SCENE VI
ATIIÉNAIS Meule. |
A-t-on vu rimpertinent !... nhl celte leçon me corrigera de ma générosité... et désormais je me délierai des bons paysans... aussi bien que des vieux médecins... et des voisins amoureux... car ^ aveccesgens-Iàje vais manquer mon rendez-vous... j Fermons vite cette fenêtre et courons chez Pasi- i phaé, qui doit me trouver d'une impolitesse... ' {Elle va pour fermer la fenêtre de gauche, gui i était restée ouverte; en ce moment, un bouquet lancé du dehors tombe au milieu du théâtre.) Allons, bon!... encore le voisin... ah! celte fois, il m’envoie des fleurs... vraiment il est d’une persévérance .. (J?//e ramasse /e bouquet.) Tiens... i ça sent bon... mais s’il croit me calmer avec son I bouquet... {Regardant le bouquet.) 11 est d'assez bon goût... ça doit venir des bains chinois... Kb! bien me pardonne... voilà un billet... caché sous les fleurs... voyei>vous le serpent... {Elle en tire | lAi papier plié.) Il n'est pas cacheté... Au fait, i avec une pareille petite poste... on ne craint pas ' l'indiscrétion des Licteurs... {Elle l'ouvre et lit : ) j « Cruelle Alhénato, pui.sqtic ni mon amour ni mes • soupirs n'oiit pu vous attendrir.. .u i^'arrétant.) | Je crois bien, quand on soupire avec une etnri- | nette... (Continuant.) «Jen’ot plusqu'un moyen ^ i de mettre un terme à mon désespoir... c'est de vous fuir... et de m’expatrier pour jamais. » (5’ar- | rttant,) Voilà une autre idée à présent... (Contt- 1 niiant.) «Si vous ne répondez pas favorablement a i l'otTre définitive que je vous fais de mon cœur et . de ma main... aujourd'hui même je pars pour le
Havre... là je m'embarque pour les grandeslndcs. et vous n’entendrez plus parler de votre infortuné et bien aimant voisin...» Demander les demoiselles en mariage par la fenêtre! en vérité, ce monsieur est sans façons.. Mais il y a un postscriptum... ( £//e /i'c;)vFour vous donner le temps de la réflexion, je vous accorde jusqu’à six heures du soir! » (S'arrêtant.) A la bonne heure, * au moins, il y met des formes... (Continuant.) «Avant de monter en voilure, je jouerai un dernier air de clarinette... a (S'arrêtant.) Ce sera tou-^’ chant... (Continuant.) «Que votre guitare me réponde, et je vole à vos pieds, car ses accords signifleront que vous consentez à m’accepter pour époux... Si au contraire je n’ai reçu de vous aucune réponse, quand l'heure fatale sonnera .. je monterai dans la diligence Laffitte et Gaillard... et la trompette du conducteur vous apprendra que je me suis expatrié pour jamais...)» {Elle cesse de lire.) Eh I mon Dieu, qu'il s'embarque pour les grandes Indes ou qu’il parte pour la Syrie si ça lui fait plaisir... Mais qu'il me laisse tranquille.
Elle ferme la fenêtre et va pour sortir.