CHAPITRE IV
Ey PlÉilOXT sous DRISSAC.
Monluc gouverneur de Moncalicri (lô'iS)- — Nouveau déiiaii pour le Piémont (juillet i55o). — La «rupture» de septembre lôôi. — Premières relations avec les Guise. — La prise de Lanzo (fin novembre). — La défense de Bene (juin-juillet loSa). — Le dégagement de Ceva (9 octobre). — La défense de Caselle (octobre-novembre). — Le ravitaillement de San Damiano (jan- \ier lôfjS). — La campagne des Langlic : prises de Ceva et de Cortcmiglia (juin-juillcf). — La négociation de Rutligliera. — Retour en France (septcnibro).
La disgrâce do Monluc fut d'une année. Au mois d'août loZiS, Henri II visitant le Piémont, en compairnio du connétable, passa pai- Moncalieri. La ville venait de perdre son gouverneur, Marino di Pescliere. Le roi lui en donna un nouveau : ce lui Monluc. 11 était sous les ordres du prince de Melti. .lean (laracciolo. lieutenant-général au-delà des Alpes. 11 demeura div-huit mois dans cette charge. On ignore, du reste, comment il s'en acquitta et pour quel motif il s'en démit. Il a négligé de le dire dans son livre. La publication de l'inventaire des archives communales de Moncalieri permettra seule de combler celte lacune. Elle est regrettable : il serait curicu.v de savoir
comment Monluc, pendant cette période de paix, a collaboré à cette œuvre, encore très mal connue, de l'organisation du Piémont sous la domination française.
En juillet i55o, on décida de remplacer le prince de Melfi, vieux et malade, par un chef plus jeune, déjà réputé comme soldat et comme diplomate, protégé, d'ailleurs, de Diane de Poitiers, Charles de Cossé, seigneur de Brissac. Monluc le connaissait bien : il l'avait vu de près au siège de Perpignan et en Boulonnais. 11 le savait bienveillant, ferme et habile. Il lui prit envie d'aller servir sous lui. Avec un de ses compagnons d'Italie, ïilladet, il s'en alla trouver Henri II à Villeneuve-Saint-Georges et tous deux obtinrent de se joindre à la « grande troupe de noblesse », que, suivant l'usage, le nouveau lieutenant-général emmenait avec lui. A la descente du mont Cenis, à Novalesa, on apprit que le vieux Jean Caracciolo était mourant à Suse. 11 trépassa deux heures après que son successeur l'eut rejoint, et Brissac, sans plus de retard, se fit donner son bâton de maréchal de France. Monluc ne pouvait encore avoir des ambitions aussi hautes. Mais, à son rang plus modeste, il imitait son nouveau chef et n'oubliait pas de se pousser. 11 ne lui suffisait pas, lorscpi'oii l'oubliait, de solliciter très humblemeiil le paienienl de ses gages. II osa, en décembre ijôo, faire demander au connétable une charge de gentilhomme de la chambre. Ces offices comportaient, suivant les cas, une pension de 4oo, 6oo ou I.300 francs. Brissac, qui avait déjà pu l'apprécier, accompagna cette requête d'un certificat