‹ Un cas de guérison d'une péritonite streptococcique primitiveChapitre 9 sur 17 · ASPECTS CLINIQUES · texte numérisé non relu

ASPECTS CLINIQUES

I. Etiologie. — On ne retrouve pas pour la péritonite streptococcique la prédominance chez les enfants qui caractérise la péritonite à pneumocoque. Par contre, dans l’une et l’autre maladie, le sexe féminin est ie plus touché.

Chez le nouveau-né, la péritonite streptococcique n’est pas exceptionnelle et elle est toujours secondaire à l'infection de la plaie ombilicale.

Chez le nourrisson, par contre, M. Mondor ne connaît que le cas de Lande et Mac Bride : il s'agissait d’une forme spéciale, sans vomissements,

Chez l'enfant, Schwartz a pu réunir 14 cas, ce qui constitue un nombre assez important, eu égard aux observations de péritonites streptococciques jusqu'ici rapportées,

Chez l'adulte, les cas masculins sont tout à fait rares et parmi les cas féminins nous noterons la prédominance très nette avant 30 ans (les deux malades de M. Mondor, la malade de Dieulafoy, n'avaient pas cet âge, Notre malade avait 35 ans).

L'origine rhino-pharyngée semble très souvent en cause, nous la retrouvons dans l'observation I de M. Mondor, dans celle de Dieulafoy, dans la nôtre. Dans les 14 cas de Schwartz, il y avait 10 fois une rhino-pharyngite les jours précédents.

On a pu mettre en évidence la voie génitale dans la contagion streptococcique. Dans le cas de Brown, il y avait eu précédemment vulvite aiguë.

On peut rattacher aux péritonites streptococciques primitives, celles qui sont secondaires à une maladie générale de nature streptococcique.

= Une sage-femme soignant des femmes atteintes de fièvre puerpérale a fait une pou streptococcique.

Une femme qui soignait son mari d’érysipèle contracte au moment de ses règles la septicémie péritonéale.

Kojs et Mac Cabe rapportent 19 cas de péritonites streptococciques au cours de la scarlatine.

IT. — Symptomatologie. — La forme septicémique est la règle. L’incubation est variable comme celle de l’érysipèle. Elle varie de quelques heures à une semaine. Le début est précédé dans 5o % des Cas par une angine avec signes de courbature fébrile ; il y a ensuite une rémission de ces phénomènes et-un intervalle libre‘de 2 à 7 jours ‘pendant

lesquels il peut sembler y avoir une convalescence. Et puis éclate le drame vite angoissant, avec une fièvre très élevée, un état semi-comateux et les signes suivants :

— des frissons violents ; — des douleurs abdominales sans rien de caractéristique souvent au second plan, diffuses ; — une diarrhée non pas toujours prodromique mais précoce : | ... — une fièvre intense sans grandes oscillations ; <2delà cyanose du visage et des mains ; — le pouls au début très accéléré, puis incomp-

—- une polypnée superficielle ;

__— enfin on retrouve une perturbation menstruelle : arrêt ou retard des règles les jours précédents.

Au bout de 3 à 5 jours, c’est déjà la période de prostration, l'abattement progresse vite, la mort survient rapidement.

L'hémoculture n'a été positive que dans des cas exceptionnels et encore seulement lorsqu'on l'avait pratiquée tout au début. Dans les cas où l'on a pu faire une numération globulaire, on a noté une leucocytose au-dessus de 30.000 avec polynucléose élevée.

À les prendre un à un, tous ces signes n'ont

rien de caractéristique. C’est leur groupement qui peut permettre le diagnostic.

A côté de cette forme suraiguë septicémique, dans des cas beaucoup plus rares il existe une forme aiguë évoluant un peu comme la péritonite à pneumocoques, consentant à traîner et à s’abcéder.

C'est ainsi que dans un cas de Boïdin et Douay après le début alarmant, caractéristique, la température se mit à descendre : les signes très graves rétrocédèrent et on assista à l’enkystement de la collection dans le petit bassin, ce qui permit une colpotomie effieace.

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