ACTE V, SCÈNE IV
MICHEL
Ta belle-mère?
PIB B RE.
ToD ami La Pialude, hargneux comme un chien tondu, depuis Bon échec à l'Institut.
MICHEL
Qu'est-ce qu'il t'a chanté, ce vénérable suborneur? ^
PIERRE. y
Il m'a d'abord fait un compliment assez jaune, sur ma décoration; ensuite, il 'm'a prouvé aussi not que deux et deux font quatre, que nous en serions pour nos frais de brevet, et qull n'y avait plus d'argent assez aventureux pour s'emparer de notre invention.
MICHEL
Tiens». tiens 1 voudrait-il l'acheter, le vieux maquignon?
PIERRE
Pourquoi ? Maintenant qu'elle est signée I... ^
MICHEL
' n aime la gloire, mais il se rabat vdontiers sur la monnoie I... « C'est un des coryphées de notre gentîlhommerie industrielle; il n*a pas trouvé ses million^ dans les bas de soie de son grand-père, le cher homAel et maintenant qu'il n'est plus distrait par ses vëlléités académiques, il ne doit rêver qu'à devenir une puissance financière ! ^
PIERRE
le crois que c'est sa vraie vocation : en tout cas, ce n'est pae la mienne.
MICHEL
Tu n'as cependant plus le droit d être si désintéressé, mon ami.
PIKHRK.
Je le sais bien; nfiais la fortuno viendra toujours assez vite, ya ! Elle est si taquine! Quand elle verra qu'on s'amuse sans e^le^ elle voudra être de la partie I ^ As-tu le coffret?...
£cco<o, sijjfnot*.
PIERRE
Groirals-tu que je n'en ai pas dormi ? — Un bijou I merci I
m L'N BEAU MAKI AGE,
MICHEL
Elle ne sotige pas que c'est aujourd'hui sa fêle ?
PI EJI RE axtniaani 1* coffret. .
Ahl bien oui! Y aarais-je songé, moi-inôine/saas toil Le bonheur se soucie bien du calendrier, ma foi ! — ;Mai» comment diable t*y es-Mi pris pour ne payer ça que quatre-vingts francs?
Je suis un fureteur, tu sais? L.es bibelots oi\t toujours elé de mon ressort 1
PIERRE, mootraat an bUlei de baiiq.ao y najestoeusentent*
Aurais-tu, par hasard, vingt francs à me rendre?
U I C H EL , MlaiB* le bUlet.
Pesle I du papier !
PIERRE
J'aunii touché plus dp sppi cents francs ce mois-ci ! — Comme * on tortille le bois , aujourd'hui! Elle serrera là-dodans tout son petit arsenal de femme, la chère déshéritée!... Ses ciseaux, son fil, ses aiguilles, jusqu'au j<Hir où j'y cacheriii. à mon tour, pour * qu'elle l'y trouve en clier( liant son dé, quelque bijou bien simple, qui me vaudra une gronderie et un baiser! Ya-t-,elle être contente! •
" MICHEL
Bt toi donc ?
PIERRE
Ah 1 moi, je suis trop heureux !... et, comme Polycrate, je jetterais mon anneau dans la rivière, sans la peur que j'ai du poisson qui rapporte (
MICHEL
Par l'eau c^ui coule, ces uiœurs-là sont perdues.
PIE RRË.
Mais comprends-tu cela t... C'est moi qui lui fais un cadeau : ce que je lui donne, c*est de moi, de mon industrie, de mes privations que je le tiens ; oui, de mes privations, si c'était me priver que de le faire pour elle. Depuis quinze jours, tel que tu me voie, je n'ai pas*toucbé un i^igare, pas pris une voiture, pas acheté une paire de gants ; je ne sais, dépense si minime que ]e ne me sois interdite en vue de cette babiole. Décidément^ les riches sont à