‹ Un chapitre de l'histoire de la chirurgie à LilleChapitre 8 sur 12 · VIII. — L’opération césarienne · texte numérisé non relu

VIII. — L’opération césarienne

Nous avons cité plus haut un exemple d’opération césarienne exécutée en 1596 et pour laquelle le chirurgien reçut 8 livres du Magistrat (3).

En voici un autre exemple. Le 8 juillet 1780, le professeur d’accouchements, Warocquier père, adressait au Magistrat une requête dans le but d’obtenir un secours pour Amélie- Joseph Gillet, femme de François-Joseph Lecomte, sur laquelle il venait de pratiquer l’opération césarienne, suivant, paraît-il, un procédé spécial dont il était 1 auteur :

Quand je vins à imaginer cette manière d’opérer, dit-il dans sa requête, je voulus, avant de la pratiquer, la soumettre

(1) Registre aux résolutions, N” 64, f* 135.

(2) Mémoires de l’Académie royale de Chirurgie, tome V, 1774, p. 388.

(3) Compte de la ville de 1576, f° 356.

DE l’histoire DE LA CHIRURGIE A LILLE

à l’examen de l’Académie royale de Chirurgie de Paris (1) ; ce tribunal, où se plaident toutes les causes chirurgicales, a bien voulu l’admettre et a engagé quelques uns de ses membres à la pratiquer. Elle a toujours été suivie d’un succès évident comme à celle-ci.

Le Magistrat accorda à l’opérée un secours de 76 florins 16 patars (2). Celle-ci demanda- un nouveau secours le 27 février 1782 ; nous ignorons quelle suite le Magistrat donna à cette requête ; nous ne possédons qu’un fragment de l’avis du procureur syndic.

Vu la requête d’Amélie Joseph Gillet, femme dî François Joseph Lecomte, maitresse d’école en cette ville, et l’ordonnance par laquelle vous demandez mon avis.

La supliante, Messieurs, est cette même femme qui s’est prettée courageusement en 1780 à l’opération césarienne que luy a fait le sieur Warroquier ; elle est la première qui a eu le courage de subir cette épreuve si salutaire à l’humanité.

La fermeté avec laquelle elle s’y est exposée pour le bien être des femmes qui pourroient se trouver dans le même cas, quoiqu’on ne luy ait point dissimulé les dangers qu’elle avoit à courir, luy a mérité de votre part, Messieurs, une récompense de 76 florins 16 patars que vous luy avez accordez par délibération du 8 juillet 1780.

Cette récompense a pu dans le moment la dédommager d’une partie de ses dépenses, mais elle ne peut luy fournir les moyens de vivre avec sa famille, attendu son peu de santé et les infirmités dont elle est accablée et qui sont la suite de son opération, — Fait, le 27 février 1782. — Caulier (3).

Cette dernière phrase semble bien indiquer que, si l’opération de Warocquier avait sauvé la vie d’Amélie Gillet, elle n’avait pas été sans influence fâcheuse sur la santé générale de sa cliente.

(1) D’après la thèse de Warocquier fils, dont nous avons parlé, ce mémoire fut présenté en 1775 à l’Académie royale de Chirurgie.

(2) Affaires générales, carton 1282, dossier 3.

(3) Avis du procureur syndic, année 1782, f° 53.

Page 1