‹ Un Cas de Fistule Salivaire Parotidienne TraitéChapitre 6 sur 11 · LES MÉTHODES DE TRAITEMENT DES FISTULES SALIVAIRES · texte numérisé non relu

LES MÉTHODES DE TRAITEMENT DES FISTULES SALIVAIRES

A. Les anciennes méthodes

Toute l'indication thérapeutique, dit Lenormand, se résume en ceci : dériver la salive vers la bouche. Ce résultat oblénu, la fistule se fermera d'elle-même, sous un pansement compressif, ou, s'il le faut, sera suturée après avivement. |

Ces procédés s'adressent surtout aux fistules du canal de Sténon. Ils sont nombreux, ce qui prouve leur inconstance même dans les résultats obtenus.

Certains auteurs cherchent à rétablir la conlinuilé du canal de Slénon, ÿ compris le segment situé en avant de la fistule. Louis et Morand cathétérisent le bout antérieur du canal et le suturent ensuite au segment postérieur. Nicoladini aurait obtenu plusieurs succès avec ce procédé dans le cas de fistules récentes. Mais, lorsqu'il s’agit

UOTE de fistules anciennes, le segment antérieur ne tarde pas à se rétrécir et même à s’obturer.

Le procédé de la suture est alors inapplicable. On emploie en ce cas certains procédés avant pour: but la dérivation du courant salivaire vers la bouche, par la création d'une véritable fistule muqueuse.

Procédé de la ponction simple. — Recommandé dès le XVIII siècle par Deroy et Monro. « La joue étant étalée par deux doigts introduits dans la bouche, on enfonce, dans l'orifice fistuleux, un trocart à hydrocële de calibre moyen, en le dirigeant en avant et en dedans, | de façon qu'il vienne perforer la muqueuse entre les doigts buccaux; sur ce trocart on glisse un drain dont une extrémité arrive dans la bouche et dont l'autre sort par l’orHice fistuleux; ‘ce drain est laissé en place quelques Jours, puis, quand l'écoulement de la salive vers la bouche paraît assuré, il est enlevé et on laisse l’orifice cutané se cicatriser spontanément ou on le suture. Le passage du drain à travers la fistule empêche celle-ci de se fermer tant que ce drain est en place; pour éviter cet inconvénient, Richelot, après avoir fait la ponction classique, traverse avec le trocart, d'avant en arrière, et de la fistule vers la peau, les plans superficiels de la joue et il fait ressortir, par le nouvel orifice ainsi créé, le bout postérieur du drain qui se trouve ainsi complètement eû dehors de la fistule. » (Lenormand.)

Procédé de la double ponclion..— C’est le procédé de Deguise, remis en honneur par Moty, défendu par Duplay, qui le considère comme le procédé de choix.

« Il consiste, dit Duplay, à traverser la joue par deux ponctions successives passant toutes deux à travers l’orifice cutané de la fistule et se dirigeant l’une en arrière, l’autre en avant, à peu près dans la direction du canal de

Ce, (Peur Sténon. Un fil est passé à travers le trajet ainsi créé et ses deux bouts sont noués solidement ensemble de manière à étreindre toute l'épaisseur des parties molles de la joue au niveau du trajet fistuleux. Lorsque ces parties molles se trouvent sectionnées par la ligature, il en résulte une large perte de substance qui assure l'écoulement de la salive dans la cavité buccale et il ne reste plus qu’à suturer, après avivement, la fistule cutanée.

» Deguise se servait dans son procédé d'un fil de plomb. Pour obtenir plus rapidement la section du pont de parties molles compris entre les deux ponctions, on a employé l’écraseur, le serre-nœuds, le galvanocautère. Pour ma part (Duplay), je préconise la ligature élastique avec un fil élastique ou un drain de petite taille, et, grâce à l'issue facile que cette ligature assure à la salive du côté de la bouche, j'ai cru pouvoir pratiquer dans la mème séance l’occlusion par suture de la fistule externe. » - Moty emploie un crin de Florence. Ce procédé est quelquefois difficile à appliquer. « 11 va sans dire que ces opérations, assez faciles lorsqu'il s’agit de fistules de la région buccinatrice, deviennent très difficiles et sont parfois même impossibles, en même temps que leur résultat est moins certain, dans les cas où la fistule est très en arrière. » (Duplay.)

Devant l’inconstance des résultats obtenus par ces procédés de dérivation, on a cherché à pratiquer l'implantation buccale du bout postérieur du canal de Slénon (Langenbeck, Nicoladini, Lauenstein, Delore, Princeteau, Sébileau). Le bout postérieur du canal est découvert en arrière de la fistule, mobilisé par une dissection suffisamment étendue, introduit à travers une fente faite à la muqueuse buccale et fixé dans cette position par deux ou trois points de suture.

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