‹ Un Classique Moderne William Congreve Sa Vie, Son ŒuvreChapitre 17 sur 70 · DE · texte numérisé non relu

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si aux côtés de Dryden il avait cessé, en effet, d’être un poète de is

second rang, il n’a pu rester grand € comme ce dernier dans læ beauté d’un calme dédain.

The Double Diner

Un prologue nous annonce que le poète — d’après l'habitude maure: d'éprouver la fidélité de l'épouse en jetant le nouveau-né dans l’eau — jette sur les flots de l'opinion publique une nouvelle pièce, Si elle se noie, ce sera une preuve que la Muse ne lui a pas été fidèle. Mais pour le moment les critiques, ces requins d’eau douce, feront bien dese tenir à l'écart et de laisser plonger trois fois le nouveau-né pour . que l'épreuve soit complète. Si l’essai ne réussit pas il ne EME plus. au poète qu’à divorcer de sa Muse.

I. Le rideau se lève chez Lord Touchwood sur une galerie où s'ouvrent plusieurs chambres. IL y à une joyeuse réunion. Careless. qui vient de quitter la table, s'échappe furtivement le chapeau, les gants dans une main et son épée dans l'autre : Mellefont derrière lui.

Mellefont confie à Careless que Lady Touchwood, déuxième épousede son oncle, est amoureuse de lui et s'ingénie à empêcher le mariage

poètes de deuxième rang et va faire crever de rage l'irascible Dryden et Congreve, » (1) |

Pope dira aussi :

Pride malice folly against Dryden rose In various shapes of Parsons, Critic, us (essay on criticism v. 439).

(1) The Play (Love Triumphant) was received as ill as it might be ; so at least we are informed by ‘a letter preserved by Mr. Malone (History of the English Stage, prefixed to Shakespeare’s Plays), daté March 22, 1693-94, in which. the writer after chuckling over the failure of the « Double Dealer » and the absolute dammnation of « Love Triumphant » concludes that the success of Southerne in « Fatal Marriage » will encourage the AUnOE poets and vex huffing Dryden and en to madness » (Scott).

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qu’il est sur le point de contracter avec Cynthia, fille de Sir Paul Plyant, le frère de la dame en question. « Sa méchanceté le poursuit <omme une lanterne noire ».

‘Le réunion d'aujourd'hui est même en vue des flançailles. Tout ce qu'il y a à faire est d'éviter le plus possible le contact entre les parents de la jeune fille et de Lord Touchwood lui-même avec l’intrigante. Il va falloir que Careless fasse une cour assidue à la crédule Lady Plyant, belle-mère de Cynthia qu'il l'occupe ainsi et même cher. che à la gagner en faveur de Mellefont. Quant à l'oncle, c’est Mellefont Qui s'en chargera tandis que l'irréductible tante est confiée au rusé Maskwell. Pour ces poseurs de Lord et de Lady Froth, amis de la maison, « leur temps sera enmxployé à s’admirer réciproquement » et à admirer le « galant » Brisk, comme ils l’appellent.

Tout est pour le mieux, dit Careless, mais le bastion le plus fort 4: été confié à la plus faible garde ; car Mellefont peut-il se reposer sur Maskwell ? Celui-ci n'est-il pas sujet à caution et quelque chose ne se passerait-il pas en cachette entre lui et l'épouse du Lord ? Mais Mellefont est trop affairé pour prêter l’oreille à ces suggestions. Et comme les messieurs entrent, Chacun s'engage de son côté.

Un changement de scène nous conduit à côté, dans les appartements particuliers de Lord Touchwood, Uné discussion animée entre Lady Touchwood et Maskwell nous montre que Caréless avait raison ; Car, furieuse, Lady Touchwood lui reproche de l'avoir déshonorée, après avoir trahi son ami. Au fond sa fureur n’est qu’un prétexte, car ce que veut Lady Touchwood, c'est le pousser à de nouveaux serments d’amtour et l’inciter à la venger de Mellefont.

II. Jusqu'à leur mise en action, nous voyons dans cette même galerie Lady Froth avec le « brillant » Brisk, puis Mellefont avec Cynthia.

Mais voilà que Sir Paul Plyant et Lady Plyant, en pleine effer. vescence, entrent brusquement :

Qu'est-il arrivé ? Pourquoi les adorables époux sont-ils si emballés ? C'est que Sir Paul et sa moitié ont été mis au courant, (nous devinons par qui), du fait que Mellefont voudrait bien épouser sans doute 1a pauvre Cynthia, mais que, lié à la belle-fille par des intérêts matériels, ses sentiments pervers le poussent vers la belle-mère ! Nous pouvons nous imaginer la situation. Mellefont reste ahuri, pendant que les protestations des deux nigauds pleuvent sur lui. Lady Plyant jure qu'élle n'a jamais été profanée de sa vie, même de Sir Plyant, et pendant que celui-ci tire sa fille à part pour lui donner des explicæ-

“ions et la consoler, Mellefont à genoux veut convaincre sa future,

belle-mère. Mais est-il possible pet s’en faire entendre ?

III Lord Touchwood a peine à croire capable d’une telle monstruosité son neveu qu'il aime et apprécie, mais en passant de réticences à” d’habiles insinuations, Lady Touchwood parvient à présenter Melle. : font comme un jeune homme qui, si elle ne se trompe pas, lui a fait

aussi des avances ! ;

Sans doute, si l'oncle se fâche, le scandale va éclater. Mais le

silence et la vigilance meneront plus sûrement à la connaïssance de

la vérité entière et aux mesures à prendre. Et pendant que Lorè Touchwood, perplexe, va se retirer dans son cabinet, Maskwell entrera et embrassera la dame pour l’admirable manœuvre dont il a été le témoin derrière la porte. Il va à son tour lui raconter la scène qu’il

a eue avec Mellefont. Comment vont-ils faire pour combiner la marche des deux manœuvres ? Rien de plus simple ! Lady Touchwood va révéler à son mari que Maskwell, qui a toujours été un homme de confiance, a eu vent lui aussi des tentatives perverses du neveu, son amf, et qu'il a cherché à l'en dissuader. Bien plus, il l’a empêché déjà une fois de les mettre à exécution. On va donc arranger une scène entre tous ceux-ci. : \

Quand Lord Froth entre avec Cynthia, Lady Touchwood en profite pour se retirer à l'écart avec Careless sous prétexte de discuter des « questions de famille » mises sur le tapis tout à l'heure par Sir Pau.

. Pendant qu’un autre appartement occupé la scène pour nous montrer Lady Froth en pleine tendresse avec Brisk, et en train de discuter et de retoucher avec animation un poème héroïque sur « le cocher », de la plume même de la précieuse.

IV Maïs en revenant dans la galerie nous trouvons Mellefont et Cynthia plus épris que jamais. Cynthia vient d'entendre Lady Touchwood parler âprement à son mari. La manœuvre fait certainemen: des progrès, son heure va sonner bientôt, car à 8 heurse, Mellefont va

frapper un grand coup suggéré par Maskwell ! Jusque là Cynthia jure à son flancé amour et fidélité.

Après des scènes galantes entre -Careless et Lady Plyant, Lady Froth et Brisk, Maskwell et Mellefont entrent par des portes différentes pour s'entendre définitivement sur le rendez-vous chez Lady Touchwood, dans la chambre de laquelle il le fait, déjà cacher de peur que plus tard elle ne la ferme à clé.

A l'heure indiquée, Mellefont surprendra Lady Touchwood avee Maskwell, feindra d’être furieux contre celui-ci qui prendra la fuite

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et menacera sa tante de le dénoncer au Lord au cas où elle né céde- - rait pas dans la question du mariage.

Mais le lord arrivant, Maskwell lui avoue que son ami à eu en effet une drôle de conduite dans les derniers temps et « sa folie semble empirer de jour en jour. » « Donnez-m'en une preuve », ditle lord furieux, et c'en est fait de lui ! » L'intrigant répond qu'il ne peut pas fournir de preuve contre son amfñ, mais comme il a dans

: un quart d'heure un rendez-vous avec lui pour le dissuader de sa passion, si le. lord veut l'attendre chez lui, il pourra apprendre du nouveau. L'heure de rendez-vous arrive. Dans la chambre de Lady Touchwood, Maskwell embrasse sa complice ; mais quand elle veut fermer sa chambre Mellefont sort de sa cachette ; Lady Touchwood pousse un cri de feinte surprise. Et comme Maskwell file, une scènes a lieu entre les deux adversaires. Mellefont, se croyant maître de la situation offre à sa tante qui feint de fondre en larmes, ses condi-

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Mais juste au moment où Mellefont, convaincu ,conclut : « Upon such terms I will be ever yours in every honest way »,

Maskwell fait tomber Lord Touchwood au milieu de cete scène suspecte et sur Ces paroles étranges. Au comble de la fureur äil tire son épée pour Se précipiter sur son neveu. Celui-ci est d'autant plus embarrassé qu’il voit Lady Touchwood reprendre son rôle et prier son mari en termes doucereux de pardonner au jeune homme « qui ñe sait pas ce qu'il fait ». C’est en vain qu'il veut parler, convaincre.

I1 ne lui reste qu’à maudire son sort et à appeler mentalement

Maskwell à son. aide, tandis qu'avec un Sourire ambigu la diabo:

lique créature sort, en entraînant son “époux par la main.

V. Dans la galerie les deux intrigants se félicitent maintenant du succès de leur manœuvre, Mais l'approche du lord les sépare silencieusement, Resté avec le lord, Maskwell de plus en plus perfide, provoque, tout en faisant semblant de les refuser, les générosités par lesquelles le naïf vieillard se croit obligé de le récompenser. Cômme lé lord s'aperçoit qu’il rève d'obtenir la main de Cynthia, en même temps qu'il va déshériter son ingrat neveu en faveur de l'ami modeste et fidèle, il décidera Sir Paul et sa femme en faveur de ce nouveau parti.

Resté seul, Maskwell se frotte les mains de onto Mais Mellefont vient lui demander de le sauver ! Maskwell le peut encore ; il a encore un dernier plan à son service !

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