‹ Un chirurgien arabe au Moyen AgeChapitre 11 sur 23 · I. — De la Cautérisation · texte numérisé non relu

I. — De la Cautérisation

Albucasis débute par des considérations générales sur la cautérisation. L’utilité de cette pratique ne saurait être douteuse ; suivant le dicton populaire, c’est le dernier remède, le meilleur et celui qu'on emploie quand les autres ont échoué (1). Elle convient à tous les tempéraments, excepté aux tempéraments chauds et secs : le feu est en effet chaud et sec.

Il cautérise par le feu dont action ne dépasse pas lorwane cautérisé et par les caustiques qui agissent au delà de l'organe intéressé.

Il combat le préjugé de ceux qui accordent la préférence à l'or pour la fabrication des instruments propres à la cautérisation ; si l'or est plus noble, si les escarres qu'il produit guérissent sans suppurer, ce qui n’est pas absolument vrai, il indique mal, par sa couleur, lintensité de Ja température que désire le chirurgien; en outre, il se refroidit vite ; chauffé fortement, 1! fond et trompe celui

(1) « Quæ medicamenta non sanant, ea ferrum sanal; quæ ferrum non sanat, ea ignis sanal:; que vero ignis non Ssanal, ea insanabilia reputare oportel. » (Hipp., Aph. ult., sect. 7.)

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qui l’emploie. La cautérisation par le fer est donc plus avantageuse et plus voisine de la perfection (1).

Chapitre 1. — Pour détourner le mouvement fluxionnaire qui se porte sur les différents organes de la tête, Albucasis cautérise sur le front, à l’aide d’un cautère en fer chauffé à blane et de forme olivaire, au point de mettre los à nu (Voy. Hipp., Des Maladies, II, 12, et Paul d'Egine, VI, 2).

Chap. 2. — Dans la céphalalgie opiniâtre, il cautérise au niveau des tempes, à la protubérance occipitale, avec le même cautère, jusqu'à l’os et même au point d’en détacher des esquilles (Voy. Hipp., Des Affections, 5; Celse, IV, 2; Aétius, IT, n1, 50).

Chap. 3. — Dans l’hémicranie (migraine non chronique) après avoir ordonné sans succès des médicaments internes, il cautérise les points douloureux avec des caustiques ou par le feu au moyen d'un cautère recourbé en forme de griffe (fig. 1) (Voy. Aétius, idem; Paul, VI, 5).

Chap. 4 — Dans la migraine chronique, il cautérise également el suivant les mêmes procédés (Hipp., Des Affections, 2; Des Lieux dans l'homme, 40: Arétée, De

morb. diut.ceur.,A, 2},

(1) Dans toute la chirurgie de l'antiquité, le feu a régné sans conteste ; c'est dans l'application du fer rouge que se résume la thérapeutique des peuples primitifs. Hérodote noûs dit que les peuples de Lybie brûlæent la tête des enfants pour les prévenir des catarrhes, des ophtalmies, etc. Hippocrate (Des Airs, des Eaux el des Lieux, 20) rapporte que les Scythes se faisaient bràûler par tout le corps afin d'avoir les membres plus vigoureux et les articulations plus robustes.

Chap. ». — Dans les douleurs d'oreille il applique des pointes de feu autour de cet organe à l’aide d’un cautère en forme de clou (fig. 2) (Cf. Hipp., Des Artic., 40; Mochlique, 3).

Chap. 6. — Dans les tics douloureux de la face (1 laquoua) (1), il applique le feu vis-à-vis de l'extrémité supérieure de la tempe el aux commissures des lèvres à l’aide d’un cautère cultellaire (fig.3) (CF. Celse, IV, 3; Aétrus, LE, 11, 90).

Chap. 7. — Dans l’apoplexie ancienne (paralysie), il applique le cautère en fer sur les bosses frontales, à l'occiput et à l’épigastre (Voy. Aëétius, IT, 11, 28).

Chap.8. — Dans la léthargie causée par la pituite, il applique un cataplasme de moutarde ou des pointes de feu au niveau de js (Voy. Arétée, De Curat. morb. deut ANR Aébus ff, 1,3: Paul, IIL |

Chap. 9. — Dans l'hémiplégie et la résolution de tout le corps, une pointe de feu sur les bosses frontales, sur ae les vertèbres du cou (Cf. Celse, IIT, 27; Aëtius, LÉ :28).

Chap. 10. — Dans l’épilepsie il agit de la même façon

(Voy: Celse, LIT; 25).

Chap. 11. — Dans la mélancolie, il cautérise avec les caustiques ou le feu, en appliquant des pointes légères sur la tête (Cf. Paul, VI, 2, ad finem).

(1) Leclerc traduit par «lies douloureux de Ta face», paralyste

faciale serait plus juste.

Chap. 12. — Dans la cataracte (1), «l'eau descendant dans l'œil », il emploie d’abord les moyens internes, et cherche ainsi à débarrasser le malade de ses humidités. Puis il tente de dériver vers d’autres parties les humeurs nuisibles qui se portent vers les yeux; il applique un cautère de fer au milieu de la tête et aux tempes, et recommande de faire l’artériotomie temporale (Vox. Celse, VID Panl F2?)

Chap. 13. — Dans le larmoiement chronique qui provient des humeurs pituilaires, 1l cautérise au moyen du feu au milieu de la tête, sur les tempés et sur la nuque: at, si cela ne suffit pas, aux angles externes des veux (Cf. Hipp., De ta Vision 1: Pau Vin ere

Chap. 14.— Dans la punaisie «puanteur du nez», après l'emploi inefficace de certaines pilules, il applique des pointes de feu sur le sommet de la tête et sur le front

(C£. Celse, VIL, 11).

Chap. 15. — Dans le relâchement des paupières, il caulérise par le feu un peu au-dessus des sourcils sur

toute la longueur de ces derniers (CF. Aétius, IE, 11, 29).

Chap. 16. — [cautérise les paupières supérieures ou inférieures avec le feu ou les caustiques de facon à en obtenir la rétrachion «quand les cils sont renversés contre l'œil’et le‘bléssent® » (Voy PauLVI 9; T1, 197

(4) Les Anciens pensatent que la cataracte élail due à un dépôt d'humeur dans le cristallin el commencaient par essayer la dériva-

lion,

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