PRE
Chap. 54. — Dansles frissons, à la suite d'un froid, il caulérise sur les vertèbres dorsales, la poitrine, l'estomac avec un cautère ohvaire.
Chap. 59. — Il cautérise les pustules qui surviennent sur tout le corps avec un cautère en bois de myrthe (Cf. Hipp., De la Vision, 4\ qu'il fait chauffer (1).
Chap. 56. — Cautérisation dans les hémorragies. — Il y a quatre moyens d'arrêter Fhémorragie artérielle, dit Albucasis : par la cautérisalion au fer rouge; par la division, en effet, quand une arlère est divisée, ses deux extrémités se rétractent et le sang cesse de couler; par une ligature solide ; par lapplication de remèdes hémostatiques aidés d’un bandage compressif.
Si ces objets font défaut, Albucasis, à l'exemple de Galien et de Rhazès, conseille d'appliquer le doigt jusqu'à ce que le sang se coagule et que lécoulement cesse (2) (Voy.Celse, V, 26 ; Aétius, IV, 1,91; Paul, IV,
Da: elC:).
(1) I ne s'agit pas ici de la variole, car Albucasis l'aurait appelée par son nom ; il traile en effet longuement de cette maladie dans son livre « La Pralique », où d'ailleurs il ne fait que copier Rhazès (Voyez Celse, IT, 8, ad finem).
(2) Albucasis ne fait aucune allusion à la Lorsion des artères comme moyen hémostlalique, bien que celle pratique Fat inentionnée déjà par Rufus, Soranus, Helliodore et Galien. — Bon nom-
Comme on le voit, les chapitres d'Albucasis sur la cautérisalion n'offrent qu'un intérêt secondaire, parfois même ils sont absurdes. Il n’y a, pour ainsi dire, pas d'affections contre laquelle Albucasis ne conseille pas la cautérisation. Par suite de lPhorreur que lui inspire Île sang, il ne cherche mème pas à détérminer avec soin les indications de ce mode de traitement, et préfère «dans tous les cas un remède cruel et inepte à l'usage facile et doux de l'instrument tranchant. » Néanmoins, nous avons tenu à déterminer la source de la plupart de ces chapitres afin de prouver que les Arabes ne sont pas les seuls qui aient abusé du cautère actuel ou potentiel. Et Albucasis 1ei encore ne se montre point original, il ne fait que présen- {er sous une autre forme et ramasser dans un seul livre ce qui, chez des auteurs grecs ou latins, est épars dans de volumineux ouvrages. D'ailleurs Albucasis est incomparablement moins étendu que ne le seraient par exemple, les livres d'Avicenne, si on les réduisait seulement aux
chapitres destinés à cette partie de l'art.
bre d'historiens ont fait une gloire à Albucasis d'avoir indiqué la ligature artérielle, bien qu'elle fat fort anciennement connue. C'est à l'Ecole d'Alexandrie, en effet, que revient l'honneur de celle découverte. Elvepiste passe pour lavoir importée à Rome ; nous trouvons la ligature artérielle mentionnée par Celse et Rufus d'Ephèse (17 siècle), Archigène et Galien (2°), Aélius d'Amide (6° siècle), Paul d'Egine (7° siècle), Rhazès (10° siècle), Albucasis (If siècle), Guy de Chauliac (13° siècle), Barthélemi Maggius, André de Lacroix, Alphonse Ferri et Jean de Vigo (15° et 16° siècles). introduite en Allemagne par Jean de Gersdorff (16° siècle), Ambroise Paré eal le mérite de Femployer systématiquement dans les ampu- Lalions.