I.i:s PUKMIKUS TUOLUI.KS
les liiii^iioinls irrlaiciil plus ([uv des rebelles el il ;i\;iil, <'ii sdiiiiiie, choisi (( sou meilleur ». M. de (Irussol, sou collègue, eu Lauguedoc, avait eu umiiis de llair : saus eud)rassor oinerlcmeut la lléioruie. il avait cru devoir la favoriser; il y gagna de perdre sa charge. « Il u'élail ])as grand Ihéologieu, jiou plus cpie moi. dira plus lard Moulue; nuiis j'en ai vu plusieurs |)ar dépit se faire de celle religion, el après il leur tombai! dessus, et ils s'en sont bien repentis. » 11 était allé, lui, au bortl du fossé, mais il sut n'y pas chuter. La (( patente I) ro\ale lui ordonnait de se rendie, avec Burie et les deu\ commissaires Compaing el (îirard, à Fumcl et à Cahors |)our > faire justice des excès commis par les huguenots et parles catholiques. Au début de février, il eut une entrevue à Sainl- Macaire avec Buric et le général des finances Portai pour régler les détails du voyage. Une discussion s'éleva pour savoir si l'on irait d'abord à Caliors, comme le voulaient les commissaires, ou à Fumel, comme le voulait Moulue. Son avis fut ad(.)plé. 11 fut le ])remier prêt. Taudis ([ue Burie s'attardait, retenu par les pluies et aussi par la nécessité d'attendre les effets do la jjublicatiou de l'édit de janvier. Moulue se met tout seul à la besogne. A deux lieues d'Kslillac, au \illage de Saint-Mé/.ard, les paysans, excités par l'avocat du roi de .Navarre à Lecloure, nommé N'erdier, avaient assiégé dans sa juaison k; seigneurde Uouillac. (pii a\ail prétendu les empêcher de rompre l'église el d'enlever les calices. Interprétant à sa fa(;on la I)alente royale, jugeant nécessaire de rassur<'r la noblesse gasconne en \ue de la guerre (pi'il sentait
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prochaine, d'intimider les officiers de justice et les gens de robe gagnés à la Réforme et de terroriser les audacieux vilains. Monluc mande à Saint-Mézard la compagnie de son gendre Fontenilhes, qui était en garnison à Beaumont-de-Lomagne. Lui-même se rend au village, le vendredi 20 février. Fontenilhes lui présente, garrottés dans le cimetière, le neveu de Verdier, deux autres et un diacre. Les consuls de Saint-Mézard témoignent qu'ils ont tenu des propos séditieux contre le roi. Sans autre sentence ni écriture, Monluc appelle ses laquais, deux bourreaux qu'il a amenés avec lui. Le neveu de Verdier est décapité sur le pied d'une croix rompue par les paysans ; les deux auties sont pendus à un ormeau voisin ; le diacre, un jeune homme de dix-huit ans, est fouetté jusqu'à en mourir. Cette exécution atroce eut un grand retentissement dans toute la province. Monluc, d'ailleurs, s'en glorifia partout.
Le mardi suivant, il alla rejoindre Buric à Clairac. Ils en partirent ensemble le surlendemain et arrivèrent le 2 mars à Villeneuve. Là furent exécutés le capitaine Morelet-Lauzette et cinq ou six huguenots d'Astallbrt que Monluc avait fait arrêter par Tilladet de Saint-Orens. Il en voulait à ce capitaine d'avoir mal parlé de M. de Lioux, son frère. A la faveur des trovdjles, il assouvissait une vengeance particulière. Le G mars, on était à Fumcl. L'enquèle et les arrestations commencèrent aussiti'it. On n'attendit donc pas les commissaires, qui, mécontents (ju'on n'eut pas> suivi leur avis, refusaient de quitter Cahors, d'où ils .soumettaient à hi reine une (li\ergencc d'opinion grave
LES PREMIERS T1U)1 lîLLS iG"
(|iii s'élait produite enire oii\ cl les capitaines sur liu- Irrprélatiôiid'uuarticle cl(> l'édit do janvier. Monluc, (jui avait, ou s'en souvient, provoqué l'envoi de Compaing et de (jirard, n'avait pas lardé à s'apercevoir que l'un et l'autre étaient proprement huguenots. Ne l'avaientils pas prouvé en refusant de passer par Bordeaux et de s'(Milendre directement avec lui ? De concert avec Bu rie, il demanda qu'on leur adjoignît deux conseillers au Parlement de Bordeaux, Jehan d'Alesme le vieux et Ainaud de Ferron, le jurisconsulte et historien. pt)ur enseigner à Compaing et à Girard le cIk iiiin qu'ils devaient prendre. En alt(Mi(lant, il iil xciiir d'Age'n le lieutenant criminel Antoine Tliolon. (Irjà connu pour son zèle calholicjue, et six conseillers au présitlial. (leux-ci, avec le prévôt général Gervais Ileraudcau, firent le procès à quinze ou seize prévenus (jui, le I I et le 12, furent (( défaits».
A Fumel un hon nombre de gentilshommes d'Agenais. ti'Armagnac, de Quercy, tic Périgord. de Bouergue et de Comminges, conduits par Louis de Garmaing, seigneur de Negrepclisse, vinrent trouver iîurie et Monluc, sans autres armes fpie leurs é])ées. Ils leur remirent une requête, signée de quatre mille deux cents d'entre eux, en les priant de la transmeltrc au ri>i. Ils y traçaient un tableau complet des cruautés, (I I)ires que les mahomélistes », exercées par les séditieux et les gens de la nouvelle religion, dénonçaient énergiquement leur dessein de réduire, sous couleur de religion, la noblesse en servitude, protestaient contre la mansuétude royale et l'édit de janviei-, demandaient ((u'on fil sévère justice du meurtre du
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baron de Fumel, el qu'on leur rendît la paix dont ils jouissaient sous François P', Henri II et François II. Cette démarche solennelle, première tentative de ligue catholique en Guienne, était le résultat de l'énergie déjà déployée par Monluc. Elle le confirma dans ses idées ; désormais, se sentant soutenu par l'opinion de la noblesse, il oubliera souvent qu'il est le délégué d'un lointain pouvoir central et conformera sa conduite aux vœux qu'il entendra exprimer autour de lui.
Le vendredi i3 mars, Burie et Monluc arrivèrent à Cahors. Au lendemain des troubles, un certain nombre de catholiques, tous gens de basse condition, avaient été enfermés dans les prisons de la ville et dans les châteaux voisins, en particulier à Assier, sur la requête de la dame du lieu, femme du rhingrave Jean-Philippe de Bade. Quant aux principaux coupables, ils avaient échaj)pé. Dès leur arrivée, les commissaires avaient demandé à la reine el à L'Hôpital une provision plus ample pour les faire rechercher. Ils avaient, entre autres, fait arrêter le chancelier de l'évêché, Manfrède de Bieule qui. avecl'évèque Bertrandi, les chanoines et un Crémonais depuis longtemps lixé à Cahors, avaient entravé les premiers prêches. Burie et Monluc ii'eiirent pas de peine à constater que ces arrestations avaient |)roduit le plus dé[)loral)Ie effet sur la noblesse du pays. Ils dénoncèrent à la reine Compaing et Girard comme huguenots et demandèrent que des pouvoirs éganx fusseni donnés à d'Alcsmc et à de Ferron. Monluc eut une altercation violente avec le protonotaire Geoffroy de Caumont, abbé de Clairac, l'un des chefs du parti réformé. Il Ini reprocha d'endurer (|uun ministre
LES PKEMIEUS TKOl HII.S | (!((
pailàl chc/ lui, en chain*, coiilic le roi. (liumionl le nia et le pria de se mêler de ses allaires. Moriluc l'aillil lui sauter dessus, la dague à la luain ; l'aulie lit uiiiie de tirer son épée ; j)eu s'en fallut (|u'on n'en \inl aux mains.
Ce n'était (|ue le début de la « procédure de Caliors ». Madame d'Assier connaissait Moulue de réputation : elle lui fit offrir dix mille francs s'il laissait la justice suivre son cours. La proposition lui ag^réa d'abord ; mais l'arcliidiacre lledoul, clie/ cpii il logeait, lui expliqua comme quoi les amendes que les commissaires avaient résolu d'indiger aux principaux coupables iraient, non au roi. mais au rbingrave. Cela le refroidit ; il vit le piège (pidn lui Icrulail. D'autre part, plusieurs dames. ])arentes de M. de Hieule, le suppliaienld'intervenir pour lui. Son intérêt étant d'accord avec son goût personnel pour le métier de sauveur, il dit à tous ces gens : « Ne nous mettez point en mélancolie ; laissez-ujoi faire. » Le lendemain, il se rend chez Buric. 11 le trouve assis avec les commissaires, les sacs du procès sur la table. 11 prend une escabelle et écoute Compaing qui, après avoir discouru longuement, met la main au sac pour en extraire l'arrêt tout préparé, lîurie se tait. Moulue interpelle le commissaire royal ; il a une question à lui poser. L'autre veut commencer sa lecture. Moulue déclare (pi'il le tuera s'il le fait axant de lui axoir répontln. Il lui l'ail avouer ([uc les amendes dni\enl être ré[)arlies sur la ville, l'églisi; et la justice de Cahors. Ht là-dessus : « O mécbani paillard, lui crie-lil, Iraîlri; à Ion roi, lu xciix ruiner une x illr (|iii e>t an
lyO BL.IISE DE MONLUC
Roi, pour leproiil d'un particulier. Si ce n'était la présence de M. de Burie, qui est ici lieutenant de roi, je te pendrais, toi et tes compagnons, au\ fenêtres de cette maison; car j'en ai pendu une vingtaine qui étaient plus gens de bien que toi. » Les commissaires épouvantés gagnèrent la porte. Monluc avait sauvé, non pas la ville entière, mais simplement un gros personnage compromis dans le massacre du lO novembre, et a])parcnté à plusieurs seigneurs du pays. Il s'était aussi donné le plaisir d'humilier deux robins devant les nombreux capitaines présents à Cahors. Sa popularité n'y pouvait rien perdre.
C'est aussi de Cahors qu'il adressa, le 20 mars, par son fils Peyrot, au roi de Navarre et à la reine un de ces mémoires où il aimait donner coi^ieusement des conseils. Se fondant sur ce fait que le nombre des^ adhérents de la religion nouvelle était inférieur en Guienne de plus du dixième à celui des catholiques romains, il observait qu'il était temps encore de les exterminer. Il suffisait de lui donner pour deux ou trois mois quatre cents arquebusiers de plus, d'ordonner que les bourgeois des villes et les paysans fussent désarmés, de faire exécuter quatre ministres, auteurs de tout le mal, d'enjoindre aux autres de vider dans dix jours le royaume, et de punir quelques notables dans les villes. Ces remèdes préventifs et énergiques étaient simples, sinon d'une application facile; on y reconnaissait la métliode nrdinnire du ^ieux routier d'Italie, proiu])! à faire jiuior la corde. Ces conseils avaient, d'ailleurs, quel([ue chance d'être écoutés au moment où se constituait le triumvirat. Le
LES l'iiEMiKus 1 iu»riii,i;s i-r
coiiiirlablc clic roi do "Navari'c se ra|)|)n)cliaionl du duc de (îuiso pour faire face au dauber citiuMiuii.
L(- 1" a\ril. Moulue rc\inl seul à l'^uuicl pour y situer l'ancl ticfluilif. I)i\-ucuf coupables, el non. connue il s'en csl Nanlé, Irculc ou quarante, fureul exéculés. Puis ils'aclicuiina a\ec iîuric \ers A ill(>franche-de-Roueriïue. Ils y liou\»''rcnl le cardinal d'\rmagnac. Les iuiguenols, à rapproche de leurs deux mille chevaux el de leurs ar(|uel)iisiers, avaienl é\acné les églises el rétabli même les aulels par eux renversés. Le culte catholique fui restauré, quatre ou cinc^ séditieux exéculés. Les compagnies de llandan, de La Vauguyon el de Jarnac \inrent renforcer celles de Burie eldeMonluc. A ce monuMU Uance, secrétaire du loi de Navarre, api)orla la nouvelle ([ne le prince de (londé avait pris les armes el s'était saisi d'Orléans, le 2 avril. La guerre ci\ile élail déclaiée. Monlnc n'en fui |)as surpris. 11 était informé des projets de Coudé, cl ceci explique qu'il ne songeât plus à ménager Conq)aing el Girartl.
Au lieu de déférer au désir du cardinal d'Armagnac el de se rendre à Milhau, Burie et Moulue jugèrcnl plus prudent de revenir en arrière cl de prévenir la révolte certaine de Monlauban. Ils se dirigent ilonc vers Saint-Antonin. La population de Monlauban, prise de panique, s'eid'uil à l'approche de leurs fourrieis. Mais à Sainl-Antonin, 1(> lundi :m) avril, ils apprenneid qu'Agena été surpris dans la nuit du lOaii 17 |)ar uni' bande de huguenots, commandée par le capitaine Truelle. C'est à leur tour d'avoir peur: Burie trend)le pour Bordeaux, Moiduc pour ses maisons. Ils re\ien-
nenl donc à marches forcées par Brassac et Lauzerte, puis, trouvant tout révolté, remontent vers Penne. Yilleneuve-d'A<ien leur ferme ses portes. Ils descendent vers la Garonne et se séparent à Galapian, près de Port-Sainte-Marie. Monluc, après avoir rallié la compagnie de Termes, vient camper à Lafox, en vue d'Agen. C'est là sans doute qu'il reçut une lettre de Charles IX qui lui ordonnait de le rejoindre en diligence avec la compagnie de Termes, la sienne et six enseignes de gens de pied, dont les commissions lui étaient expédiées en blanc ; il devait éviter Orléans, franchir la Loire à Xevers ou à La (charité, voler au secours de la couronne et du roi menacés.
Il n'obéit pas. La situation de la Guienne, encore ignorée à la cour, le lui défendait. II se borna à répartir les six commissions, dépêcha au roi le capitaine Conseil pour l'informer que toute la province, sauf Toulouse et Bordeaux, était soulevée, puis, après avoir franchi malaisément la Garonne, mit sa compagnie à La Sauvetat-de-Gaure et se retii'adanssa maison de Saint-Puy. II y fut sérieusement inquiété : une bande de cinq cents hommes vint d'Agen pour le sur- |)r('n(lre. L'affaire manqua par l'impéritie du chef huguenot Jean Memy. Une véritable panique s'était emparée de toute la noblesse catholique. Monluc, réduit à l'impuissance, se bornait à surveiller Agen et. de concert avec Burie, excitait en sous-main la population pour qu'elle obligeât les hugenots à évacuer la ville. Il envoya aussi Charry pour occuper Puymirol, mais la tentative avorta : les gens de Charry furent défaits par ceux de Penne et de Monllanquin.
LES rUEMlEUS TROIBLES 1-3
Lo désarroi \o plus coinplcl rrijnaif. Les pontilshoiiinies fioscons, (hnaiil le jx ril ('(nnimiii, n'étaiont pas même unis, l'oiir apaiser une querelle particulière entre deux d'eiiire eux et aviser aux moyens de marcher contie les réformés d'Aii^en, de Nérac et de Lectoure, Moulue se rendit à Faudoas, où la noblesse du payss'étail réunie. Il y reçut, lesamedi 9 mai, après dîner, un CDurricr vinatit de Cahors, (jui lui appoilail un renvSeif.nienient d'une extrême gravité. Un genlilliouime venant d'Orléans annonçait (\uo les capitouls de Toulouse avaient promis de livrer la ^ille au prince de Condé le t8. ■Monlnc coninimii(|ue la nouvlle autour de lui, et la transmet aussitcH au premier président du Parlement de Toulouse, Jean de Mansencal. Le lundi 1 1, il est de relourà Sainl-Piiy. Il y trouve des lettres du vicaire «général AI[)lionse et des consuls d'.Vucli. (jui rinl'oiniciil qu'il y a du désordre dans la ville et que sa présence y est nécessaire. Le lendemain matin, il monte à cheval avec son gendre Konteiiilhes et pique droit à Auch. V Cézan, à une lieue de Saint-Puy. on lui remet la réjiouse de Mansencal : la cour, jugeant ses avertissements véritables, le priait de venir secourir Toulouse. 11 fait halte sous un orme, à l'entrée du village, et répond qu'il va y envoyer la compagnie de Termes, qui est en garnison à Pessan. 11 arrive à Aucb à une heure de l'après-midi. Tout en mangeant, il dicte des lettres pour Pierre de Bellegardc et le capitaine Masses, lieutenant de la compagnie de Termes, alin qu'ils partent eu poste se jeter dans TouUnise. A|)rès avoir pacifié Auch, il revient à Saint-Puy. Il y reçoit le lendemain une lettre de Terride, qui l'informe que
huguenots de Toulouse ont occupé, le lundi 1 1, vers les jicui" heures du son-, le Capitolc.
Tandis que Terride et Charry harraient la route au secours que d'Arpajon amenait de Monlauban, tandis que Bellegarde, le baron de Clermont etle capitaine Corne, de Condom, entraient dans Toulouse, Monluc se rendait de Saint-PuY à Faudoas. Le samedi i6, il en partit avec son gendre Fontenilhes, son neveu Leberon, La Mothe-Gondrin et une troupe de noblesse. Dans la matinée du dimanche, il quittait Daux, en route pour Toulouse, où son arrivée prochaine était annoncée et où on lui préparait ses logements. La veille, le combat qui, depuis deux jours, ensanglantait les rues, avait cessé, et une trêve jusqu'au lendemain midi avait été conclue. La venue de Monluc décida les réformés à quitter la ville. Le soir du dimanche, une demi-heure avant le coucher du soleil, on les vit tous sorti i'. Four([uevaux lit tenir longtemps les portes fermées pour favoriser leur fuite ; ils furent pourtant fort maltraités par la compagnie de Termes. Le lundi matin i8, vers huit heures, Monluc entrait dans Toulouse par le faubourg Saint-Cypri(>M. Ses gens d'armes furent logés au Kaucoii, au Cheval-Rouge et au Dauphin. On mit à sa disposition la maison d'un capitoul protestant, Pierre du Cèdre, sieur d'Assczat. Cet hôtel, l'un des plus beaux de la ville, lui plut sans doute ; un an plus tard, il demandait à la reine cju'on lui en fît don.
Toulouse était loin d'être pacifié. La soldatesque qui venait d'y entrer entendait la traiter en ville prise. Tandis que le Pai'lcmcnt installait les nouveaux capilouls et commençait les procès du viguier Portai,
T.ES l'UEMIEUS THOLBLKS I -,)
dos conseillers el dos capi louis suspects de nouvelle religion. Monluc s'occupait uniquement avec Terridc de faire la niotitre dos gens do guerre coriconlrés à Toulouse, d'enij)orlier le pillage ol do chàtioi- les soldats qui s"on rendaioiil cnupahles. Il reçut alors les inslruclioiis royales du S mai. qui l'aiilorisaiont à se meltro au\ champs, à assembler la noblesse du pays et l'arrièro-ban, à enq)runler à Bordeaux l'artillerie nécessaire*. Il api)ril en niouK* lonq^s une désagrraltio uou\ello : à la ((Hii-. où ties bruits lendaucictix cuuraicnl sur lui depuis (pi'il a\ail changé d'allitude. on avait tlécidé de le destituer et do le remplacer par d'Escars. Cette disgrâce inalloiiduo élait-olle une des conditions do la roconcilialion des (luise el du coimétablc !' l>o \iou\ Montmoroncy a\ait-il exigé ((iie Monluc lui sacrifié ? Son dépil et sa colère furent grands. Au lendemain dnn succès éclalanl. au moment où il venait de consiTxcr au roi une doses bonnes villes, à l'heure où il pon\ait eidin ('lendiela main \ors celte lioutonance do Guienne tant con\oilée, tout son rêve s'écroulait. 11 oxjiédia aussitôt un courrier pour faire connaîli'o au loi le grand service (pi'il vcnail de rendre : n'était-ce passa moilhMiro juslilicalion ■' Il ne se bomail pas, d'ailleurs, à se défendre : il attaquait et dénonçait sans ambages les symj)athies de Burie pour les réformés. A la reine il écrivit une lettre pleine d'amoilumo : il faisait valoir ([u'il ne louchait pas un sol \)n\iv la peine (piil |)ronail. se plaignait qu'on ne fît aucun cas dos gens do bien, à un moment où l'on eut dû les acheter à prix d'or, et terminait en demandant son con-ré. Celte lettre, habile dans sa vio-
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lencc, produisit l'effet qu'il en espérait. Quand la reine connut les événements de Toulouse, elle jugea impossible de donner suite aux exigences des ennemis de Monluc, et d'Escars dut attendre une occasion meilleure de satisfaire son ambition.
Le vendredi a-? mai, Monluc empruntait à l'arsenal du Capitule deux canons, deux coulevrines et des boulets. Il les destinait à aller faire le siège de Lavaur et de Castres. Mais il cbangea de dessein et préféra marcher sur Montauban, que les deux chefs huguenots Arpajon el Marchastel étaient revenus occuper en forces. Le lendemain, il quittait Toulouse avec Terride. Le dimanche, sa cavalerie était en vue de Montauban. Après avoir campé à la porte du MoTistier, il envoya aux syndics un trompette pour les sommer de se rendre. Sur leur refus, il franchit, le lundi soir, la rivière du Tcscou pour tenter d'enlever la porte des Carmes. 11 fut vivement repoussé et son cheval blessé près du guichet. Le mardi, devant l'énergique résistance du syndic Jean Laboria et des capitaines Constans et Saint-Michel, il levait le siège. Avec les huit ou neuf cents hommes qu'il avait, il ne fallait pas songer à prendre MontaubaTi. 11 renvoya donc l'artillerie à Toulouse et s'en revint en Gascogne pour pourvoir à la sûrelé du pays et essayer de reprendre \gen.
La situation dans cette Aille était des plus curieuses. Agen était au pouvoir d'une bande depuis le 17 avril. Les notables catholiques avaient été emprisonnés ; mais, depuis le 7 mai, les luignenf)ts avaient modifié leur attitude. Obliges par Arpajon, exécuteur des