‹ Un Classique Moderne William Congreve Sa Vie, Son ŒuvreChapitre 32 sur 70 · FA F · texte numérisé non relu

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et eur été sous le poids de la fatalité.

iln’ya qu ’Ibsen (1) qui pratique ce principe du drame Re les lois divines étant chez lui remplacées par les lois naturelles, ;

celle de l'hérédité, par exemple. — Or, nous nous plaisons à voir réalisé dans Congreve, qu'il en ait conscience où non, mais Es

en tout: ‘cas par une bonne et saine intuition dramatique, le pro-

cédé classique, procédé qui. constitue d’ ailleurs le seul point Fe intéressant d’un drame tiré de l'armoire aux défroques de Ja DATE

Restauration.

Aussi, rien de plus attrayant que le commencement de «The Mourning Bride ». Nous ajouterons pourtant tout de suite que si lPanticipation de l’action principale par un événement . déjà consommé est de l'invention personnelle de l’auteur, cet événement comme celui de l'action principale est puise aussi À à des sources étrangères. dur

Deux amants séparés par une mort présumée, qui se retrouvent plus tard — et cela précisément au tombeau d’un parent — tel est le motif avec lequel nous a familiarisé « {Cléopâtre », l’heureux roman héroïque de ce Sieur de Tolgon et de Wattignies Gauthier de Coste de la Calprenède. Répandu dans le public anglais par les trois livres de 1652-55 de Robert Loveday et par les éditions complètes de 1665 et de 1674, ce roman à dû tomber aussi sous cétte forme sous les yeux de Congreve. Le livre qui séduisit même Mme de Sévigné aura passionné l’auteur précoce de l’ « Incognita ». Le fait est qu’à la composition de sa tragédie, il s’en est souvenu et même bien sou-

ET

(1) Et de nos jours François de Curel, peut-être.

à vent u (D 0 œ, de k de Histoire d’ Elise » qu’ on raconte à 1e sus

… dia or Lone s Master Poe nous appresions que le père d’Elise, Je roi parthe Phraates, envahissant la Médie (2) de Tigranes,

SR finit par être vaincu par son brave général; celui-ci, de plus,

__ s’empare de la ville où Phraates avait laissé la reine et la | princesse. |

Mais le roi Tigranes, voyant la. princesse, tombe aussi

amoureux d’ elle; Artaban se fâche avec son maître, est chassé et entre alors au service de Phraates. Mis à la tête des Parthes,

il reprend la ville et sauve les captives. Bien plus, ik conquiert ;

bientôt toute la Médie, la Cappadoce et la Cilicie. En récom- : pense de ses immenses services, Phraates lui permet de deman- : der ce qu’il voudra. Il demande naturellement la main d’Elise. Cela irrite et révolte le fier monarque et le jeune héros, sur les conseils d’Elise même, se-voit réduit à attendre loin de la cour que le courroux de son maître soit passé. Mais dès qu’Artaban est parti, les Mèdes se révoltent de nouveau et Tigranes vainqueur aspire encore une fois à la main d’Elise, dont il fait — ainsi que la tête d’ Artaban — une des conditions de la paix. Ce que Phraates lui accorde volontiers. Les deux jeunes gens sont donc envoyés en Médie sur deux vaisseaux, l’une comme future reine, l’autre enchaîné pour y être exécuté. Mais les pirates attaquent les vaisseaux et ce n’est que grâce à l’héroïsme

(1) Avec les deux tragédies — basées dit-on sur le même roman — « The Young Prince » première tragédie d’Aphra Behn et « Gloriana » de Nath. Lee, - la pièce de Congreve n’a aucun lien. La première parle de la princesse dace Cleomena qui finit par poignarder le prince scythe Thessander à qui sa mère veut la marier, tandis qu'Orsames, emprisonné quelque temps dans un château, amène la paix et la réunion des deux royaumes. La deuxième parle de l'amour de Cesario et de Gloriana, fille de Pompée, aimée aussi d'Augustus et seques-

- trée par ce dernier. À la fin Cesario tombe dans la lutte avec César.

(2) Le conflit entre les Mèdes et les Parthes rappelle celui d’entre Grenade et Valence.

225460 ne se” s

d’Artaban que la flotte d’Ephialtes est vaincue. Les deux amants sont ainsi de nouveau réunis. Maîtres de la situation,

ils renvoient l’escorte Mède seule en Médie tandis qu ’avec les 2 Parthes, qui ont proclamé Artaban Capitaine, ils vont demander | asile au roi de Lybie. Mais une tempête les jette sur la côte

d'Alexandrie. Les pirates prisonniers ayant à leur tête Zeno- dorus veulent le tuer. Dans leur lutte corps à corps Artaban et Zenodorus tombent à la mer et, comme le premier porte une Da lourde armure, Elise croit que son amant s’est noyé. Elle est conduite à Alexandrie pendant que le pirate, moins lourdement armé, a pu être sauvé par les siens et part à la recherche de la . princesse Candace. | +.

Longtemps après (VII partie, livre IV, un jour Elise va avec Candace au tombeau de Tiridates. Pendant qu ’elle y pleure la mort de celui-ci, elle voit devant elle deux étrangers, un très pâle, appuyé sur l’autre; ils s’approchent. Candace découvre dans le jeune homme pâle Britomarus, dont elle avait d’ailleurs parlé à son amie, mais Ô surprise ! Quand la jeune fille et l’étranger se regardent ils se reconnaissent immédiatement. Elise et Artaban se sont retrouvés.

Bientôt arrive Tigranes, d’autres combats vont commencer; et les péripéties suivront leur cours. |

Dans le passage que nous venons de raconter il y a toutes les phases de l’aventure d’Anselmo et d’Almeria : la lutte entre les deux cités, la princesse emmenée en captivité par le général s ennemi qui la traite généreusement et tombe amoureux d'elle. la fuite sur un vaisseau qui fait naufrage, la disparition présumée de l’amant dans les flots; sa rencontre inattendue avec lui à un tombeau. LE

Sans doute, presque la même histoire se trouve dans

due 161 —

| Le « Astrée » » d’Honoré d'Urfé, dont la version ie à . La Fon- taine, a dû être bien connue de Congreve et cela d’ autant plus qu ‘elle contient un incident qui manque à l’histoire d’Elise. En

en et, nous savons que Céladon aussi, après avoir été repoussé,

R grâce aux intrigues de Sémire, par la bergère qui se croit trahie, se jette dans le Lignon et passe pour mort. Mais il a été sauvé par la princesse Galathée qui tombe amoureuse de lui. Comme

= Zara, celle-ci raconte son amour et se rappelle la pâleur de sa

figure sur le rivage.

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