RACINE STE
Chap. 79. — Instruction des accoucheuses. Comme tous les anciens, Albucasis n'a aucune notion sur le mécanisme de l'accouchement. Seule la présentation céphalque est normale. Lorsque le fœtus se présente d'une façon anormale : par les pieds (2) - par les genoux et les mains — par la nuque les mains étendues et la face regardant le dos de la mère
par le flanc; et s'il y a deux, trois ou quatre fœtus — la version pour ramener la présentation céphalique est le moyen de remédier à tout. Elle a aussi recours aux secousses répétées, aux sternutoires, aux onctions des parties génitales (Voy. Aétius IV, iv, Set suivants ; Paul, ITT, 76).
Il termine ce chapitre en traitant de l'avortement de fœtus multiples, et bien qu'il assure avoir vu de ses propres yeux tout ce qu'il rapporte, on ne saurait v ajouter for. Il raconte que plusieurs femmes ont rejeté plus de dix embryons dans une seule fausse couche, et une autre qui en a rejeté quinze. [l'est probable qu'Albucasis, obligé de s’en tenir dans cette circonstance aux dires des matrones, se montre un peu trop crédule.
Chap. 76. — De l'extraction du fœtus mort. [ci encore dans les cas de présentations anormales la version céphalique est le moyen de remédier à tout, et pour l'extraction du fœtus il conseille l'emploi de crochets ;
Cnide, on faisait déjà un usage habituel du «speculum uteri» dont on a attribué à Récamier et à Ricord l'inlroduc ion dans la médecine contemporaine.
(2) Cette position était considérée comme la plus mauvaise par Hippocrate (Voy. Des maladies des femmes el alias). Moschion édit. F.-0. Dewez, Viennæ, 1793, in-8°; Paul d'Egine, lv. FE, ch. 76, et les Arabes à l'exception d'Albucasis, Ex regardaient comme la plus avantageuse après celle de la tête.
Pr Res pour remédier à l'inconvénient qui porte la tête vers le lieu opposé où il a planté le crochet, il en place un autre à l’opposite et fait en même temps sur les deux instruments des tractions (1) (Voy. Philuménus, apud Aétius, IV, 1v, 23). Si la tête ou l'abdomen trop volumineux génent les manœuvres, il pratique la ponction du crâne ou du ventre avec le bistouri {Voy. Paul, VI, 74).
A la fin de ce chapitre Albucasis rapporté le cas d’une femme enceinte dont Le fœtus mourut sans être expulsé, et qui, enceinte une seconde fois, vit également périr son germe. Elle eut longtemps après un abcès près de lombilic.qui s’ouvrit et par lequel Albucasis retira successivement un grand nombre de petits os (2).
Chap. 77. — Instruments nécessaires pour l'extraction du fœtus, appareil en bois à vis au moyen duquel on ouvre l’orifice de l'utérus, c’est la presse qui sert aux relieurs ; au milieu de chaque tringle on en adapte une autre de la longueur de plus d'une demi-palme et de la largeur de plus de 2 doigts. Ce sont ces deux tringles surajJoutées qui seront introduites dans l'orifice utérin pour le dilater (fig. 47). Appareil en bois pour le même usage, mais sans vis (3) (fig. 48). Repoussoir au moyen
(1) Albucasis ne parle pas de la version podalique chez le fœtus mort, procédé déjà indiqué par Celse, VIT, 29.
(2) C'est le plus ancien exemple de ce genre. On a pensé que l'idée de l'opération césarienne sur la femme vivante était venue aux accoucheurs à la suile de telles observations.
(3) Voy. Riche, Dictionnaire des antiquités, article Forceps. Voy. dans Vulpès, loc. cil., les planches d'instruments retrouvés dans les fouilles de Pompéi et Herculanum; un spéculum de l'utérus (pl. IV, lig. 1,2, 3) trivalve, s'écartant el se rapprochant à volonté par un système ingénieux; ilest en bronze et bien plus parfail que celui que
ne de
duquel on repousse le fœtus (Hig. 49), crochet (fig. 52), bistourt (fig. 53-04); Michkdakh, au moyen duquel on brise la tête du fœtus (1) (fig. 50-51).
Chap. 78. — Pour hâter la délivrance, Albucasis à recours aux sternutoires, aux fumigations(Voy. chap. 39, note ? ci-dessus). Puis il introduit la main dans l'utérus el attire l’arrière-faix avec précaution dans la crainte de «renverser la matrice » (Voy. Philumenus, apud Aétius, IV, 1v, 24). Quand il résiste, il lie au moyen. d'un fil la
partie qui sort de l’orifice utérin et en attend la chute spontanée (Voy. Paul, VI, 75).
Chap. 79.— Ponction dans limperforation de l'anus et laisse une canule en plomb à demeure durant quelques jours (Voy. Paul, VI, 81).
Chap. 80. — Cathétérisme des fistules à l'anus pour s'assurer de leur pénétration ou de leur non-pénétration dans Fintestin et le traitement par le stylet rougi (Vox. Oribase, XLIV, 23-24, ou par ligature hippocratique (Voy. Hipp., Des fistules), où par incision du trajet (2).
nous décrit Albucasis. Voy. aussi les planches suivant la traduction de Celse par Védrènes, loc. cil.,etc.. Albucasis, disons-le en passant, ne décrit et ne figure que des instruments mentionnés et utilisés déjà par les Grecs ; il semble même parmi ceux-ci choisir les plus grossiers, comme on peut s'en rendre compte.
(1) Ainsi cet instrument n'est done point un forceps comme l'ont prétendu les historiens, c'est le même appareil assurément que le Machaire dont se servail Hippocrate pour écraser la tête trop volumineuse du fœtus (Voy. Hipp., Du Mal des femmes, 1, 70).
(2) Dezeimeris rapporte à Bruno l'idée du traitement de la fistule à l'anus par incision, que l’on retrouve chez tous les auteurs anciens, mème chez Hippocrate (Voy. Des Fistules). Au sujet des fistules, Oribase rapporte à Antlyllus et à Helliodore ce que Paul d'Egine
rapporte à Léonidès,
(Voy. Aétius, IV, 11, 22 ; Paul, VI, 78). Albucasis ne traite pas les fistules qui aboutissent à des organes importants.
Chap. 81. — Excision des hémorroïdes fluentes et leur ligature par un double fil passé à la base, si le malade à peur de l'instrument tranchant (Voy. Paul, VI, 79). Il recommande d'en laisser une pour déverser le trop-plein de sang (Voy. Hipp., Aph. 12, sect. 6) (1).
Il avive les fissures de l’anus pour en faciliter la cicatrisation (Voy. Celse, VII, 30 ; Paul, VE, 80).
Chap. 82. — Excision des clous renversés, des verrues sèches et des fourmis, petites excroissances qui surviennent sur divers points du corps (Voy. Celse, V,28 ; Galien, Meth. med., XIV ; Oribase, XLV, 12; Paul, VI, 87).
Chap. 83. — « Instrument propre à donner des lavements dans les affections de l'intestin » (fig. 55). Façon de procéder (Voy. Oribase, VIII, 24).
Son instrument consiste en une canule qu'il introduit dans le rectum, à laquelle il adapte une vessie pleine de liquide et qu'il presse avec la main (Cf. Hipp., Des Femmes stériles, III, 222 ; Oribase, VIII, 37) (2).
Chap. 84 — Traitement des blessures aux différentes
(1) Hippocrate, Des Hémorroïdes, appliquait encore au traitement des hémorroïdes les caustiques ou la cautérisation au fer rouge, pratique renouvelée par Dupuytren.
(2) Malgaigne (Intr. aux œuvres d'A. Paré, page 99) considère comme auteur de cette seringue Galenaria (Voy. Gaten., page 41, éd. 1532), bien que celui-ci en attribue l'honneur à Avicenne. « La seringue n'est pas de Gatenaria, elle n'est pas plus d’Avicenne, mais elle est d’Albucasis », réplique Bouchut (Hist. de la méd, t. H, p. 509). Cette seringue pourtant a été connue de tous temps. Albucasis la décrit différemment qu'Avicenne, mais c'est le même
CR nes régions, et dans les différents tissus des organes, d'après la cause vulnérante (Cf. Celse, V, 26).
Chap. 85.—Les plaies du cou ne sont pas dangereuses quand les gros vaisseaux ne sont point intéressés (Voy. . Chap. 43 ci-dessus).
Chap. 86. — Plaies de la poitrine et de la région intercapsulaire, qui sont mortelles lorsqu'elles atteignent le poumon (V. Hipp., Des Maladies, 1, 21 ; Cœlius Aurelianus Pur, LIT, T2 etc.) (1:
Chap. 87. — Plaies de l'abdomen et issue des intestins (Voy: Paul, VI, 52).
Albucasis rapporte l'observation de cet homme qu'il eut à soigner pour un coup de couteau à l'abdomen : l'intestin était resté vingt-quatre heures au dehors. Albucasis parvint à le guérir. Il traite aussi des plaies de l’in- Lestin lui-même. «J'ai vu un individu qui avait été blessé au ventre d'un coup de pique. La blessure était située à droite de l'estomac. Elle dura longtemps et devint fistuleuse, il en sortait des matières stercorales et des vents. Je le pansai sans espérer le guérir, je continuai à lui donner des soins etil guérit. » — Il parle encore des sutures intestinales : «Quelques médecins de la secte empirique ont rapporté ce mode:de traitement des plaies intestinales de
principe, et Gatenaria recopie littéralement Albucasis (Canon, Liv. IET, ch. x1, fen. 6. Tract. 4).
(1) Dans ces trois chapitres, Albucasis ne parle que de blessures superficielles et passe sous silence la plupart des plaies concernant les viscères importants. Il reste bien inférieur à Hippocrate, Celse
et Galien, dont il s'inspire.
DER peu d’étendue (1). Pour maintenir les parties réunies, on les fixe entre les pinces d'insectes vivants à qui ensuite on coupe la tête, les mandibules restent adhérentes. On peut aussi coudre les intestins au moyen d’un de ces filaments
ténus que l’on détache des intestins des animaux et dont
on arme une aiguille. » On réduit ensuite l’intestin et on applique des ligatures sur la plaie de l’abdomen. «Les deux méthodes de suture par les fourmis et les filaments intestinaux sont encore à l'état d’expérimentation », dit Albucasis.
Chap. 88. — Traitement des écoulements purulents et des fistules. Il prescrit le déploiement ou l’agrandissement du trajet fistuleux et l'excision des callosités. Lorsque la fistule aboutit à un os carié, 11 fait la rugination et la résection de l'os. Il veut même, si la maladie siège aux membres, qu'on enlève la totalité des os dans les cas où ils seraient atteints de carie ou dénudés de chairs ({Voy. Paul, VI, 77).
Albucasis n’entreprend aucun traitement contre les fistules qui aboutissent à des organes importants ou à de gros vaisseaux.
I rapporte ici l'observation de cet homme à qui, pour un abcès à l'intérieur de la jambe, il fut obligé d'extraire de l'os la longueur d'un empan, y conipris le canal médullaire. l
A la fin de ce chapitre, Albucasis donne la figure de
(1) K. Sprengel traduit par «les grandes plaies de l'abdomen ». Au sujet des plaies de l'abdomen, voy. Celse, VIT 16: Galien, De loc. affect., L. VE Meth. med., V et VI, 5, 2, 10, page 414, 6d. Kühn et apud Rhazès; Continent, XIV, 4; Paul, IV, 5; Ali-Abbas, Pract., IX, 44.
st comtés bte tai
io quelques instruments : couteau à amputation (fig. 56), . F r & + VE à è scies (fig. 57, 58, 59), rugines (fig. 60, 61,62, 63).
Chap. 89. — Amputations dans la continuité des membres en tirant la peau au-dessus du point de section marqué entre deux ligatures, en coupant avee un bistouri Jusqu'à l'os et en sciant après avoir préservé les chairs par un linge; en cautérisant les vaisseaux, s'il y à hémorragie.
€ La chirurgie d'Albucasis présente sur les amputaions deux perfectionnements bien remarquables : le premier c’est que, partisan de la section dans le vif, Albucasis ne la pratique pas toujours sur les limites de
la gangrène, et prescrit les cas dans lesquels il faut la
faire à une certaine distance ; le deuxième, c’est qu'il introduit dans l’art le principe, qui n’y avait jamais été jusqu'alors, d'amputer dans les grandes articulations avant que la gangrène n'y soil parvenue (1). Il cite celle du pied, le coude et le genou. Mais comme pour compenser ces progrès qu'il fait à son art, Albucasis lui enlève une de ses plus précieuses ressources en donnant Île timide conseil d'abandonner un malade à toutes les chances de mort qui le menacent, plutôt que d’oser entreprendre Flamputation au-dessus du coude ou du genou. » (Cf. Oribase, XLVII, 14, etc.)
«Albucasis donne lieu à la même remarque qu'Avicenne; c’est qu'avant fort bien décrit, à l’occasion des plaies, la ligature des vaisseaux, il ne parle que de les cautériser ou d'y appliquer des poudres hémostaliques pour suspendre les hémorragies qui pourraient avoir Heu pendant
(1) Helliodore, à la vérilé, bien avant Albucasis, ampulail déjà dans les arliculalions vivantes ; mais il n’emploie cette méthode qu'aux doigts (Voy. Græc.Chir., coll, Nicelæ, éd. Gocchi, p. 160).
haies 4 l'opération, malgré le lien qui serre le membre au-dessus de la division. À la vérité, après avoir terminé la section de l'os, il recommande, de même que Celse etsans donner plus de détails, de panser comme il convient de faire dans une plaie de cette espèce, et cette manière de renvoi pourrait donner lieu à la même réflexion qne nous avons déjà faite en parlant du médecin romain (1). » ( Dezeimeris, Lettres sur l'hist. de la méd., Paris, 1838.) En lisant le chapitre d'Albucasis, on s’assurera qu'il n'y à pas un mot sur le couteau rougj à blanc, avec lequel les historiens lui font pratiquer cette opération.
A la fin du chapitre, Albucasis rapporte l'observation de cet homme qui, atteint de gangrène du pied, se lamputa lui-même dans l'articulation et guérit: Quelque temps après, il fut affecté du même mal à la main. Albucasis refusant de l'opérer, à cause de l’état d'épuisement dans lequel il se trouvait, il s'empressa de se couper encore lui-même la main et guérit ainsi de nouveau.
Chap. 90. — Traitement des sinus (2) par curettage des callosités et injection de médicaments égyptiaques et de poudres * kéralogéniques (Voy. Galien, apud Oribase,
XLIV;-19, et Paul;eVr,77)<
Chap. 91. — Cautérisation ou excision de l’onvxis «dahis » (1). « Il consiste en une forte excroissance
(1) Cf. Hipp., Des Articulations ; Celse, VII, 33; Oribase, Des Luxal.; Archigène, in Græc. Chirurg., coll. Nicetæ, éd. Cocchi, Florence, 1754, p. 156. Léonidès et Helliodore, idem, p. 159. Paul, VI, 84).
(2) Quand la peau qui recouvre les ulcères, dit Paul d'Egine, reste longtemps inadhérente, on appelle cette affection sinus (Liv. IV, chap. 48).
(1) Bien que le mot dahis signifie en arabe panaris, il s'agit bien ici de l’onyxis et non du panaris, comme le voit Sprengel.
charnue située sous l'angle d’un doigt. « Enfin l’amputation de la phalange lorsque los est altéré (Vovy. Paul, VI, 85).
Amputation des doigts surnuméraires et incision des adhérences interdigitales avec interposition de lames de plomb (Voy. Paul, VI, 45).
Incision de longle contus ou écrasé (Voy. Paul,
Chap. 92. — Incision ou excision du paquet variqueux après dissection de la peau et en attirant les vaisseaux avec une airigne mousse (Voy. Paul, VI, 82)
Chap. 93. — Extraction du ver de Médine (1) en l'attirant et en l’enroulant autour d’une mince tranche de plomb. Il recommande de ne point rompre le ver, car cela peut amener de graves inconvénients (Voy. Paul, VI, 59,
et VI, 83).
Chap. 94. — Extraction par incision « du ver qui s’engendre sous la peau et que lon appelle maladie bovine, parce qu'il sévit surtout sur les bœufs »; lorsqu'il ne peut l’atteindre il le brûle avec un fin cautère (Voy. Columelle, De re rustica, Ub. VIE, cap. » ; Absyrtus, Collect. Ruelli, pag. 115).
Chap. 95. — Incision suivie de la cautérisation de la
(1) Agatharchide, l'historien contemporain de Caton le Censeur, mentionne pour la première fois le dragonneau (ver de Médine) (Voy. Plutarque et Strabon). Ce ver est mentionné aussi par Galien De loc. affect., VI, 3; Soranus, in Paul, IV, 59; Léonidès, in Aétius IV, x, 85, et Paul, IV, 59, etc... Ce n’est donc pas les Arabes qui ont fait connaître ce ver.
— 82 — ë peau turéfiée dans une maladie appelée fugace (1). «Gette affection est connue dans notre pays sous le nom de feu fugace », dit Albucasis. Il s’agit d'une tuméfaction et d’une douleur sur le trajet des vaisseaux du bras et remontant à l'épaule en quelques instants où elle s'étend
à l'instar d’un ver.
Chap. 96. — Extraction des flèches (2) au moyen de pinces ou de repoussoirs (Voy. Paul, VI, 88).
Albucasis traite ce chapitre avec assez d'ampleur, comme l'ont fait Celse, Galien et Paul ; il lenrichit par des observations personnelles : « Un homme fut atteint d'une flèche à l'angle de l’œil et près de la naissance du nez. Je la lui retirai par le côté au-dessous du lobule de l'oreille. Cet homme guérit sans qu'il survint d'accident du côté de l'œil. » [l'en retira une autre qui avait pénétré dans la cavité orbitaire, par-dessus la paupière, et la personne guérit sans dommage pour la vue. Il en arrache une autre de la gorge d’un individu: «J’incisai par-dessus, entre les veines jugulaires, et le malade guérit. » Il en “relire une autre qui avait pénétré dans le ventre d’un homme qu'il crut perdu et qu'il parvint à sauver: «J'ai vu un homme qui avait reçu une flèche dans le dos. La plaie se cicatrisa et, sept ans après, la flèche sortit par la
(1) Freind signale cette maladie comme un fait extraordinaire ; Haller comme très rare; Sprengel y voit un érysipèle volant ; Bouchut notre angioleucite. Elle a fourni la matière d'un chapitre à Guill. de Salicet qui n'indique pas la source où il a puisé selon son habitude.
(2) Albucasis ne dit rien de neuf dans ce chapitre, il reste même très inférieur à Celse, VIT, 5, qui certainement, de tous les auteurs anciens, nous à transmis à ce sujet l'étude la plus complète et la plus méthodique.
Lure |
fesse. » Un individu reçut une flèche dans la face, et une - femme dans le ventre, ces flèches y demeurérent et la plaie se cicatrisa. Et tous deux ne s'en trouvèrent pas plus mal. » (Cf. Hipp. Les Epidémies, 46). Il opéra un officier du sultan d'une flèche qui était rentrée par le milieu du nez, et enfoncée très profondément. Il n’en résulla aucun dommage dans la suite.
Chap. 97. — II pratique la saignée (1) sur trente vaisseaux différents {Voy. Oribase, VIT, 1 à 15 ; Paul, VI, 40). Pour inciser les veines frontales, il RE un instrument appelé «bèche » et dont la forme, dit Freind, rappelle la flamme des maréchaux et des vétérinaires Te 64).
Chap. 98. — Application des ventouses (Voy. Oribase, 15 à 20 ; Paul, VI, 41). Avec ou sans scarification (2).
Chap. 99. — De l'application des sangsues (3) (Voy. Oribase, VIT, 21 et 22). Albucasis n'applique les sangsues que dans les parties où il est impossible d'appliquer les ventouses.
(1) Pline et les Empiriques prétendent que c'est à l'hippopotame se saignant le long des roseaux que l’on doit le secret de cette pratique. Podalyre, fils d'Esculape, fut le premier qui praliqua la saignée, au temps de la guerre de Troie. Cette pratique a été discutée dès la plus haule antiquité ; l'Ecole de Cos la préconisait et celle de Cnide la proscrivait (Voy. Hipp., Du Médecin; Des Plaies, elc.).
(2) Voy. Hipp , De l'Anc. Méd.; De l'Officine du chirurgien, elec.
(3) Thémison, disciple d'Asclépiade, fut le premier (Voy. Haller Bibl. Chir., 4. 1, p.28, éd. cil.), qui indiqua l'emploi des sangsues au point de vue médical. Pendant longtemps on a considéré la piqûre de la sangsue comme dangereuse (Voy. Pline, XXXIT, 42. Voy. le livre de médecine des Indous : Susrula, chap. 13, trad. lat. de Hessler. Erlangæ, 1844).
= QE Ainsi qu'on a pu le remarquer, ce livre est rempli d’mtérêt ; c’est du reste le meilleur des trois ; à chaque page Albucasis nous cite des observations personnelles tirées de sa pratique, et accuse un praticien très expérimenté eb de grande valeur. Malheureusement il n'apporte aucune idée originale. À part les quelques conseils dignes d'intérêt au sujet des amputations, il ne fait que copier d’une façon servile Paul d'Egine et quelquefois Oribase ou Aétius. La plupart de ses chapitres sont une traduction absolument lillérale de ceux du médecin gree. Le chirurgien arabe fait même une trop grande réserve à l'emploi de linstrument tranchant; habituellement il n°y a recours qu'en dernière ressource, après avoir épuisé l'action des médicaments, et passe sous silence une foule d'opérations mentionnées et pratiquées cependant bien avant lui par les Grecs (1). Les maladies des femmes sont notamment à peine effleurées.
En somme ce livre n’est qu'une copie imparfaite, un päle reflet des traditions grecques.
(1) Praxagoras de Cos, maître d'Hérophile, aux dires de Cœlius Aurelianus, Acul., III, 17, ne craingnait pas d'ouvrir le. ventre el même l'intestin dans la passion iliaque pour détruire les causes de lobstruction. Soranus, d’après Aétius, IV, 1v, 74, n'hésitait pas à faire l'extirpation de la matrice, etc.
Les Anciens connaissaient-ils déjà l'anesthésie en général? L. Leclere nous dit qu'Ebn Djezla, auteur d'un Traité d'ophtalmologie (xi* siècle), recommande dans les opérations délicates sur les yeux chez les individus peu tranquilles de /es endormir jusqu'à perte de la connaissance el du Sentiment afin que par leur mouvement ils ne compromellent pas l'opération. Forskal nous dit au sujet de l'ivraie : « Decocto plantæ obtunduntur sensus hominis qui operationem chirurgicam subire debet, Avicenna sic referente. » (Flora ægpt. arabic., page 199.) On pourrait multiplier cés exemples.
DE NET ue