POULE
en somme, aucun progrès remarquable. Le caractère général de leur médecine est de manquer presque complètement d'originalité; elle est le reflet des idées et des doctrines qui Font alimentée, c’est-à-dire de la médecine indienne, mais surtout de la médecine grecque : le « Continent » de Rhazès n'est qu'une vaste et habile compilation ; dans le « El-Maleki » d'Al-Abbas, dans le «Canon» d'Avicenne, dans les ouvrages d'Isaac on trouve partout accumulés des matériaux empruntés de toutes pièces aux Grecs. La botanique d’Ibn-Beithar est presque entièrement inspirée de Galien et de Dioscoride. Le « Theisir » d'Avenzoar est plus intéressant, mais cet auteur parait, incontestablement, avoir travaillé d’après des sources en partie perdues pour nous.
C'est donc par un abus de langage, consacrant une erreur scientifique, que l’on dit : « ia médecine arabe ». C’est presque toujours la médecine grecque que lon retrouve enseignée ou pratiquée, le plus souvent par des étrangers (1), dans tous les pays soumis à la domination des Sarrasins depuis l'Espagne jusqu'aux rivages indiens.
Cependant les Arabes ont eu un grand mérite, qu'on ne saurait leur contester el qui leur assure l'éternelle recon-
(1) Rhazès, Ali-Abbas, Avicenne étaient Persans. La plupart des médecins réputés arabes étaient des étrangers convertis à llslamisme. D'ailleurs il n'y a pas à proprement parler de civilisation, d'architecture arabe. Ce que lon n'hésile pas à nous présenter comme une civilisation autonome, nationale, est un composé d'éléments divers et hétérogènes où viennent se confondre les souvenirs de la Syrie juive ou chrétienne, de l'inde, de la Mecque, de Persépolis et de Byzance.
Cat: je naissance de la postérité : celui d’avoir conservé jusqu’à nous le trésor des connaissances de la Grèce, qui aurait, sans eux, infailliblement péri, au milieu des bouleverse-
ments et des ténèbres du moyen àge.