II. ÉVOLUTION CLINIQUE
Le jour de l'admission, à 13 h. 30, la poche des eaux se rompt; un, puis deux pieds viennent à la vulve. A cause de la faiblesse des douleurs et de la lenteur de l’accouchement, on fait une injection de pituitrine. Peu après, apparaissent un troisième et enfin un quatrième pieds. C'est alors seulement qu'est posé le diagnostic de grossesse gémellaire avec présentation podalique.
Les contractions utérines s'étant améliorées, on tente une extraction sous narcose. Les tentatives faites pour extraire un des fœtus, tout en refoulant l’autre, restent vaines, et les fœtus donnent des signes manifestes de souffrance. On pratique une embryotomie du fœtus gauche, à la hauteur des ailes iliaques. La situation se transforme rapidement: l'extraction du fœtus droit est reprise et, après quelques violentes tractions, on donne brusquement le jour à un thoracopage type. Durant quelques secondes, le monstre esquisse quelques petits mouvements, puis cesse de vivre. La délivrance amène un placenta unique avec un seul cordon.
Il n’y eut aucune déchirure du périnée. La parturiente fit une poussée de fièvre (38,00) le lendemain soir, puis resta afébrile jusqu'à la fin de son séjour. Elle regagna son domicile le 3 novembre 1945, soit onze jours après l'accouchement.
Nous avons pu suivre cette personne. L’année suivante, Madame KR. a une nouvelle grossesse: le début des dernières règles remonte au 25 mars 1946. On calcule le terme au 3 janvier 1947. Pendant la seconde grossesse, Madame KR. est radioscopée, puis radiographiée. Il n’y a aucune image pulmonaire suspecte. Le 9 décembre 1946 (259e jour de grossesse), la gestante met au monde, par voie naturelle, un garçon de constitution normale, bien que prématuré, pesant 3400 g. Les suites de couches sont normales.
Un mois après, la mère est admise au pavillon d'isolement avec des lésions déjà étendues de tuberculose miliaire. Elle décède le 27 janvier 1947.