ACTE I, SCÈNE III
L A PALIDH, descendAut.
Monsieur, cela ne se passera pas ainsi.
PIXGOLEY.
No (lis donc pas d'enfaotillage; tu sais bien, au contraire, que cela se passera ainsi.
LA PALUDË.
Vous abusez étrangement de ce que je ne suis pas un bretteur comme vous«
PINGOLBT.
Pas plus que tu n'abuses de ee que je ne suis pas un savant comme toi. — Tu m'écrases journellement de ta supérioiité; je me rattrape comme je peux.
LA PALUDB.
Votre vengeance est grossière.
PINGOLËY.
Tutoie-moi donc... tu as l'air de mon oncle.
* LA PA.LUOB.
C est qu'aussi tu m'as placé dans une situation mortifiante!
PINGOLBT.
C'est de bonne iruerre. Je n'ai pas l'outrecuidance de mettre mes avantages physiques en comparaison de tes deux cent mille livres de rente; et je ne peux rétablir la balance qu'en faisant tes preuves de vieillesse.
L A PA r l>K.
Do vieillesse!... Nous sommes du même âge au lund.
PINGOLBT.
Au fond, oui, mais pas dans la forme. J'ai gardé toutes mes prétentions, et cela conserve. Madame Bernier est femme à apprécier la différence.
LA PALUDB.
Madame Bernier?... Et qui songe à l'épouser?...
PIXGOLK V.
Parbleu! toi et moi.
• LA P ALU UK. ' *
Parle pour toi. *
PI N (; ) LHV.
C'est donc pour le mauvais motii que tu lui tais la cour?
LA PALUDE
Je te jure qu'entre nous il ne s'agit que d*amitié.
PINGOI.EY. '
Lo juro5-tu sur la part d'Académie des scienro^, sur ton Institut éternel? Alors jeté demande pardon de l'avoir laissé dans Tarbro. Je te prenais pour un rival, et voilà comment je les traite... Mais du moment que tu n'as pas de prétentions sur aile...
^ LA PALUDE
Tu penges donc sérieusement à Fépouser?
PlNCbLEY.
Il n*y a pas deux façons de penser à ces clioses-là.
' . LA PALUDE
Je croyais que ta voulais mourir célibataire.
PINGOLBT.
Moi aussi je le croyais! mais, que veux-tu? ma vie de garçon a faligué mon patrimoine encore plus que moi : il est horriblemctnt ratatiné, et le prix de,mes bonnes fortunes augmentant en raison de la diminution de mes charmes, je me trouve tout à l'heure réduit au plus $trict célibat — Tu vois, je t'ouvre mon -cœuri 0 Alfred! les araignées de la solitude commencent à filer autour de tqn ami' une seconde robe d'innocence que personne ne viendra plus déchirer... un plumeau, morbleu! un plumeau I
LA PALUDE
Ne compte pas sur madame Bornior; elle a horreur du mariage.
PINGOLËY.
Cela ne fait pas Téloge de son premier mari ; mais en m'y pre- . , nant poliment..
LA PALUDE
Madame Bemier n'est pas ton affaire. Elle est trop fringante pour toi.
PINGOLBT, «rMkt.
Qu'en sais-tu?
LA PALUDE.-
En outre, elle a contracté depuis son veutage des habitudes d'indépendance qui te feraient damner.
PINGOLBY.
Ne t'occupe pas de mon salut.