POUR RÉPONSE A M. SARRAZIN
Il Serait a Souhaitter qu’on eût des dissections de toutes les especes d’animaux aussi exactement faites que l’est celle du rat musqué. les additions et les nouveaux éclaircissements qui ont été demande n’otent rien au mé-
rite des observations qui ont été envoiées, on les imprime actuellement et avec une distinction particulière qui a déjà été accordée une fois aux mémoires de M. Sarrazin sur le castor au lieu qu’on ne donne que des extraits des mémoires envoiés à l’Académie que dans l’histoire, ou ils ne peuvent pour être que très courts. L’extrait des observations sur le rat musqué sera dans les mémoires, ou elles seront mises dans presque toute leur etendue M. de Réaumur s’en est chargé.
M. de Réaumur s’est aussi chargé d’envoier a M. Sarrazin une loupe qui grossise considérablement ; et de faire venir de leyde une seringue a injections ou ce sont les meilleures on n’en trouve pas de bonnes a paris.
Quand on lui demande des plantes pour le jardin du Roy, ce ne sont que celles qui il pourra ramasser sans faire des courses que ses occupations ne scauraient lui permettre.
(Le reste des lettres roule sur les éloges de M et Mme Begon sur le paiement de 3 années de la gratification, sur la pension qu’il voudroit faire passer a sa famille).
M. l’abbé Bignon scait bien mieux que moy, ce qu’il faut repondre a ces articles (1).
(1) Il semble (lue l’abbé Bignon a passé à M. de Réaumur la lettre précédente de Sarrazin et que ce soit là une note de M. de Réaumur indiquant ce qu il faut lui dire.
Monsieur,
Je croirois toujours beaucoup manquer Monsieur, si ie me donnois pas L’honneur de Vous Ecrir pour Vous asseurer de La Soumission parfaitte dans Laquel Je suis toujours tant pour ce qui peut vous faire plaisir, que pour ce qui peut aussy En faire a ces messieurs de L’académie. J’envoiois L’été dernier L’achevement de L’histoire anatomique du Rat mus> que a monsieur de Réaumur, Je pris aussy La Liberté de Vous En Informer, mais Je ne scai si monsieur a receu ma Lettre, monsieur de réaumur me mande bien qu’il a receu tous les dessins que Je Lui ai Envoie, mais II ne dit pas précisément si c’est L’observation certaine que J’ai faites du comerce du Testicule avec L’Epididyme qui Est cette route que Je n avois pu Jusqu’alors découvrir II n’y a rien de si particulier dans tous les animaux connus. Et II n’y a que cette circonstance a placer dans ce qu’on voudra bien En Imprimer de nouveau tout Le reste ayant Eté raporté très juste Et très fidellement et très corectement par monsieur de réaumur, dont Je lui suis très obligé. Je ferai mon possible pour îevoii Le castor Je L’aurois fait L’hyver dernier, mais II a Eté si violent, ou plustost J’ai Lu tant de malades que Je n’ai pu tenir ma pai oie, Je feiai mon possible pour En Venir a bout aussy que pour vous assurer de La con-
tinuation de L’attachement le plus sincere Et Le plus parfait qui fust jamais aiant L’honneur D’Etre avec Le plus profond respect,
Monsieur
Votre très humble et très obéissant Serviteur
Sarrasin
a Québec ce 29 8bre 1729.
On nous assure icy que ce 11’est point faire sa cour auprès de monseigneur Le Comte de maurepas que de demander quelque Choze aussi n’ai Je rien demandé quoique dans le besoin.
Monsieur,
J’ai receus la réponse de la lettre que Je me donné Lhonneur de Vous Ecrire L’année dernière Je Vous suis très obligé monsieur des atansions que Vous avez bien voulu faire sur mes demandes. Je crois que personne n’a plus contribué à me faire paier d’une année de ma gratification (qui avoit été suprimée) que Vous monsieur. Je Vous En remercie très humblement Et Je Vous suplie très Instament de me continuer Les mêmes faveurs auprès de monseigneur Le Comte de maurepas, de qui j’ai receus une Lettre très gratieuse. Et qui veut bien me donner de grandes Espérances
pour L’avenir. J’en ai grand besoin. Je me regarde comme un laboureur qui est malheureusement tombé sur une mauvaise terre, qui travaille sans cesser qui a bien de La peine a vivre Et qui Laissera des Enfants pauvres, qui cepandant suivroient aisément une route D’honneur s’il m’étoit possible de Leurs donner L’éducation dont Ils pouroient profiter, parcequ’ils ont des dispositions propres a les bien recevoir.
Je vous Envois monsieur L’Eclaircissement que m’ont demandé monsieur de réaumur Et monsieur de Vinslow, touchant les parties naturelles du rat musqué que j’adresse a monsieur de réaumur jamais ouvrage ne m’a donné plus de peine ny fait aprocher du rebut que celui la. Car II est bien plus difficile de donner une aparance de vérité à Une chose douteuse que d’en parler quand Elle ne souffre aucune dificulté. Cepandant je crois L’Explication de mes doutes aussy probables, aussi Vrais que s’ils étoint parfaittement vérifié. Ils verront ces messieurs, si ce que je leur mande est capable de les contenter.
J’ai dis tout ce que j’ai pu dire de La membrane adipeuse pour ce qui concerne L’Ecartement de L’Epididyme du testicule n’est point si clair, cepandant Le fait aproche si sensiblement tout ce qu’on peut imaginer de vrai, que je ne doute plus du comerce du Testicule avec L’Epididyme.
J’ai suivant L'ordre de monseigneur Le Comte de Maurepas fait un mémoire très Instructif pour faire ramasser les graines des plantes de tous les postes que nous habitons dans L’Amérique par nos Canadiens : pour faciliter cette reherche. J’ai divisé les plantes en trois classes seulement. En celle des arbres, celles des arbriseaux et En celle des herbes. Afin de ne point trop confondre les graines des unes avec les autres, je Voudrois de tout mon coeur Etre En Etat de faire des Voiages dans tous ces pais, Je m’y suis offert autrefois, mais II n’y a plus moiens. Je ne saurais En faire davantage, J’aurois cepandant pu ramasser quelques graines cet Eté, mais J’ai été obligé de faire un voiage a monréal pour voir monsieur Le marquis de beauharnois qui Etoit tombé malade, mais cette maladie n’a pas Eu de Suitte. Si sa santé est délicatte son Esprit se porte bien Jamais homme de sa façon En Canada Eté plus aimé II seroit bien difficile que cela ne fust pas puisqu’il a le secret par sa grande politesse Et ses complaisances continuelles de gagner tous les coeurs. Vous avez monsieur aussy gagné tous ceux que vous avez Voulu gagnez Et Je Vous En suplie qui Vous Est tout acquis, mais En ma faveur qui Est Celui de monseigneur Le Comte de Maurepas Vous obligerai La personne du monde qui Vous Est La plus parfait-
tement dévouée. Et avec Le plus profond respect,
Monsieur
Votre très humble et très obeisant serviteur,
Sarrasin
à Québec ce 8 8bre 1727.
Monsieur,
Un de nos Vaisseaux En sen retournant En france Le mois d’octobre dernier toucha a quelques lieues de Québec. Il a Eté obligé dy relâcher ; Il y a passé Lhyver, Et part demain Le 4 de juillet, Je me serre de cette occasion pour vous assurer monsieur de mes profonds respects. Et Vous Informer de ce que j’ai reconnu dans Le rat musqué touchant ce qui ma arèté Jusqua présent En Egard a La communication qu’il doit y avoir du testicule a L’Epididyme. Je commencé L’automne dernier a découvrir un simple vaisseau, qui ne paroissoit que quelque chose un peu moins transparent, que la membrane même qui sort du testicule a 3 lignes de La partie Supérieure du Testicule même, qui Est tournée du côté de L’anus. Et qui Est apuiée sur La partie de La membrane adipeuse, ou II n’y a cepandant point de graisse Et Elle est si fine dans cet Endroit, Et Le vaisseau pareillement que c’est un pur ha-
sard comme Je L/aî apercuë II montoit de trois ou quatre lignes dans L/Epaisseur de Ea membrane, après quoi on ne Ee voioit plus dans ce temps la qui Etoit E’automne, parce qu’il Entroit dans Ea partie de Ea membrane, ou II y a de la graisse dans Eaquel Je etoit Impossible de Ee suivre ; Et par conséquent de Ee connoitre Juste cepandant du semblant ce qui me lit renvoier cette découverte au rhut prochain J’ai fait ce que j’ai pu J’ai même Ecrit en plusieurs Endroits pour avoir un rat musqué En Vie, mais inutilement, Enfin j’ai trouvé le printemps qui est le temps du rhut que le vaisseau montoit apuié comme je l’ai dit sur Ea membrane D’Environ quatre Eignes, Et En trois dans une substance glanduleuse couverte de graisse qui a Environ deux Eignes en superficie, qui de Eà tourne et descend vers E’Epipidyme et conduis tant En substance glanduleuse qu’en vaisseau très mince a Environ six ou sept Eignes. Et finit dans E’Epididyme même. Ce qui m’assure que le conduis Est celui qui y porte Ea Semence c’est que j’ai observé une pareille structure dans le rat domestique, Elle Est même plus aparante, En Egard au vaisseau de communication avec cette différence néanmoins qu’il Est plus court, Et plus gros; et sort de Ea partie supérieure et postérieure du testicule oposée a E’anus par dessus le bout duquel II s’ Elance, Et Vient finir dans Ea partie supérieure de E’Epididyme
a L’Extrémité Inférieure duquel les defférens pris sensiblement naissance.
J’ai fait dessigner cette observation que je crois La dernière pour ce qui concerne le rat domestique. Je Vous L’Envoirai monsieur par Le navire du roi si J’avois pu L’avoir double. Je Vous En aurois Envoié une copie dès a présent.
J’ai disséqué le porc Epy, mais II m’est Impossible de Vous En Envoier La description cette année. Je ny vois rien D’Extraordinaire que Les piquans. Les Vescicules séminaires, Et le fue qui n’a point de vescicules. comme je ne scaurois Ecrir à monsieur de réaumur parce que je Vaisseau part précipitament Je prens La liberté monsieur de Vous prier de lui communiquer cette observation. Vous obligerai monsieur Celui qui Est a L’honneur d’Etre avec une parfaitte reconnoissance, une Espérance parfaitte de Votre protection Et un très profond respect,
Monsieur,
Votre très humble et très
obéissant serviteur
Sarrasin
a Québec le 5 juillet 1729.