JON TE
donnée à des gens de condition inférieure. L'ignorance des chirurgiens les rendaient tour à -tour timides ou téméraires : «J'ai vu, dit Albucasis, entreprendre l’ex-
traction d’un calcul chez un homme très âgé. Le calcul ‘élail volumineux, le chirurgien en opéra lPextraction en enlevant une portion de la substance vésicale. Le malade mourut. Moi-même, j'avais élé appelé pour extraire ce calcul, mais son volume et Félat du malade m'avaient “décidé à ne rien entreprendre. » Rhazès prescrivait le traitement des maladies chirurgicales et en abandonnait l'exécution à des serviteurs qu'ilavait sous ses ordres. Il affirme avoir guéri des personnes bossues et contrefaites par lapplication d’emplàtres fondants. Avicenne considérait l'extraction de la cataracte comme fort dangereuse. Il n'opérait point les hernies, même lorsqu'elles étaientétranglées. Avenzoar semble s’excuser de pratiquer la chirurgie ; c’est lui d’ailleurs qui considérait les opéralions sur les organes génitaux comme impures, abominables et indignes d’être exécutées par un homme pieux ; c'est lui encore qui prétendait dissoudre les calculs vésicaux el les engorgements squirrheux avec l'huile de datte et faire disparaitre les exostoses par la pierre d’aimant. [Il propose des opérations très hardies, mais il
n'ose Jamais les pratiquer, si ce n'est sur des animaux (1).
Ainsi entre les mains des Arabes lartde guérir, ne fit,
(1) Les médecins arabes négligèrent l'hygiène plus encore que la chirurgie. Ils n'ajoutèrent rien à ce qu'avaient dit leurs prédécesseurs. L'art de conserver la santé se résuma souvent même chez eux, dans le port de lalismans el d’amuleltes. On ne peut considérer Maimonide comme un auteur arabe, bien qu'il ait écrit son traité De regimine sanilalis el la plupart de ses ouvrages philosophiques
et médicaux dans celte langue.