‹ Un biologiste canadienChapitre 13 sur 26 · DOCUMENTS ET PIÈCES JUSTIFICATIVES · texte numérisé non relu

DOCUMENTS ET PIÈCES JUSTIFICATIVES

LETTRE DE SAREAZIN A M. L’ABBÉ BIGNON (Pièces des Archives de l’Académie des Sciences, Paris)

5 novembre 1717.

Monsieur,

J’ai receus une lettre de monsieur labé Bignon qui me mande que messieurs de l’académie m’ont donné monsieur Réaumur pour correspondant. Comme je n’ai eu aucunes de ses nouvelles et que je ne sçai pas sa demeure, je prens la liberté d’adresser celle-cy pour lui à monsieur labé Bignon qui, je suis persuadé, le trouvera bon. Je lui ai cette année envoié un échantillon de la vache marine par un veau que jai disséqué qui étoit à moitié pouri. Je nai rien trouvé de particulier dans cet animal que larangement des vaisseaux du cœur. Encore ne saurois je rien dire de bien positif a cause de la pouriture. Jespère que ceux qui en font la pesche me forniront mieux cette année. En atandant je disséquerai le loup marin.

Il paroit icy une plante qu’on croit le geinseing de Tartarie ou de la Chine, que les sauvages ont trouvées et qu’ils ont données aux Jésuittes : ils en feront bien leurs comptes, et nous demeurerons dans la bâche, du moins moi qu’il y a vingt ans qui suis botaniste et à qui malheureusement cette plante a échapé.

Jenvoie au Jardin roial des racines vivantes de geinseng. Je prie monsieur Vaillant de vous envoier des racines desséchées afifin de vous rajeunir si vous est âgé, et de bien soutenir votre jeunesse si vous est assez heureux de letre encor. J’ai lhonneur detre très respectueusement, monsieur, votre très humble et très obéissant serviteur.

Sarrasin

A Quebec le 5 çbre 1717.

Ne soiez pas surpris, monsieur, si la lettre que jai lhoneur de vous ecrir est si déchirée. Je le suis moi meme au delà de l’imagination, par des maux de tete enragez. Depuis le 20 septembre jusquau vingtième octobre jai toujours eu 80 malades nouvellement débarqué à voir, jai coupé une fistule de lanus a une dame, jai disséqué tant bien que mal le veau marin. En bon françois je n’en puis plus, sans le mal que les Jesuittes tacheront de me faire quoique je les serve gratis depuis trente ans et comme mes meilleurs amis. Cependant je ne dis mot en ce pays.

LETTRE DU DOCTEUR SARRAZIN A M. DE RÉAUMUR (1) (Pièce des Archives du Séminaire de Québce, Fonds Verreau)

8 octobre 1718.

Monsieur,

Il y a un an que je receu de Monsieur l’abbé Biginon une patente de l’académis des Sciences par laquel il paroist qu’on y souhaitte que J’ay quelque correspondances avec vous pour les ouvrages auquel je peu m’appliquer dans ce pays, C’est bien de l’honneur, Monsieur, que l’on me fait et j’en ay toute la reconnaissance possible. L’année dernière, je n’avais qu’un morceau d’anatomie que j’envoyé à Monsieur l’abbé Bignon seulement pour lui faire connaître que je ne manquais point d’occasion de m’occuper car cet ouvrage était des plus imparfaits faute de sujet suffisant pour en pouvoir venir à bout parce qu’on ne peut h voir cette animal que L’esté et qu’il estoit desja tout pourry quand je l’ay receu ; on m’a promis de me le rapporter l’année prochaine, nous verrons si les prometteurs tiendront leurs parolles, j’ay travaillé cette année sur le Loup Marin, je suis persuadé que Monsieur l’abbé Bignon à qui je l’envoye vous en fera part

(1) L’original de cette lettre n’indique pas à qui elle est adressée, mais en la comparant avec celle qui précède on peut conclure que c’est bien à Réaumur. Pièce fournie par Mgr Gosselin.

pour en faire tel rapport à l’Académie que vous le jugerez à propos, surtout, Monsieur, un peu d’égard pour un anatomiste rouillé, si vous le traitez doucement il n’en travaillera qu’avec plus de courage quoiqu’il soit souvent accablé de malades et de maladie, j’ay l’honneur d’estre avec respect, monsieur, votre très humble et très obéissant soumis serviteur,

Sarrasin

De québec ce 8 octobre 1718.

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