‹ Un cas prolongé d'encéphalite léthargiqueChapitre 5 sur 11 · PAT SE · texte numérisé non relu

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ble ne peut donner que des renseignements insignifiants ; il présente les symptômes suivants:

Tendance à la somnolence ou au sommeil; 16 mwalade, couché dans le décubitus dorsal, garde les yeux fermés et parait oublier les nécessités les plus élémentaires, manger et boire par exemple, mais si on les lui rappelle il les accomplit avec lenteur. Quand on parvient à le tirer de'son sommeil, ce qui est très laborieux, il ouvre doucément les veux, répond avec lenteur et se replonge aussitôt dans son état léthargique.

Lenteur apparente de la compréhension et de l'idéation; une fois le réveil obtenu, pour avoir une réponse 1l faut poser à plusieurs reprises une question simple, il répond alors en articulant lentement mäis assez correctement. Devant une question compliquée, il demeure imexpressif.

Troubles oculaires; le malade accuse une légère diminution de l’acuité visuelle, mais surtout de la diplopie; voici d’ailleurs le résultat d’un examen pratiqué dans le service dé M. le professeur Truc:

Parésie de toute la musculature, intrinsèque et extrinsèque, des deux yeux, plus prononcée à gauche. La réaction pupillaire surtout est plus paresseuse de ce côté à la lumière et à l’accommodation.

Léger ptosis bilatéral.

Les mouvements des globes sont paresseux avee léger strabisme à l’occasion de ces mouvements.

Vision: œil droit, 0,9; œil gauche, 0,8.

Fond d’œil normal des deux côtés.

Ni photophobie, ni nystagmus.

Tendance à dévier la tête ainsi que le regard vers la droite.

Légère céphalée frontale.

Motilité, — Active: les mouvements commandés sont

St) SOS

lentement, mais correctement exécutés; passive: on constate de la raideur en mobilisant les membres.

La démarche est un peu incertaine avec léger steppage à gauche. ,

La force musculaire est conservée.

A la face: la motilité, comme aux membres, est bonne, mais lente, avec, au repos, tendance à la catatonie. Pas de tremblement, ni de dysmétrie, ni de catatonie.

Sensibilité normale. |

Réflexes: tous les réflexes tendineux sont exagérés, mais pas de clonus du pied et absence du signe de Babinski. :

Trophicité: normale; seulement un léger œdème des membres inférieurs.

Sphincters: normaux.

Vaso-motricité: le visage est un peu coloré.

Une ponction lombaire, pratiquée le 3 juin 1921, montre un liquide clair s’écoulant normalement, dans lequel l’analvse chimique révèle par litre: chlorures, 7 gr, 5; albumine, O0 gr. 50; et l’examen cytologique à la cellule de Nageotte: lymphocytes: 1,1.

La réaction de Bordet-Wassermann est négative.

Cœur ét vaisseaux: pouls, 60; tension, 18,5-12; au cœur rien à signaler.

Appareil respiratoire: rien.

Rein: la palpation ne décèle rien, mais retard considérable dans l'élimination du bleu de méthylène; une injections ayant 6té pratiquée avant son entrée, dix jours après, il en éliminait encore.

Dans les urines: pas de glycose; traces d’albumine.

Un examen chimique du sang, pratiqué le 7 juin, Imdique: 0 gr. 96 d’urée par litre dans le sérum.

Pendant le mois de juin 1921, on note un accroissement

de l’état de somnolence et de l’insuffisance des sphincters. Pas de myoclonie, ni de vomissement, ni de Cheynes- Stokes. Malgré le. traitement: 0 gr. 50 d’uroformine par jour en injection intra-veineuse, et un abcès de fixation.

Le 20 juin, on fait une saignée de 500 grammes, et dans ce sang, lanalyse chimique montre: 0 gr. 53 d’urée par litre dans le sérum.

Le 22 juin, l’examen du culot urinaire fait voir: d’assez nombreux globules de pus, quelques cellules épithéliales des voies génito-urinaires, de très nombreuses bactéries, mais pas de cylindres.

Le 4 juillet 1921, on constate: que le malade ne peut porter les yeux à gauche alors que quelques jours plus tôt il effectuait encore, assez correctement, ce mouvement ; que la déviation conjuguée de la tête et des veux est nette et qu’il y a strabisme par déviation plus THNORAÉE à droite de l’œil droit.

Une analyse chimique des urines montre:

Quantité: 700 centimètres cubes; réaction: atide; urée: 22 gr. 4 par litre; chlorures : 8 grammes par litre; glucose: néant; albumine: néant.

Pendant le mois d'août 1921, la somnolence diminue notablement, mais le sujet ne parle plus, cependant que, par gestes, il puisse signifier qu’il comprend fort bien les questions et qu’ainsi il y réponde.

Les pupilles ne réagissent plus.

On constate une certaine arythmie respiratoire, avec crises de dyspnée semblant dues à un spasme des muscles inspirateurs et augmentées par un spasme intermittent de l’orbiculaire des lèvres.

On note aussi des troubles vaso-moteurs manifestés par des crises de vaso-dilatation périphérique avec sueurs.

Un nouvel examen du liquide céphalo-rachidien indi-

que: liquide d’aspect normal; pression au Claude, 12; pas de réaction cytologique; albumine, 0 gr. 45 par: litre.

Le 29 septembre 1921, la somnolence persiste quoique un peu atténuée, le mutisme est toujours complet tandis que, par gestes, il répond lentement aux questions et paraît très bien comprendre.

La force musculaire est conservée, les mouvements toujours lents.

La sensibilité est conservée.

Paralysie de la mimique ; il ouvre et ferme les yeux très lentement; quand on Jui ferme un œil, il ne peut ouvrir

l’autre. |

Les pupilles réagissent à la lumière très lentement.

Il ne peut se tenir debout, mais soutenu il marche à pas lents, hésitant et soulevant peu les pieds, il tend à tomber toujours à droite.

Les réflexes exagérés des deux côtés, le sont davantage à droite avec, de ce côté, ébauche de trépidation épileptoide et signe de Mendel-Becheler. Les réflexes de défense sont très exagérés aux membres inférieurs.

Pas de dysmétrie, ni d’adiadococinésie.

Catatonie légère.

La déviation conjuguée de la tête et des yeux persiste avec paralysie de la musculature extrinsèque prédominant sur le système lévogyre et strabisme par déviation de l’œil droit à droite.

Les pupilles, un peu paresseuses, réagissent à la lumière, le malade y voit bien, mais il distingue les lettres comme des dessins et ne peut les lire. Pas de dyschromo-

topsie.

Le malade ne souffre pas.

Le 3 novembre 1921. — Etat stationnaire. On remar-

que que le malade cligne les yeux par réflexe, alors que les

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mouvements volontaires des paupières sont extrêmement lents.

1 bâille et les mâchoires revenues en place on ne peut lui ouvrir la bouche.

Le 15 décembre 1921, — En insistant beaucoup, on parvient à lui faire marmotter quelques mots.

Le 19 décembre 1921, — Situation toujours la même. Dans la matinée, le malade ronfle bruyamment, on le secoue, sans changer d’attitude, il prend une respiration calme.

Le 10 janvier 1922. — L'ensemble de la situation reste le même, mais l’état général qui, jusqu’en décembre 1921, s'était bien maintenu, paraît baisser actuellement.

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