‹ Un cadet de Gascogne au XVIe siècle, Blaise de MonlucChapitre 22 sur 38 · ANNEES DE TUEVE. — LES SECONDS TROUBLES ■? I I · texte numérisé non relu

ANNEES DE TUEVE. — LES SECONDS TROUBLES ■? I I

vraiscmblahlc que Moriluc cùl tenu les projjos (|n'(iii lui pièiait sur la reine peiil-èire, sur Jeanne d'Albret à (■(iu|) sur et aussi sur- le concile. (^)uant à ses relations avec l'Espagne, il n .nail sans doute nullement pris l'engagement formel dt^it on parlait, mais il s'était proposé comme informateur à Phili[)[)e II et très probablement il avait obtenu d'être inscrit au nombre de ses pensionnés. Son démenti sur ce point était d'une belle effronterie.

Pour mieux pr()u\er le bien fondé de l'accusation, Rapin s'était volontainnuent constitué prisonnier. La (îravière. maïuh' à la cour et confronté avec Marchastal, nia lesj)rop()S qu'on lui avait prêtés et déclara que les accusateurs mentaient par la gorge. Ils avaient, du moins, commis une grave maladresse en jetant le nom du roi d'Espagne dans le débat, et Monluc l'avait habilement soulignée en publiant partont sa réponse. II bénéficia de cette imprudence. Catherine dut craindre un incident diplomatique. Elle se déclara satisfaite des démentis de Monluc et du sénéchal de Quercy et elle étoulla l'affaire. Monluc fut invité simplement à envoyer une justification plus détaillée. Le texte en fut soumis à l'évèque de Valence, qui se chargea probablement de le reviser, et l'accusé sortit blanc comme neige de cette dangereuse intrigue. Une instruction fut ouverte contre Rapin, mais pour la forme. Le cardinal d'Armagnac, Monluc, Mirepoix, Terride et Negrepelisse, qui avaient pris jiart à la réunion de Grenade, écrivirent à la reine poui' demander une réparation exemplaire, qu'on négligea de leur accorder. Rapin fnl remis en liberté. Quant à Monluc, l'aifaire apaisée, il

redressa plus fièrement la tète et reprit sans aucun remords sa correspondance avec Philippe II et les Bardaxi ; quelques mois plus tard, il suggérait l'idée d'une entrevue entre le roi d'Espagne et Catherine de Médicis, où seraient prises toutes les dispositions pour rétablir la paix en France en y étouflant l'hérésie. Ce projet, auquel Philippe II fit bon accueil, prit corps l'année suivante à Bayonne.

Tout en se débattant parmi ces graves affaires, Monluc administrait de son mieux sa province. 11 y faisait appliquer l'édit et sa fermeté produisait une sensible détente. Agen souffrit moins, durant l'année i563, des discordes religieuses que de la peste et de la famine, qui le désolèrent. Le lieutenant du roi avait fort à faire surtout pour rassurer les populations. Agen et Auch redoutaient toujours une nouvelle surprise des huguenots, et Monluc devait se fâcher pour qu'on ne murât pas les portes à tout instant. Vers le milieu de i5GZ|, il s'aperçut que les réformés recommençaient à remuer. Il prit aussitôt des mesures énergiques : à Agen le prêcheur Barelles et le procureur au présidial Pierre Lagrange furent arrêtés et jetés en prison ; un ministre fut pendu à Villeneuve. Ces rigueurs n'eurent d'autre effet que de réAeiller les colères assoupies. Monluc écrivit à la reine que les séditieux redevenaient redoulaljles ; sa vie était menacée ; il demandait <[u'on lui rendît sa garde, qui avait été cassée. La cour n'eut pas souci de cet avertissement. Furieux, il écrivit aux consuls d'Auch qu'il ne se dérangerait pas pour aller rétablir l'ordre dans leur ville. Les choses se gâtaient de nouveau en (luienne : il était

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temps que lo jeune roi, qui avait commencé son grand voyage à travers la France, vînt s'y montrer.

Monluc était malade lorsque, en décembre i564, on apprit (jue la cour approchait. La nouvelle le remit sur pied. Le i""^ janvier i5G5, il partait d'Agen, se rendait à Montauban, visitait les fortifications de la ville, et. malgré les instances des consuls, en ordonnait la démolition, conformément, du reste, aux lettres patentes que le roi lui avait expédiées d'Arles, Vers le lô, il arriva à Toulouse. Charles 1\ y fit son entrée le 2 février. Monluc dut être parmi les chevaliers de l'ordre qui le précédèrent. Il alla baiser la main à la reine, qui le rerut dans sa chambre et lui conta, en présence des cardinaux de Bourbon et de Guise, que, le soir de la journée de Dreux, croyant la bataille perdue, elle avait tlélibéré de se réfugier avec son fils en Guicnnc. Le pro[)OS le flatta ; d'autres lui furent moins agréables à entendre. Pour répondre à un iiouNcau réquisitoire de Jeamie d'Albrel. qui lui re[)rochail d'avoir tenté de favoriser un projet d'enlèvement de son fils, et pour donner à la cour une idée de son prestige et de sa popidarité en Guyenne, il avait imaginé, malgré les ordres formels de la reine, de se faire accompagner à Toulouse d'une grande suite de noblesse. 11 fut sévèrement blâmé. L'affaire fut grossie et il fallut que l'évèque de ^ alence s'cnlremil pour réparer celte maladresse. La reine fut peu satisfaite aussi de son administration. Elle jugea que son altitude passionnée ne lui donnait pas l'ankirité suffisante pour réprimer certains excès commis à Sainte-Foy et à Bergerac. Une ordonnance royale, signée le i" mars,

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en chargea spécialement le maréchal de Bourdillon. Pour panser la hlessure qu'elle faisait à son amourpropre, Catherine le nomma membre du conseil privé.

Le 2 mars, Monluc a^ait quitté Toulouse et était revenu à Agen pour y préparer la réception du roi. La ville était en grand émoi. Les coûteux préparatifs étaient achevés. Pour faire face à la dépense, les consuls avaient dû s'endetter. Monluc n'avait pas dédaigné de se faire leur banquier : très généreusement, il leur avait ouvert ses coffres et prêté quatre mille livres en pièces d'or, à dix pour cent. 11 resta à Agen une huitaine de jours : le 12 il en repartit et alla à Montauljan attendre le roi et la cour. Il assista à l'entrée solennelle de Charles IX le 20; puis, tandis que la formidable escorte royale, régiment de gens de pied de Strozzi, compagnies d'hommes d'armes et de chevaulégers, litières, coches, chariots, bêles de charge, filait par la route de terre, il prit place avec le roi et sa suite sur la maison navale offerte par les capitouls de Toidouse, qui accosta, vers les trois heures de l'aprèsmidi, le vendredi 28 mars, un peu en amont d'Agen. 11 lit })artie du somptueux cortège qui, sous les étoffes tendues, par les rues tapissées de verdure, au son des cloches, au bruit du canon, se rendit à la vieille basilique de Saint-Etienne. Le cHmanche 20, premier jour de l'an, en dépit de l'ordonnance (pii venait de fixer au i'"^ janvier le commencement d(> l'année, le jeune roi alla au cloître de Saint-Ktieiuie toucher les écrouelles. La matinée ne suffit jioini. Il revint l'après-midi, entendit les vêpres et le sermon. Après quoi, il daigna

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;n(H' la reine tenir sur l(>s fonts la lille aînée du second niaiiage que Monhic a\ait contracté, le 3i mai lôtJ'i, en son château (l'Eslillac, avec Isabeau-Paule de lîeau- \ille, d'une des plus anciennes familles de l'Agenais, lille de feu François de Beauville et de damoiselle (llaiic de Souspez, douairière de Lartigue. L'enfant reçut, comme toutes les filles tenues sur les fonts |)ar les souverains, au cours du voyage, les prénoms de ("Jiarlotte-Catherine. Les « balizailles » faites. Leurs Maj(^slés, accompagnées des cardinaux de Houibon cl (le (iuise et de leur suite, allèrent rapjjorler l'enlanl an logis du père, où une collation était pré})arée. Ce lui une glorieuse journée pour ^lonluc. Llle lui fit oublier ses déboires, anciens et récents. D'aulre part, l'honneur fait à leur grand homme flatta singulièicr{Mn(Mit les Agenais.

Le :>.- mars, la cour cpiittaiL Vgeii, en route pour Bordeaux. Alonluc ne la sui\il pas ; il ne la rejoignit <iue dans le courant d'aNril. Il ciim|)tait l'accompagner à lîavonne et il faisait xenir d'Kstillac ses grands che- \au\ pour le voyage, hc roi partit le ,'5 mai de Hor- <leau\ ; Moulue y resta apiès son dé[)art. 11 le lejoignit à Monl-de-Mai'san. où l'un s(''jonnia une (piinzaine <lejours. Kn sa (pialil('' de mcmhr*' du conseil j)rivé, il assisla. le i8, à la r(''unioii où la reine, ('mue ;"i la nou- \elle (pie les partisans des (înise a\aient formé \me associalicju contre les Montmorency, fit dresser une déclaralion id\ale inli'rdisant joules ligues comme iontraires à l'édil de pacification, et la fit expédier, |)our ètic signé(\ à tous les seignems tlu royaume. Moulue i'iil (le ceux (pii conseill("'ient cette mesure.

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Elle n'eut pas, d'ailleurs, l'heureux effel qu'il en attendait. Son nom, mis en avant, porta malheur au projet ; personne, parmi les réformés, ne voulut croire qu'une entreprise suggérée par lui pût tendre à la paix. La querelle des Guise et des Chàlillon ne fut apaisée, en apparence, qu'à Movdins.

Le 24 mai, la cour, après avoir, comme partout sur son passage, affamé le pays, était à Tarlas. Alonluc resta encore en arrière. Il la rejoignit à Bayonne. A son arrivée, il remporta ime grande victoire : le 1 r juin, quelques jours après qu'on eut appris la mort du vieux Burie, le roi signait des lettres lui conférant la licutenance générale de toute la province ; on y joignit, le 2/|, des lettres de vice-amiral de Guienne. Il avait su, suivant le mot de d'Aubigné, (( effacer de son lustre toutes les plaintes qu'on avait faites de lui ». Grisé par cette faveur, il se laissa aller à vouloir jouer un rôle dans les conférences de Bayonne. N'était-ce pas lui. d'ailleurs, qui les avait suggérées ? Le duc d'Albc, qui le connaissait, ne lui ménagea pas les embrassades, le félicita de son œuvre. Il répondit ])ar de brûlantes protestations de dévoûmcnt et remit au ministre espagnol lui grand mémoire où il exposait, à sa fa(;on, l'état de la Krance et les moyens, d'ailleurs pacilif[ues, d'y rétablir la paix religieuse. Que fallait-il poui- cela ? resserrer l'alliance espagnole, écarter le chancelier, restreindre les avantages de Ledit d'Amboise aux seuls sujets du roi qui étaient de la religion au momeiil où il fui ])romulgué. Monluc était convaincu (pie c'élail l.'i le seul moyen d'éviter de nouveaux troubles, (pii hii paraissaient, d'ailleurs,

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imniinenls.Sa politi([uo, si elle eût triomphé, n'eût l'ail, sans doute, que les précipiter. Au milieu des all'aires sérieuses, les fêtes et les plaisirs ne chômaient pas. Le nouveau lieutenant général y joua dignement son rôle. Le mardi 19 juin, il fut. avec son vieil ennemi le connétahle et six autres grands personnages, juge du camp pour la course de hagues. On put le voir dans le cortège, que précédaient six trompettes et six cornets. 11 était vêtu d'une casaque de tahis d'or sur soie rouge cramoisie, chamarrée de passements d'or, d'un pourpoint de taffetas l)laric rayé d'or, de chausses de satin l)lanc rayées de même, ornées de franges d'or et bouillonnées de satin blanc rayé d'or et de soie incarnat. Sur la tète il avait un ciiapeau de velours cramoisi. Il figura, avec un costume diilérent, mais pas moins somptueux, à la grande parade qui eut lieu le lundi aô. 11 fut aussi témoin de ces feux d'artifice, de cette comédie à l'italienne, de ces tournois où les rites chevaleresques s'alliaient, de la façon la plus curieuse, aux allégories mythologiques et qui firent des fêtes de Bayonne un de ces moments rares où l'historien peut se donner le spectacle de la société polie du xvi° siècle confondant dans ses goûts les vieux usages du moyen- Age avec les fraîches nouveautés de l'Italie, de la Grèce et de Rome.

Un (( scandale » survemi à Montréal rappela précipitamment Alonluc en (londomois. Il y trouva rpie le prévôt du luaiéchal de Bourdillon a\ail l)ien l)esiigné en son absence et rencontra près d'Kstillac l'ambassadeur du Grand-Turc, retour de Hayoïme. qui lui donna des nouvelles du siège de Malte et lui proposa de por-

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1er sesleltres à son fils Jean, le chevalier. 11 s'excusa fort auprès de lui de ce que le portier de la ville de Condom, pour n'avoir jamais vu gens de cette sorte, lui avait refusé l'entrée. La cour revint par Dax et Mont-de-Marsan. Monluc dut se trouver, le 27 juillet, à l'entrée du roi à Condom, et le lendemain à Xérac. Il le rejoignit, en tous cas, le 3 septembre, à Saintes et le suivit jusqu'à la Rochelle. Il s'en retourna vers le lô. Le passage de la cour, loin de pacifier la province, avait ranimé les espérances des réformés. A'ers Clairac et Tonneins, ils faisaient la nuit de grandes courses ; ils se rassemblaient aussi autour d'Agcn. Les informations des consuls de diverses villes devenaient tous les jours plus inquiétantes. Monluc ne dormait pas. 11 écrivait aux consuls d'Ag'en, aux maire et jurais de lîordeauv de faire bonne garde; il se transportait à Lectoure pour s'assurer que tout y était tranquille ; il allait, en décembre, faire une tournée en Quercy, avec le procureur général au Parlement de Bordeaux Label, pour faire observer l'édit. 11 informait la reine de tout ; mais elle ne voulait pas le croire. Comment admettre que le grand voyage dont elle avait tant espéré aboutît à une si prompte faillite ■' Au début de janvier loOG, l'alerte semblait apaisée. Monluc en profita pour faire une entrée solennelle dans Bordeaux, sa nouvelle capital(\ (ju'il ne complail d'ailleurs pas habiter. Les jurais lui envoyèrent à Langon un bateau tapissé ; sur le ])ort et havre de Bordeaux ils le reçurent, et le conduisirent à l'hôtel qui lui avait été préparé. Le successeur de Bnrie preiiail possession de sa charge avec éclat. Il icNint à

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Bordeaux fin mai, pour M)ir les grands navires (|uc le capitaine Peyrot y a\ail rc'unis en vue du niysléricuv voyage d'oulre-mer, qu'il préparait depuis plusieurs mois. Puis il se rendit à Périgueux : il y fut reçu avec de grands honneurs, présida les Etats de la province assemblés pour l'extinction du subside mis ])our l'abréviation des procès, constata le misérable état de la sénéchaussée et demanda à la reine d'y porter remède. Il souhaitait aussi que l'on ouvrît des roules en Agenais, en Condomois et en Armagnac. Mais le moyen de songer à ces oeuvres de paix alors que les garnisons n'étaient pas payées et qu'on annonçait de nouveaux troubles du cùlé de Foix et de Pamiers !

Le capitaine Peyrot. se voyant inutile en France, avait formé le prt)jet d'aller sur mer chercher aventure. Il ignorait d'abord où il irait. Il faillit accepter les offres du roi de Danemark, (pii lui proposait de l'aider dans sa lutte contre la Suède. 11 se tourna ensuite du côté de Philippe II. Finalement, après avoir pris l'avis de Coligny, il décida d'aller sur la côte occidentale d'Afrique troquer avec les Mores une pacotille, dont le bénéfice lui permettrait de rembourser les frais de l'expédition ; après quoi, guidé par deux pilotes portugais, il se lancerait à la recherche des teries nouxelles. Le vieux Monluc s'intéressa très particulièrcuiciil à l'entreprise. Son fils Jean était parti déjà pour la croisade contre les Turcs. Il fut fier de voir ((ue Pcyrol et son cadet Fal^ien. cpii l'accompagnait, étaient, eux aussi, incapables de se contenter « de manger la soupe grasse de leur père ». Il contraignit les consuls d'Agen à leur fournir du pain, du \in cl des gabares. 11 \int à

Bordeaux poiir présider aux derniers préparatifs et assister à l'embarquement. Sous ses yeux, le 28 août, 800 hommes, dont 3oo de bonne noblesse. Gascons et Basques, cadets de famille à l'escarcelle légère, alléchés par les récits des marins et des corsaires, par l'appât des gains fabuleux et la certitude d'échanger des coups, montèrent sur les deux navires, les quatre roberges et la patache réunis par Peyrot. Deux mois plus tard, on apprenait le désastre : Peyrot avait fait escale à Madère et avait été tué en emportant d'assaut la ville deFunchal. Catherine de Médicis, effrayée par les protestations des rois de Portugal et d'Espagne, le désavoua d'abord comme pirate. Puis elle reprit son sang-froid, et quand les débris de l'expédition rentrèrent à Bordeaux, la reine, rendant à Peyrot une justice tardive, écrivit à son père poiu" le consoler de sa mort et l'informer qu'elle donnait à Jean, le chevalier de Malte, la survivance de ses charges.

En janvier lôliy, Monluc fit un nouveau voyage à Bordeaux. 11 y vit' son frère, l'évèque de Valence, qui y avait été apj)elé de Toidouse, le mois de septembre précédent, pour diriger les finances royales en Guienne connue il avait déjà fait en Languedoc. Quant à Biaise, il partageait son temps entre sa charge et ses affaires privées. Il continuait à maintenir péniblement l'ordre autour de lui, savait, à l'occasion, faire preuve de tolérance, en remplaçant à Sos la jurade catholique par une jurade mi-pailir. Ees huguenots de Comminges cl de Couserans lui donnaient de grandes préoccupations ; en mai, il fut obligé d'aller lui-même, avec trois compagnies de gens d'armes et quatre cents arquebu-

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