrotique de la paroi abdominale.

En 1922, MM. Milian et Rivalier retrouvent ce bacille dans une gangrène cutanée de la jambe et le pus inoculé au lapin provoque une escarre.

37 cas, a trouvé 37 fois le staphylocoque, 21 fois le streptocoque, ! TN :

En 1927, MM. Milian et Delarue relatent l’observation d’une maladie de Duhring avec transformation gangréneuse des érosions des pieds et mort par septicémie. Le bacille existe non seulement dansles plaies, mais dans le sang, ainsi que l’aitestent deux hémocultures successives. À l’autopsie, ce bacille est retrouvé dans le cœur, le foie, la rate, les reins.

En mai 1927, M. Milian présente une nouvelle gangrène cutanée avec reproduction expérimentale des lésions; il décrit le bacille sous le nom de Pasteurella gangrenæ cutis, à cause de la morphologie.

En mai 1929, nous étudions une gangrène de la verge à l’hôpital Saint-Louis, dans le service de M. Louste. Le pus de cette lésion renferme le même bacille très protéolytique, doué d’une grande virulence locale. M. Milian insiste à ce propos sur l'importance de ce bacille, non seulement sur son rôle capital dans la gangrène foudroyante des organes génitaux, mais aussi dans beaucoup d’autres gangrènes cutanées. Il décrit ensuile les caractères essentiels du bacille qu'il désigne sous le nom de Bacillus gangrenæ cutis.

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