‹ Un chapitre de l'histoire des maladies constitutionnellesChapitre 11 sur 13 · TRAITEMENT · texte numérisé non relu

TRAITEMENT

Tissot disait que c’était presque un malheur de ne plus a'voir la migraine ; Michelet, dans sa thèse, se montre presque du même avis, et mon opinion est absolument la même. La migraine est une affection bien douloureuse ; il est bien ennuyeux de souffrir un jour par mois, un jour par semaine, mais je crois qu’il vaut mieux souffrir de temps en temps et se bien porter dans l’intervalle, que de devenir souffreteux, et d’être continuellement dyspeptique, d’avoir des attaques d’asthme, de goutte, de rhumatisme articulaire, d’avoir des maladies de peau qui durent très longtemps, etc. Nous avons vu que la migraine n’exempte pas absolument de ces maladies; mais lorsqu’elle persiste les affections graves sont rares.

C’est surtout lorsque les accès perdent leur caractère franc, deviennent plus nombreux, ne sont plus représentés que par un malaise quelconque, et sont remplacés par la dyspepsie, qu’il faut se soigner, alors c’est aux agents modificateurs de la nutrition, à ceux qui facilitent les digestions, qù’il faut s’adresser.

Bien des fois le grand air, les bains de mer, l’hydrothérapie ont été d’un grand secours aux mi-

graineux. On trouvera plus loin un assez grand nombre d’observations sur ce sujet. Quelquefois il suffit de changer de pays, même d’appartement dans la même ville pour voir disparaître les accès de migraine, ce qui serait un lien de plus entre la migraine et l’asthme.

Lorsque l’accès s’annonce par des prodrômes ou lorsqu’il accompagne les règles, le sulfate de quinine la veille empêche quelquefois l’accès; la paullinia en a fait avorter; un de mes camarades prend du chloral pour le faire dormir, un autre du sirop d’éther. J’ai essayé deux fois du laudanum : une fois au déclin d’un accès ; il a parfaitement réussi; une autre fois au début; j’ai été bien plus malade, les symptômes produits par l’opium se sont ajoutés à ceux produits par la migraine. On a vanté les injections de morphine ; elles doivent soulager. J’ai essayé deux fois l’arsenic, j’en ai pris pendant longtemps; les accès étaient aussi fréquents et aussi douloureux.

Enfin chaque malade a des moyens qu’il a reconnus plus ou moins efficaces pour atténuer ses souffrances, l’un se chauffe au soleil ou près du feu, s’il peut boire, il absorbe des boissons presque bouillantes, etc. En lisantles observations on verra ce qui réussit le mieux à divers malades. Le coït a réussi à quelques malades au commencement, pendant ou à la fin de l’accès ; chacun peut essayer.

Quant à moi, lorsque j’ai la migraine, je ne fais absolument rien, tant que la douleur est supportable je tâche de faire le plus possible comme si je ne l’avais pas; parfois une promenade, une dis-

traction fait disparaître l’accès, mais cela est encore rare ; et je suis bien tenté de finir ce chapitre, comme un de mes malades termine son observation : toléra et abstine.

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