‹ Un Cas de Dyspnée LaryngéeChapitre 19 sur 25 · AQ RE · texte numérisé non relu

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même si elle était bien tolérée, elle ferait de l’enfant un canulard pour le restant de ses jours.

Il semble bien improbable d’ailleurs que, dans les jours, les semaines ou les mois suivants, une bronchopneumonie ne vienne mettre un point final à la vie instable de ces enfants.

La trachéotomie ne semble donc véritablement acceptable que comme traitement héroïque de la dyspnée permettant un traitement ultérieur de la lésion causale. ER

C’est pourquoi nous nous sommes demandé s’il était justifié de faire courir à l’enfant un tel risque au lieu d’agir directement sur la lésion, puisque l’obstruction respiratoire est, pendant la presque totalité de l’évolution, purement mécanique.

Étant donné notre inexpérience nous nous sommes ouvert à M. H. P. CHATELLIER de ces considérations : nous avons eu l’heureuse surprise de l’entendre partager cette façon de voir. Il nous a même exprimé le regret de n’avoir pas agi ainsi dans l’observation que nous avons rapportée, regret appuyé sur les constatations faites à la nécropsie.

Quels que puissent être d’ailleurs les résultats d’une telle conduite, ils ne peuvent être inférieurs à ceux de la trachéotomie!

Pour résumer le problème et justifier l’exposé de notre hypothèse thérapeutique, rappelons :

1° Que la dyspnée est, pendant la presque totalité de l’évolution, purement mécanique, due au volume du kyste obstruant plus ou moins complètement la perméabilité laryngée;

29 Que la trachéotomie a suffi à rétablir la respi-

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ration d’une façon instantanée mais qu’elle est grevée d’une mortalité à peu près fatale par broncho-pneumonie et qu’elle respecte la lésion kystique.

Aussi nous semble-t-il logique, à la suite de l’expérience réalisée lors des quelques cas décrits, d’attaquer directement la lésion : les résultats ne peuvent être inférieurs à ceux obtenus par Pabstention ou par la trachéotomie.

Il n’est pas question d’aller par une intervention réglée, par voie externe, extirper le kyste : l’âge et l’état des malades ne permettent pas même de discuter une telle éventualité.

Une seule conduite semble raisonnable : l’ouverture aussi large que possible du kyste par voie naturelle avec enlèvement d’une partie de la poche kystique. Une telle intervention pourraît être pratiquée avec une pince emporte-pièce ou une pince à curettes pour le larynx. Notre maître M. H. P. CHATELLIER considère que, devant un nouveau cas semblable, il utiliserait la pince de MoriTz-SCHMIDT qui lui semble l’instrument ad hoc.

Une insufflation laryngée de poudre de sulfamides éviterait peut-être l’infection de la cavité kystique, quitte même à la répéter plusieurs jours consécutifs.

Aucune anesthésie, bien entendu, ni générale, ni locale, étant donné l'instabilité des enfants qui sont, rappelons-le, des dyspnéiques en instance d’asphyxie et des déshydratés.

L'intervention devrait être pratiquée sous contrôle laryngoscopique et il semble a priori que la laryngoscopie indirecte forcée soit la méthode de choix, un aide étant nécessaire pour tenir l’abaisse-langue d’Es-

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caAT qui semble le plus pratique. Étant donné l’âge de l’enfant nous pensons que cette technique serait moins malaisée que la laryngoscopie directe qui ne peut être concevable chez de tels sujets qu’avec un tube ou une spatule de très petit calibre.

Notre inexpérience, et l’inexpérience générale à l'égard de tels cas, rend oiseuse une telle discussion.

Il nous semble cependant qu’il y ait intérêt à agir d'emblée, immédiatement et directement sur la lésion par quelque technique que ce soit : ce n’est que plus tard que les résultats d’une telle intervention permettront d’affirmer ou d’infirmer son utilité, d’en préciser sa technique. |

Peut-être enfin y aurait-il intérêt, avant d'attaquer par simple ouverture ou par morcellement la paroi kystique, à ponctionner la tumeur pour affirmer sa nature liquidienne. En réalité, il ne semble pas qu’il existe, à cet âge, de tumeurs solides à surface lisse de la région; n’en ayant trouvé aucune mention, nous avons consulté nombre de nos maîtres : aucun n’avait le souvenir d’en avoir vu. La ponction d’un tel kyste nous paraît d’ailleurs une manœuvre bien délicate pour être envisagée tant à titre diagnostique que thérapeutique.

En conclusion de cette brève étude nous pensons que

19 Devant toute dyspnée du nouveau-né ne faisant pas sa preuve l’examen laryngoscopique est justifié et que l’on gagnerait à le pratiquer systématiquement;

20 Outre la méthode généralement adoptée de la laryngoscopie directe, il est une autre technique sans

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doute moins traumatisante : la laryngoscopie indirecte forcée avec l’abaisse-langue d’EscAT qui trouverait chez ces enfants en très pauvais état sa meilleure indication;

30 La lésion kystique étant reconnue il importe de l’atteindre directement par voie naturelle, par ouverture ou par morcellement partiel; une intervention palliative comme la trachéotomie s’est montrée désastreuse dans ses résultats.

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