A Messieurs les Mayeur et eschevins de Lille
Supplie très humblement Marie-Joseph Mézière, veuve avec enfans de Jean-François Lagouche, accoucheuse, demeurant rue des Buisses en cette ville, disant que le canton où elle a pris sa résidence et où ses ancêtres ont demeuré depuis nombre d’années, n’étant pour la pluspart habité que par de pauvres gens, elle se trouve très souvent obligée de travailler gratis pour les soulager dans son ministère d’accoucheuse, d’où il s’ensuit que ses veilles et labeurs deviennent infructueux. Et comme elle vient d’apprendre que dame Béatrix Madoux, aussi accoucheuse, rue des Etaques, paroisse de Saint-Sauveur, vient de mourir, et que pour pareilles raisons elle avait obtenu de vous une pension annuelle pour la récompenser de ses travaux perdus, la suppliante a recours à vous, Messieurs, pour qu’il vous plaise lui accorder la même rétribution que vous avez ci-devant accordée à ladite Béatrix Madoux. Quoy faisant, elle vous en témoignera sa reconnaissance par un zèle redoublé pour le service du public et le soulagement des pauvres.
Appostille. • — - Avis des administrateurs de la Charité générale de la ville de Lille. Ce 18 octobre 1754, P. Goudeman.
Yeu l’avis, nous accordons à la suppliante 60 florins par an, à prendre sur le compte des abandonnés, aussy longtemps qu’elle rendra service aux pauvres femmes et à charge de demeurer sur la paroisse Saint-Sauveur. Fait en conclave, le 18 octobre 1754. Du Chasteau de Willermont.
Revu la présente requête et notre appostille cy-dessus, Nous autorisons la suppliante de demeurer sur la paroisse de Saint-Maurice, à l’effet de jouir de la pension cy-dessus. Fait
(1) Avis du procureur syndic, année 1745, n° 31.
(2) Est-ce un présent offert par le Magistrat au sieur Guffroy pour adoucir l’amertume du refus opposé à sa requête?
en l’assemblée de Loy, du 3 février 1755. Du Chasteau de Willermont (1).
2. — Le 19 mars 1763, la Loy assemblée, il a été résolu que la gratification que l’on a bien voulu accorder ce jourd’huy à Jeanne-Rose Douchez, femme de Frédéric- Joseph Bracq, pour les services qu’elle pourra rendre gratuitement aux pauvres en sa qualité d’accoucheuse, ne pourra, dans aucun temps, excéder la somme de 60 florins par an (2).