‹ Un Classique Moderne William Congreve Sa Vie, Son ŒuvreChapitre 23 sur 70 · RS · texte numérisé non relu

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Rosalura : Here then, her is reason.

x Mantollet : Now, if you be a man, let this sight Side pres La Castre : Alas, poor gentlewoman ! Do you know me ?. Lugier : How she looks up and stares 1 Oriana : I Know you very well. You are A godfather ; 4 and thate the monsieur. PPT DRE CA CAT De Gard : And whoamI? M este ce Oriana : You are Amadis de ‘Gaul, sir.

= “Oh \ob; my: heart ! — Were you never in Re sweet lady : + And do you never dream of flowers and gardens PE dream ot walking fires ; take heed ; L comes now.

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ww

Tendre et D au es de ses hallucinations, Oriana rêve de son amour et de l’église où elle ira le lendemain vêtue en mariée. Mirabelt est touché de compassion : L

Mir : How £he us on me. hù

Oriana : You have a flattering face, but En: a fine one. de warrant, you may have a hundred sweethearts. Will you pray for me ? I shal} die to-morrow. And will you ring the bells ?

Il a des remords, il ne sait comment parler plus tendrement à la jeune fille; et désire du fond du cœur qu’elle revienne à la raison. C’est juste le moment où les autres se retirent. Restés seuls, une scène intéressante commence :

Oriana : Oh, my best friend 1 I would fain.

Mir : What ! she speaks well, and with another voice.

Se Oriana : But 1 am teartul, And shame a little stops my tongue, Tell

you, st. am well, I am perfectly well (pray you mock not) ; And s*

that I did this to provoke your nature Out of my infinite end Le restless love, To win your pity. Pardon : me ! £ Mir : DES :

Hi is true, F PTE you, But when Ï marTy Fou ‘you must be wiser: se

7 Nothing but tricks ? devices ?

| Oriana : Will you shame me ?

Mir : Yes, marry will I | — Come near, ‘come near la ie Ÿ The

- woman's well : ; She was only mad for marriage. Stark mad to be ston’d to death : give her good. cause ? Will this world never mend se — Are' you caught, damsel PRE

Trois moments de cette scène se trouvent dans Congreve ;

218 question « me connaissez-vous ? » avec la réponse sans queue © ni tête de la folle; le moment où elle reste seule avec lui et se

F démasque ; et le refus du jeune homme de se marier, après cet

| aveu. Les trois moments pourtant, de nature très générale, sént

traités par Congreve avec une autre verve et dans un esprit totalement différent.

De plus, toute la scène Fletcher flotte dans Je romanes-

que. Au lieu d’être humoristique, elle est pathétique. C’est la

folie simulée d’une Ophélie comique ! Celle de Valentin est la folie qu’aurait simulée une sorte d’Hamlet poursuivi par les créanciers !....

Enfnil n’y a pas un mot, un seul, qui vienne vibrer sur le

même ton dans les deux scènes. Somme toute, la coïncidence paraît presque fortuite, car — à part le fait que les trois mo-

ments ne constituent chez Congreve qu’un incident — et pas même un incident central de sa grande scène, tandis que chez Fletcher ils la remplissent toute entière, ces moments mêmes sont exprimés tout autrement. Nous pouvons donc dire encore une fois que l’action de Love for Love est de l’invention propre du poète. Mais Congreve est plus original encore dans les caracières.

Ce qui nous frappe tout d’abord et qui a frappé le biographe de 1699 — par contraste avec les pièces précédentes — c’est la nature à part de chaque. pérsonnage (2)

Le jeune homme de tempérament passionné, frivole et franc, bon ami et mauvais fils, c’est l’un des héros de prédilection de Plaute, qui l’a fixé dans Carinus de Rudens. Mais complètement moderne, Valentin est un « Wit » et son idée de vivre aux dépens de cette qualité, c’est Fletcher qui ia lui donne, pour peu de temps, il est vrai ! car le fils de Sir Sampson est avant tout un amoureux. Cela étant donné, non seulement il ne se - moque pas des richesses et ne les méprise pas, mais il est avide d’en posséder, se rendant bien compte que les qualités intellectuelles sont tout au plus un moyen passager d'éviter les flèches de l'amour, mais pas un moyen sûr d’en gagner les faveurs... C’est donc avec sa jeunesse étincelante, joyeuse et incorrigible et non avec la sagesse antipathique et vieillotte qu’il va lutter au risque de tout perdre, même celle pour la posses- “sion de laquelle il se débat. « Scholar lover », comme l'appelle Mr. Gosse (2), il est aussi un « joueur ». Si Congreve avait aimé les cartes comme Regnard, il aurait donné à Valentin le moyen de tenter la fortune par laquelle Valère faisait rire la scène parisienne un an plus tard (3). Ne jouant pas aux cartes, plein d'invention et d’esprit, Valentin contrefait la folie. Cette folie cependant n’a rien du tragique grotesque d'Edgar. Moins halluciné, il n’en est que plus amusant. D’un sens tout aussi pro-

(1) The characters are fully distinguished and the manmers well marked.

Mais l'opinion de Gildon au sujet de l’action n’est pas si arrêtée :

leave the nicer critiks to decide whether the unravelling of the Plot, and the conduct of Angelica in it be extremely just or no : I shall only say it pleas’dä and that is considerable Defence, whatever some may think to the contrary.

(2) History of the XVIII century literature, II.

(8) Le Joueur a été représenté le 19 décembre 1796.

) RE fond (1), sa folie pourtant est d’une satire plus incisive et plus personnelle. C’est plutôt un Hamlet de comédie, ce jeune homme rêveur sans amertume, jongleur sans cruauté, fantaisiste jusqu’à l’insouciance — et pas beaucoup plus amoral que le héros shakespearien. Collier le nomme immoral. Sans doute ce « debauchee rewarded » peut difficilement soutenir la comparaison avec Saint-Jean ! (XIV, 6; XVI, 13), maïs après tout, Hamlet le peut-il davantage ? Un homme comme le « Non Juror » pouvait-il facilement comprendre qu’il n’y a pas d’immoralité de fond dans les paroles de Valentin, non seulement dans celles où il parodierait la Bible (ce qui est loin d’être probable), mais pas même dans celles où il brave son père en lui rappelant que : « S’il avait voulu qu’il vînt au monde dénué de tout, il aurait dû aussi le procréer également sans jugement, sans pensées, passions, inclinations, affections, appétits, sens et toute cette cohorte de démons qu’il porte en lui et lui deman-. dent « employment » ? (2) Mais il est vrai qu’il est amoral; et c’est par là que nous nous approchons du ressort intime de son âme. Re Valentin est tout jeu, insouciance, liberté de paroles et d’action, risque et gesticulation, passion et ironie, en un mot, il est : tout sensation. Il appartient moins à la Restauration que Bellmour et Careless, parce qu’il est plus de tous les temps. Plus honnête, il est dans la même mesure plus passionné; passionné, il n’est pas vicieux. Ruiné, il continue à être heureux; rebuté, il reste encore capable de se sacrifier lui-même, car plein de vie, il est toujours en état de la recommencer; son âme est donc

{1) Valentine is a fine character and his feigned madness is splendidly portrayed and worthy of Edgar in King Lear. (Cecil F. Armstrong : « Shakespeare to Shaw ».)

(2) Ce passage a aussi frappé « The Spectator », n° 189 (Addison).

tout un poème de fantaisie et d'humour, de plaisir et de générosité, d’ ironie et de bardiesse, un poème du bonheur, du bonheur de vivre. Ses qualités sont de l’ homme, ses défauts sont de l’âge; et l’âge, c’est précisément ce qu'il n’a pas car il est l'éternel jeune homme, la: jeunesse même.

S'il eût vécu en France à l’époque romantique, et s’il eût pris au sérieux sa vocation de poète, il eût eu nom Musset

Immédiatement après Valeatr, comme puissance d’ esprit, nous dirions presque comme jeunesse, vient Sir Sampson (4). C'est en effet un type extraordinairement jeune que ce géant de Sir Sampson. Car Sir Sampson est un géant, non parce qu'il s’appelle ainsi, et que « les Sampsons sont depuis leur origine de rudes mâtins », mais parce qu’il est tout nerfs et sensualité, passion et bonne humeur continue. Sa VOIX C "est un tonnerre, son pas fait trembler les vitres po

Sir Sampson est en vérité un irréductible. (Son physique ne surpasse pas sa puissance d'esprit). Ce que l’on n’a pas suffi- samment remarqué, c’est que le père de Valentin est un « Wit ». À chacune de ses entrées, c’est un pétillement de verve fantastique. Il parle comme il boirait du vin, faisant rouler ses mots comme des glouglous dans un gosier gras et sonore. Valentin, si persifleur qu ‘il soit, ne fait pleuvoir sur personne une grêle de sarcasmes du genre de ceux dont le colosse sentimental inonde cette pauvre et chétive créature de Foresight.

Nous ne pouvons nous abstenir de donner quelques ue tillons de la verve endiablée du pétulant personnage. Il se re-

\ L (1) If the reader has à mind to see a father of the same stamp represented in the most exquisite strokes of humour, he may meet with it in one of the finest comedies that ever appeared on the stage. I mean the part of Sir Sampson in Love for Love.

The Spectator, 189 (Octobre 6, 1711).

commande lui-même à Foresight qui se vante d'avoir voyagé dans les étoiles : \ é |

— 1 tell you I am wise, and sapiens domänabitur astris : there's latin fcr you to prove it, and an argument to confound your ephemeris, — Ignorant ! I tell you, I have travelled, old Fircu, and know the globe. I have seen the antipodes, where the sun rises at midnight, and sets at noonday. I know the length of the Emperor of China's foot ; have kissea tie Great Mogul's slipper, and rid a hunting upon an elephant with the Cham of Tartary. Body ome, I have made a cuckold of a king, and the present majesty of Bantam, is the issue of these loins. (II, I).

et quand Foresight parle avec Se de sa science } astrolos gique, il tÉpArat

I have known an Habider made a cuckold in the twinkling of a star ; and seen a conjurer that could not Keep the devil out his wife’s circle.

Thy wife is a constellation of virtues ; she’s the moon and thou art the man in the moon ; for she has her Chastity without her inconstancy ; ’sbud, I was but in a jest.

| Au sujet de la folie de son fils qu’il a caractérisé si carrément en présence de Foresight et de Jérémie, il s’écrie :

Hoity, toity, what have I to do with his dreams or his divinations. I warrant the devil will tell him in a dream, that he must not part

with his estate ; but I'Il bring hinyu a parson to tell him that the devil

is à liar.

Il aime Ben, mais sans trop de tendresse; le marin lui plaît parce que c’est un « wag »; mais dès qu’il lui résiste il le disgrâcie tout aussi facilement qu’il l’a déjà fait pour Valentin. Revenant donc rapidement à sa conviction innée qu’on ne doit se soucier que de soi-même, Sir Sampson se choisit une épouse à son goût ! Avec quel triomphe gaillard il entre, Angélique au bras : |

Fore : I'm thunderstruck ! — You are not married to my niece ! Sir S : Not absolutely married; uncle ; but very near it, Wine a Kiss of the matter as you see. (Kisses Angelica).

Ang : ’Tis very true uncle ; 1 hope you'll be my father, and give me, Sir S : That he shall, or l’11 burn his globes. Body o’me, he shall be thy father, and l’11 make thee a mpther, and we’ll beget sons and daughters enough to put the weekly no out of PR

Tandis qu’à la coquette Mrs. Foresight également étonnée, il s’adresse ainsi : Ù

How ! What does my aunt say ? Surprising, aunt ! not at all, for a young couple to make a match in winter : ; not at all. It's a plot to “undermine cold weather, and ai that usurper of a bed called a warming-pan | $

Un tel père, mari et ami est vraiment déconcertant. Un Don Louis désavoue aussi la conduite excessive de son fils. Mais quelle leçon académique de morale il fait à Don Juan ‘en en appelant au blason, au nom et à la gloire de ses ancêtres avec des maximes comme : « Un gentilhomme qui vit mal est un monstre dans la nature », dignes, en effet, de la fameuse réponse

du fils : « Monsieur, si vous étiez assis, vous en seriez mieux pour parler ».

Egoïiste et pratique, Sganarelle de l° « Amour Médecin » l’est aussi, lorsqu'il veut garder son bien et sa fille Lucinde pour lui; grossier, Mr. Jourdain l’est aussi. Cependant, maître de lui, et d’une intelligence et d’une ambition qui évitent héroïquement d’être berné, Sir Sampson n’a rien de niais ni de sénile et il est tout aussi étranger aux héros moliéresques qu’il l’est par exemple à Strepsiades, le riche agriculteur des Nuées d’Aristophane, qui, réduit à la misère par son fils, croit qu’il peut éluder ses dettes en étudiant l’art des sophistes, pour être à la fin roué de coups par son fils Phidippides lui-même.

ment différentes de la situation d’Harpagon.

Sa sévérité et son envie de se marier sont de même complète-

I n’y a qu’un héros dans toute la comédie universelle auquel on peut rapprocher, comme genre et comme puissance de

création dramatique, ce « finished portrait of an ill-natured

wit » comme l’appelle — pas tout-à-fait exactement — Davies : c’est Sir John Falstaff. | Sir Sampson Legend n’est en effet ni père, ni ami, ni époux. Comme le héros shakespearien, il ne peut vivre pour les autres, car il doit nourrir à l'infini son immense carcasse aux appétits, ambitions et besoins insatiables. En lui la vie se réalise par elle-même. Presque pas de rapports avec le monde extérieur. Comme une île qui aurait tout ce qu’il lui faudrait pour subsister au milieu de l’océan, il vit en lui-même, égoïste et sensuel, libre et spirituel, amoral et presque asocial. Ses triomphes et ses faiblesses — paraît-il — appartiennent moins à l’individu qu’à son espèce, dont la conservation serait le but final. Sir John fuit la lutte ou prie le prince Henry d’avoir des égards

pour la délicatesse de la chair humaine. Avec le même cynisme, -

Sir Sampson affirme son moi contre les siens même, et reçoit philosophiquement sa défaite, comme si à la fin du compte il lui suffisait de... vivre. |

Un degré plus bas que Sir John, comme esprit et comme sensualité, Sir Sampson est comme celui-là un original de premier ordre et un exubérant.

Avec un semblable père et un pareil frère, Ben ne peut manquer non plus d’être un original. On dit que Congreve a été (1) à

(1) | as Congreve is said to have gone to Wapping to write Ben, Gay to Newgate to furnish his Beggar's Opera, or as Swift used to listen for hours

to the low Irish.

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