‹ Un cas de guérison d'une péritonite streptococcique primitiveChapitre 8 sur 17 · AUTRES OBSERVATIONS · texte numérisé non relu

AUTRES OBSERVATIONS

Pour illustrer la symptomatologie des péritonites streptococciques, mous résumerons maintenant trois observations particulièrement caractéristiques que nous avons relevées dans la littérature.

Observation 1, de M. Mondor ‘*

Le 5 avril 1931, une jeune fille de 25 ans jusque-là très bien portante est atteinte d’une affection dont le début est excessivement brutal. 10 jours auparavant elle avait eu une angine érythémateuse peu fébrile et qui n’avait duré que 48 heures.

C'est en pleine indisposition menstruelle que survient une vive douleur au ventre accompagnée de diarrhée, de vomissements, en même temps que la température monte à 40.

Pendant 4 jours tous les signes s’aggravent : l'agitation est très vive, on note plusieurs épitaxis, la conscience s'éteint peu à peu reparaissant seulement à de rares intermittences. Le tableau est à la

fois très grave et très déroutant : deux médecins

appelés en consultation hésitent sur le diagnostic. Un chirurgien conclut à une septicémie sans localisation péritonéale.

Lorsque M. Mondor voit la malade elle est en proie à une agitatation délirante ; les yeux très cernés ; le faciès cyanosé, le pouls à peine comptable. L'abdomen est légèrement distendu, la douleur diffuse et plus marquée à droite. On note une contracture sous ombilicale très nette, la respiration abdominale n'est pas tout à fait abolie, il n'y a pas de sonorité préhépatique, pas de matité dans les flancs. Au toucher vaginal le Douglas est très douloureux, renitent, l’utérus peu mobilisable. Le diagnostic de péritonite à streptocoque est porté ; il est confirmé par une ponction du Douglas qui retire 250 grs de pus contenant du streptocoque à l’état pur.

On fait une laparatomie exploratrice qui montre dans la grande cavité abdominale du pus, et des lésions pelviennes suppurées. Malgré le drainage large, la sérothérapie anti-streptococcique, la malade succombe le lendemain.

Observation 11 de M. Mondor

Le 4 juillet 1934, une jeune femme qui toussait les jours précédents resent brusquement des dou-

leurs abdominales en même herbe que s'installent

des vomissements et de la diarrhée et que la tempé: rature monte à 89. La malade vient d’avoir ses règles avec 2 jours de retard, le mois d'avant les rès gles avaient été normales comme apparition et comme durée. Cle n’est que le 7 juillet que la malade se décide à consulter un D au qui prescrit des injections de liqueur de Labarraque. Le lendemain un autre tédécin l’eñvoie à l'hôpital avec le diagnostic de grossesse extra-utérine. À l'entrée de

la malade la température est à 38,4, la douleur vive,

exagéréé au moindre mouvement, les vomissements et la diarrhée ne cesent pas. La percussion de l’abdomen est partout douloureuse, Au toucher lé corps utérin paraît gros, il ÿ a une douléur vive dans le cul dé sac dé Douglas, l’interne de garde pense À une grossesse extra-utérine fompue. . M. Mondor appelé d'urgence pose le diagnostic de péritonite streptococcique.

On fait une colpotomie qui retire 3o cc. de liquide purulent qui contient de nombreuv streptocoques et quelques staphylocoques. Le soir la température est à 39, l’état grave. On fait 30 ce. de sérum anti-streptococcique dont ro cc. intraveineux. Le lendemain 20 cc. intraveineux, l’état est encore plus grave. Le 12 juillet il est désespéré, une: laparotomie est tentée : la malade meurt l’après-midi.

À l'autopsie on trouve des anses rouges injectées, pas de pus liquide dans le péritoine, mais des fausses membranes fétides. Le tube digestif et les voies génitales sont normaux. L’histologie d’un d’un fragment d’utérus montre que les lésions inflammatoires séreuses ne sont pas d'origine utérine.

Observation de Dieulafoy

Une jeune fille de 19 ans, en bonne santé, est prise le 3 janvier 1900 d’un vulgaire mal de gorge avec fièvre et courbature. Croyant à une légère indisposition elle ne fait pas appeler son médecin. Deux jours après, elle se sent mieux, se lève, mais le soir même est prise d’un tel malaise qu’elle est conduite d'urgence à l’hôpital.

À son entrée la température est à 40,6, il existe de violentes douleurs abdominales, des vomissements porracés.

Le lendemain quand Dieulafoy arrive, il trouve la malade en pleine péritonite : « elle est prostrée, incapable de donner le moindre renseignement, elle a les yeux excavés, et le faciès péritonéal, ses selles sont liquides et inconsistantes, la température est à 39,6, le pouls filiforme, les extrémités cyano-

sées, lé collapsus est proche. Le ventre n’est ni dur ni rétracté, plutôt ballonné, mat dans les flancs,

douloureux à l'exploration ».

Immédiatement une laparotomie est faite par M. Marion : le ventre ouvert, une grande quantité de pus non fétide, bien lié, sans fausses membranes apparaît dans la cavité péritonéale. La malade meurt le lendemain matin.

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