LA TRACHÉOTOMIE L'INTERVENTION DIRECTE
Dans l’observation que nous rapportons la trachéotomie fut pratiquée véritablement in extremis dans le but d'éviter, ou plutôt de retarder l’imminence de la mort.
Dans l’observation de Mme BEr.:LoCQ et PERNOT elle fut pratiquée en état de mort apparente et il fut nécessaire de ranimer l’enfant arp la respiration artificielle | et une injection de lobéline.
Quoi d'étonnant dans ces conditions à ce que l’issue fatale n’ait été que différée, et de peu!
Que peut-on attendre de la trachéotomie dans de tels cas ?
Il faut reconnaître à sa décharge qu’en l’absence de connaissance exacte de la nature de la lésion devant une asphyxie imminente, elle est l’intervention qui donne un répit puisque, dans les deux cas où elle fut pratiquée, on vit immédiatement cesser la dyspnée et une respiration enfin normale s’établir.
Elle avait en outre l’avantage d’être un acte cal-
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mant les scrupules du médecin et du laryngologiste qui, devant un enfant agonisant, avaient pris et exécuté une décision apparemment bienfaisante. |
Dans les deux cas néanmoins, l'issue fatale ne tarda pas, retardée de quelques jours seulement, par bronchopneumonie dans notre cas, par mort subite dans le cas BELLOCQ-PERNOT.
Peut-être, pratiquée plus tôt, chez des sujets plus résistants, ses résultats auraient-ils été plus favorables.
Il semble bien difficile d'admettre une telle façon de voir : en effet tous les auteurs sont d’accord pour reconnaître à la trachéotomie pratiquée dans le jeune âge une terrible gravité. Elle est grevée dans la quasitotalité des cas par des complications respiratoires et particulièrement broncho-pulmonaires mortelles, même en faisant abstraction du choc opératoire, l’intervention étant souvent bien supportée.
Chez le nouveau-né, cette terrible gravité de la trachéotomie est encore plus certaine surtout chez des enfants asthéniques, amaïigris, déshydratés par la dyspnée incessante et la difficulté de l’alimentation.
Lors de la discussion soulevée par la communication de M. LErRoUx-ROBERT, dont nous avons parlé ci-dessus, cette façon de voir a été très généralement partagée par nos maîtres.
Insistons cependant sur le fait aggravant que, dans le cas spécial que nous envisageons, la trachéotomie reste une intervention incomplète puisqu'elle respecte Ja lésion causale.
Même si la trachéotomie était pratiquée préoccement, sur un enfant encore vigoureux, même si elle était bien supportée immédiatement et dans ses suites,