ANNEES DE PAIX ET D INCERTITUDE I
à iiiic lâche de ])lus en plus lourde el redoutable. On songea à envoyer Condé avec une mission spiîcialc ; on espérait que la présence d'un prince du sang en imposerait aux catholiques, que la parole de leur chef calmerait les réformes. Kn attendant, le roi signa, le
10 décembre, la (( palenlc ». (|ui domiait pouvoir à Monluc pour faire une encpiète sur les causes des troubles, de concert avec deux commissaires royaux, et, si besoin élail, de recourir à la force, de se servir des compagnies de gens d'armes en garnison dans la province et de lever deux ou trois cents arquebusiers.
11 « rejeta » tant qu'il put cette charge. 11 eût sans doute préféré vin autre gâteau, la succession de lîourdillon comme lieutenanl-général en Piémont, par e\em})le. La mission qu'on lui olfrait, plus lunnble, n'avait rien de séduisant, et il s'en rendait conq)le. Il était payé pour savoir qu'on ne songeait à lui que [jour les besognes ingrates. Mais il était ambitieux ; il ne })ouvait se faire à l'idée qu'il avait fini de jouer son rôle. Son frère, alors fort avant dans la confiance de la reine, dont il servait avec son ordinaire souplesse la politique conciliante, dut, en le persuadant, lui domier <[uelqucs sages conseils. Il accepta. Sa mission était, du reste, toute pacifique. On songea à lui adjointire 1111 ministre pour apaiser les esprits. Les deux commissaires envoyés pour faire le procès aux coupables, Nicolas Compaing et Girard, étaient comms pour leur tolérance et leur inclination aux ich'-es iiouNclles. Monluc demanda lui-même qu'ils fussent choisis « en France d, jugeant qu'il leur serait plus facile d'être impartiaux ([u'aux conseillers du i'arlement de Hor-
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deaux, dont il connaissait les sentiments catholiques. De son aveu il quittait donc la cour avec la volonté de ne recourir à la force qu'à la dernière extrémité.