‹ Un Classique Moderne William Congreve Sa Vie, Son ŒuvreChapitre 5 sur 70 · SR MP · texte numérisé non relu

SR MP

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dans le vrai; car la première poésie de Congreve avait paru,

comme nous avons Vu, quelques mois supeene dans la pre- ë

mière Miscellanée de Gildon.

Cependant le jour de « The old Édchelér » rt et

cela au grand plaisir de Thomas Davenant, le Directeur de la Maison, qui non seulement avait accepté la pièce, m mais avait

tive à Congreve et qu'il attribue à juste titre à la rencontre du poète avec le compositeur pour s'entendre sur leur collaboration.

L’anecdote — qui ne parut qu'en 1722, à la fin de l’ « Epître à Richard

Steele » dans laquelle Benjamin Victor défend le journaliste contre le

« ill-natured » John Dennis — dit que le Dr. Purcell et Congreve, étant

un jour au Cabaret et voulant se débarrasser de Dennis qui tombait mal -

à propos, Purcell lança une plaisanterie dont la platitude révolta le critique, qui s’écria : « Sir, the man that will make such an execrable

pun as that in my company, will pick my pocket », et il quitta la

chambre.

I est curieux qu’ une autre anecdote dans « The Gentleman's Maga. zine » (1) attribue la même réponse au même Dennis, dans une toute autre OCCasion, \

Congreve avait un tabac à priser très estimé des narines de son confrère en art dramatique Rowe. Celui-ci envoyant trop souvent à Congreve sa tabatière à remplir, Congreve lui écrivit au crayon sur le cou-

vercle les lettres majuscules &recques O? P’'. Quand Dennis apprit cela,

il s’écria, dit-on, « A man capable of making so vile a pun, would not scruple to pick pockets. » ==

Rowe, dont la première pièce allait le faire connaître et le rendre amoureux de Mrs. Bracegirdle seulement en 1700, et qui recevra de la. part de Congreve deux quatrains pour « The Fair Penitent » à peine en 1703, était certainement à cette époque on jéune pour être dans le cercle de celui-ci. ue ;

Mais, quelle que soit la date à laquelle se place cette anecdote, avec les détails piquants sur Congreve, — sa prédilection pour les jeux de mots, son tabac aromatisé, une certaine parcimonie à traiter ses amis — elle n’est pas moins intéressante, d'autant plus qu’elle est la seule où ile soit fait allusion à la vie intime du poète. -

(1) June 1818, p. 598.

re Re — de

donné à Congreve - — évènement sans précédent — six mois avant la représentation, le privilège d’avoir ses grandes et ses petites entrées au théâtre. Tout ce que nous avons vu de l’activité et de la gloire de Congreve jusqu’à maintenant n’était done que le Poule de son paie et glorieux début.

La pièce apportée par Congreve, nous avons vu. d’ où, et - présentée à Dryden, nous avons vu par quel parrain, avait vraiment frappé le maître comme la Dire Die de début qu’il eût jamais connue. Il n° y avait qu’à y faire quelques adaptations pour la scène; Dryden et Southerne après Porn et Moyle, s’offrirent à les faire eux-mêmes.

Mais, chose qui étonne chez un causeur réputé comme

A7 l’était, Congreve — de même que Dryden, Thomson, Golds-

mith et au contraire de Lee, Rowe, Pope — lisait fort mal.

Johnson, interprétant Southerne (1), dit que Congreve avait ‘si mal lu sa pièce, qu’elle avait failli être refusée.

C’est certainement Southerne qui l’a sauvée parce qu'il

lisait bien. Mais ce qui l’a encore mieux sauvée c’est sa repré-

‘sentation dans l’hiver de 1693 qui fait “Em dans |” histoire du théâtre de la Restauration.

Admirablement interprétée, à un tournant du théâtre anglais

alors en pleine évolution, sous le patronage le plus favorable,

elle grave dans l’histoire du drame anglais un des plus grands noms entre Shakespeare et Sheridan.

Quarante soirées successives, à une époque où trois ou quatre représentations étaient un succès, trois éditions en deux

4) Gelui-ei ne nomme pas la pièce, mais c’est bien Fe une pièce de début qu’il doit s'agir là.

Le 4 | fo:

mois (4), nous pouvons s facilement nous imaginer ce que cela signifie pour un Congreve à |? âge de vingt-quatre ans. AT

Southerne se croit tenu (chose vraiment généreuse cliez un

confrère en pleine quête de succès personnel) de publier ne |

la préface de la pièce des vers où il présente Congreve comme …

grand parmi les grands et le désigne comme le successeur de 4

Pryden, anticipant ainsi sur le désir que ce dernier exprimera l’année suivante :

Dryden has long extended his command -

. His eldest Wycherley, in wise retreat

. Loose wandering Etheridge, in wild pleasure lost . Poor Lee and Otway dead ! Congreve appears The darling and last comfort of his years.

D’ autres ones se groupent autour de | Congreve.

Bevil Higgons ne pouvait rester en arrière et en vingt- quatre

vers il chante son ami sur le même motif : E

But you too Bounteous, sow your wit so thick.

We are surpriz'd, ’d, and know not where to pick - What mayn't we then, great youth, of thee presage ‘ s Whose Art and Wit so much transcend the Age ?

How wilt’ thou shine at the Meridian height ?

Who, at the rising, give so vast a light ? -

When Dryden dying, shall the world deceive

Whom we Immortal as his works believe

Thou shall succeed, the glory af the stage

Adorn and entertain the coming Age. Le

(1) The success of Mr. Congreve’s Old Bachelor has been so extraordinary that I can tell you nothing new of that comedy ; you have doubtless read it before: this since it has been already printed thrice. And indeed the wit which is difus’ä through it makes it lose but few of those charms in the Perusal Which yield such pleasure in the Representation.

(Gentleman’s Journal, Febr. 1692-95.)

(D'ailleurs le même journal avait déjà annoncé la pièce « which will be.

acted in a little time »). > \ ?

< Le

Wa

née re AS —

HSE Tandis qu'un autre moins connu, J. W. Marsh, après une ar allusion aux critiques qui comme des oiseaux de proie guettent Re leur victime pour fondre dessus, félicite son ami qui est déjà

| Quite out of reach and almost out of sight a Fi: considère son Œuvre : æ

Es As a fair Orange-tree at once is seen 5e s Big with what's ripe yet springing still with green

pour terminer par la déclaration problématique, mais très louable en elle-même : | É Accept my pious love as forward zeal nr Which tho’ ruins me I can’t conceal - | 4 Expos’d to Congreve for my weak Applause mA | l'm pleas’d to suffer with so just a cause | l a And tho’ my offering-may unworthy prove ; + Take as a friend the wishes of my Love.

Les premières éditions des pièces qui portent ces deux dédicaces donnent aussi un prologue qui avait manqué la représen- 580 tation et qui était « Intended for the Old Bachelor » par un ano-

. nyme dans lequel apparaît, plus tard, la personne de Lord Falkland lui-même. Dans des vers à double sens assez licencieux, le Lord, opposant Congreve à Heartwell, déclare :

As for our youngster, I am apt do doubt him sy

With all the vigour of his youth about him

But he more sanguine, trusts in one and twenty And impudently hopes he will content you.

Les éloges ne font pas faute d’arriver, même de la part de ses amis absents; car Charles Hopkins (1), non seulement ne

: {1) 1664-1700, ancien Templier aussi, qui avait de même passé son enfance j en Irlande et qui à cette époque, dans île cercle de Dryden, étonnait autant par son vif talent que par une vie adonnée aux excès. C'est de lui que Dryden disait

à Mr, Stewart « qu’il écrit des vers charmañts sans s'en rendre compte. »

en ee manque pas de le ie das la lettre adressée à à Walter Moyié ou parmi des « Wits » tels que le « vif Southerne » et « le géné-

reux Wycherley » mais encore, rappelant l’âge avancé de Dry- 5 “5 den, prie Dieu que à Lt Se ST NO a En do:

Late very Taie may great Device dié se “But, when decayed, may Congreve, rise as “ign. To him my service and my love commend 1x à The greatest wit and yet the truest friend, PERS Da 2,

Dans une Aie lettre caréséée au poète pamphlétaire An | thony Hammond, l’ami de Prior, auquel d’ailleurs son volume ni À est dédié, Hopkins chante EL et son cercle de la façon

Suivante : …. ee Rte. A

ë el w i ; É AE Long, long ere this, you've often been possest | Of all your wish could frame to make you blest When you and Southern, Moyle and Congreve - The best good Men with the best-natur’d Wit (2) Good Wine, good Company, the better Feast.

And whene’re Wycherley is present, best.

pour finir :

Take the best wishes of a grateful soul :

Congreve and ère and you possess | . whole.

Les vers, en dehors de quelques totons sur la vie de Congreve, nous donnent aussi le nom d’un autre de ses -amis. Anthony Hammond, presque du même âge que lui (1668-1738),

« Cambridge man » et poète à ses heures, était l’ami intime de . * Moyle. Comme lui, riche et d’humeur joyeuse, il gaspillait sa vie entre les Muses classiques et la politique.

(1) Epistolary Poems.

(2) L'origine du vers fameux de Swift sur Dorset ?

se | Macaulay dit qu il n’y à pas en littérature d’ exemple d’un début plus foudroyant que ceux de Byron et de Congreve.

se UE jeune homme qui à à vingt-quatre ans (vingt-et-un dans ee ee la conviction de ses contemporains) était « le plus grand esprit». et conquiert les éloges de tous, depuis les confrères jusqu” aux Hess AOSS depuis les jeunes jusqu ’aux vieux, est vraiment un cas > unique dans la littérature. Tous le désignent, nous l’avons vu, comme l'héritier de Dryden et cela n’était-il pas la suprême gloire : à laquelle pût aspirer non seulement un débutant, mais même un me RE, d’un talent déjà consacré RU Sn

à n,7 Quelle: est: cette pièce qui a couvert Congreve dé tant de : “gloire ? 2

& The Old Bachelor re A \ I. Deux amis « beaux de société », se rencontrent dans la rue. Vainlove, jeune homme qui jouit des bonnes grâces, un peu encom- > brantes des femmes, a justement un commission pour son ami Bellmour, un peu-moins heureux auprès du ‘beau sexe et d'autant plus avide de ses faveurs. Cette commission concerne Laetitia, la femme du banquier Fondlewife, séduite depuis peu par lui, mais dont : il est las avant de l'avoir conquise.

Le plan est arrangé : Au rendez-vous donné chez elle en l'absence de son mari qui veut lui envoyer Mr. Spintex « le fariatique prêtre borgne » pour lui tenir compagnie, c’est Bellmour qui se présentera sous un déguisement approprié. Vainlove la lui cèdera d’autant plus volontiers qu'il est sur le point de nouer une intrigue nouvelle pu et sérieuse cette fois avec Araminthe. L'idée sourit à l’écervelé jeune

homme, qui, tout en étant amoureux de la capricieuse Bélinde, aime les aventures. sé

SûE Mais Heartwell, le vieux célibataire, vient justement d'arriver. « Grossier et tout aussi anthipatique aux femmes qu'un miroir après la variole », ce soi-disant misogyne meurt d'amour pour Sylvia, la maîtresse abandonnée et mélancolique de Vainlove.

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II. Celui-ci à peine parti, peut-être pour aller trouver Sylvia ! — | Te arrive Sir Wittol, un « Squire » riche mais aussi niais que peureux, et qui vient à peine de ie son inséparable chaperon, le capes taine Bluffe. “LS : PRES

2 Bellmour parle à son ami Sharper, + Éseroe d’un guet-apens Etrs dont sir Wittol a été victime la nuit précédente, dont if l'aurait tiré sans que Sir Wittol dans son trouble aît pu ‘reconnaître son sauveur. Bellmour parti, Sharper, avec des paroles mielleuses, se donne pour le sauveur de Sir Wittol et — non sans quelque peine — amène le « galant chevalier » à le dédommager d'une perte matérielle qu’il aurait faite dans la bagarre de la veille. / JS

- à k > Fa En effet, celui-ci lui donne un chèque de cent livres sur son banquier, l’échevin Fondlewife en personne, à ;

Changement de décor. Après une rentrée ridicule de « l'Hector Var: Troyen », Bluffe, nous voilà dans l'appartement des coquettes Araminthe et Bélinde, deux cousines gentilles et bizarres, qui se taquinent en présence de Betty, au sujet de leurs- amoureux RE Vainlove et Bellmour.

Ceux-ci arrivent justement et Ce qui va $e passer maintenant entre = les quatre personnages est certainement un duel d'amour. Chacun RE jouera son rôle à rebours, surtout Bélinde et Bellmour, « deux seaux & dans un puits qui ne peuvent jamais arriver ensemble », Mais au fond, tout le monde s'accorde.

ue III. Le troisième acte nous transporte dans la rue, en face de la ° maison de Sylvia qui justement rentre chez elle. Elle aime encore Vainlove, mais Lucy, sa soubrette, lui conseille de ne plus penser à lui - et de chercher plutôt à ne pas,perdre Heartwell.

eo Le conseil tombe à pic, car à ce moment Heartwll se trouve devant ee SES sa porte. Il y a chez l’hypocrite une lutte : entrera-t-il ou n’entrera- ne ;“ pas ? — « Ah Venus ! » |

ur Mais Setter, l’entremetteur, arrive. Il a tout arrangé pour le dégul- Rss sement de Bellmour en pasteur Tribulation Spintex : « Chapeau sacré, soutane spirituelle, longue et avec assez de plis pour cacher Ia dé- ‘bauche de la chair », et même le bandeau noir qui lui recouvre un œil, « comme un deuil pénal pour: les œillades profanes de la jeunesse », Bellmour part pour-recevoir « la confession de Mrs. Fondlewife ». + #

Eux à peine le dos tourné, arrive Sir Joseph Wittol, réprimandé par Bluffe qui a appris le tour joué par Sharper.

PRE Sur Id FER à la pa nous Voyons tour’

à quelques verres de Mañère », en. M de Blufte naturellement:

endroit not de Paie pour chercher des papiers dans la chambre même de sa femme. Sir Wittol doit l’avoir rencnotré car il est maintenant avec le banquier. Celui-ci va être bientôt convaincu que sa femme est victime d’une intrigue et tout est- pour le mieux. dans le meilleur des ménages -Ce bonheur en est sur le Bon de € convertir au DAERSE® » Bellmour lui-même !... a

AS

v. À peine mA dans la rué, quel meilleur “usage pourrait faire É Bellñour de sa -soûtane- que de la mettre au service de Heartwell en | ÉSAPAGNE de Lucy à la recherche d'un Révérend. Quelque menue monnaie donnée à la Pre achète sa complicité. Quand Vainlove, Sharper, et Setter PAR? il est déjà Part: pour marier Sylvia et Heartwell. + | .

Mariage simule. car bientôt Sylvia ca Lucy la servante seront mariées, sous masque, à Sir Wittol et Bluffe — par une farce de Sharper - —— tandis qe Araminthe et Bélinde prendront Vainlove et

Bellmour. ARTE FE a Danseurs ét musiciens arrivent. on in

4, «The ol Bachelor » n° esta à proprement parler qu ’une farce. Bien plus, Gi est une farce multiple et c ’est ce qui en constitue le défaut capital. -

à tour ATa- , inthe et Bélinde sOSir Wittol, « léger comme une Are grâce

mont arrivant d’ “ailleurs à à peine au ne acte constitue également le dénouement de la pièce. Cette gageure nous étonne par son audace mais ne finit pas par nous convain e; si nous | croyons aux mariages qu’ il bénit, à la fin, nous ne vo ons ] pas trop pourquoi il a fait celui de Heartwell. Les der «actions | n’ont presque rien à faire l'une avec + autre. Et ce qui aurait dû être un premier revirement à l'action essentielle — les mariages de Vainlove et de Bellmour en sont un deuxième ee ie demeure comme une espèce de liquidation forcée et lente.

On pourrait difficilement dire que Congreve sût construire ‘une pièce à cet âge. Nous pouvons nous imaginer qu ’elle pouvait être l’ action de cette eee avant que Dryden et Cie ne laient adaptée à la scène, .— s'ils n’ont pas fini par la géier | J Le rapiècement dans tous les cas saute aux yeux.

Mais cette farce multiplie, empiète sur le de de la. comédie de mœurs et de la comédie de caractère, et c’est ce qui. Le “en fait l’intérêt. Les scènes du parc, cher aux comiques de la ; = Restauration, l’épisode du Royal Exchange, le ménage Fondlewife, et surtout la jeunesse représentative du sympathique quatuor amoureux, sont de vrais lambeaux arrachés à la vie . sociale de l’époque. ae à “4

On ne peut nier que cette peinture sociale ne soit typique. + La phrase du Dr. Johnson que cette pièce trahit une « connais- > sance de la nature humaine, recueillie dans les livres » SeTAPporte à d’autres types du « Old Bachélor »; et ce que Leigh Hunt veut dire par la « connaissance étonnamment profonde et müre

de la vie », se rapporte exactement à cette > peinture sg ee

- Mais que dire de précieuses ét de la précieuse Bélinde ? Pouvait- on imaginer un pendant plus logique à Bell- É mour ? Remplie de l esprit de caste d’une société affectée, elle passe ses loisirs 3 à faire des. manières et à à caqueter. Sans à . cœur, elle ne comprend l’amour que comme une pose, comme “un thème à badinage ; et elle cache son profond désir du mariage sous un dégoût simulé. La délicatesse de ses manières couvre la dureté de son cœur. Sa malice elle la dépense, non sans quelque esprit, il est vrai, à faire des gorges chaudes d’une pau- Da famille de province rencontrée au Stock-Exchange; « figures de poules de Frise auxquelles les plumes poussent à rebours », ee | famille « infortunée » parce qu’elle ne sait pas s’habiller à fie Ja mode et n’a pas de « manières ». Quant au ménage Fondlewife il appartient moins à l’ époque de la Restauration, parce. on al est, hélas k de tous les temps. En effet, le poète ne perd

de vue les peintures sociales que lorsqu’ il vise aux caractères.

La pièce même a pour pivot l’é étude d’un caractère. Heartwell, dans la conception du poète, est un ‘homme extrait de ‘la Sceiété * contemporaine et généralisé sous forme d’ une nature double. De même Vainlove frise en quelque sorte le type donjuanesque. (Nous allons voir jusqu’à quel point le poète réalise ce carac- LÉ CE SE tu, ve ve Mais la comédie de mœurs réussie et celle de. ee à peine esquissée se perdent toutes les deux dans la farce. La farce est en effet toute l’ossature de la pièce et, nous pouvons le dire, l'élément essentiel de son succès. Rien de plus amusant et-de plus habile que le tour joué à à Fondlewife dans la scène la mieux réussie de la pièce; et la façon dont Sharper, après avoir soutiré É argent aux deux chevaliers, les marie par-dessus le marché. | * Quant au cocuage de « The Old Bachelor », nous le trou-

vons presque génial ! Guère plus osée que dans Molière, la péri-

pétie de l’infortuné banquier est une trouvaille. Il est dans l’es-

calier. Il ne voudrait pas partir: sous prétexte de lui donner. :

des instructions, il rappelle sa femme.

« I will reason with her before I go (Exit Barnaby) “ana in the meantine I will reason with myself. — Telle me, Isaac, why. art thee jealous ? why art thee distrusful of the wife of thy bosom ? — because

she is young and vigorous and I am old and impotent. Then, why didst -

thee marry, Isaac ? — because she was beautiful. and tempting and because I was obstinate and doting, so that my inclination was and is still greater than my power. And will not that which tempted thee,

also tempt others, who will temtpt her, Isaac — I fear it much. But does

not thy wife love thee, nay, dote upon thee ? — yes — Why then !

Et ainsi balloté, il balance pour retomber dans les bras de Cocky ! Une fois en présence d’elle, c’est lui qui doit l'apaiser et prier et lui jurer qu’il l’aime; seul un baiser de lui en con-

: (Nickyn ! se qui croyez-vous ? Ave Sir Wittol en personne. ee Dh arrivée des deux barbons affairés mais complètement igno-

“en: comique que par la mise à la porte de l’innocent Wittol, acà cusé d’avoir attenté à la pudeur de la chaste (!) Laetitia (lui qui n’ en peut mais qui roule de gros yeux ébahis, car il n'était venu se « pour demander cinquante autres louis ! »)

S re « Oh traitor, Fm ‘asthonished, Oh idodoanindet traitor ! Oh how ihe ‘blasphemous “wretch swears |! Out of my house thou son of the k “whore of Babylon, offspring of Bel and the Dragon ! — Bless us ! ravish my wife my Dinah ! O Schechemite ! be gone, I say ! »

Débarrassé de son... « pernicieux » rival, Isaac verrouille la porte derrière lui et- fait PO des serviettes chaudes pour ré le pauvre Spintex » en proie à des coliques terribles. Sûr de lui-même, après l’expulsion de Wittol, il passe près de l’autre en le regardant d’un œil distrait; Laetitia pousse un soupir de soulagement — Nickyn va repartir. — Mais voilà sur une table Je maudit livre. Tout est perdu !

N'importe quel auteur se serait senti lié ici par le dénouement de convention. Mais l’ingéniosité de l’auteur renouvelle le thème par un vrai tour de force comique : Bellmour non seule-

= ment ne cherchera pas à dissimuler, il s’accusera : Oui, il est

DR débauché sans vergogne, venu pour séduire sa chaste épouse et dont l'unique consolation sera qu’Isaac ne le croira pas, chassera sa fémme ét la rapprochera de lui. Or, à cette perspective, toutes les idées du mari font te toute sa faiblesse s’exaspère. Perdre sa Cocky ?

: rants des affaires qui les touchent de plus près, n’est surpassée +

bend her er Sir. aie. va | s'évanouir) É Laetitia : Oh ! oh where is my dear 4

Fond : Here ere, I do believe thee. . won't be eve my own | eye |

PE

- Nous ne connaissons pas ue À tHiérabnre > inarole un

: autre cas où l’on aurait exploité à fond le ridicule que l’humanité jette sur le nom du mari trompé, — excepté peut-ê être l'admirable « Carosse du Saint- Sacrement » de P. Mérimée (4). à. “ La pièce est. donc une farce avec toutes les qualités du D pere la nouveauté, l'entrain, de verve, Ja us et la me

Hi ce qui en Fnssthe la 7 a dé même que . nature à | . * hybride — c’est que cette Far frise la comédie de mœurs et |

celle de caractère. -

GS

Nous trouvons la même hybridité — Ne ‘et la même noble ambi- : tion chez le poète — dans les caractères. Il yena de toutes les catégories. On y ode le type conventionnel du fanfaron lâche +. et du faux gentilhomme, du mari trompé et de k hypocrite puni. : ce

Ce sont les caractères les moins originaux et les moins profonds ae de la pièce ; « types faciles et communs » comme les appelle Samuel Johnson, leur nouveauté ressort surtout des péripéties — et des. situations — ingénieuses et heureusement réalisées, à Les comme nous venons de voir. C’est à eux que fait. allusion FÉES Grisy quand il les considère comme empruntés au théâtre antique, ou Swinburne quand il les nomme l’héritage de la tradi-

fi) Les deux autres farces de la pièce, le mariage fictif de Heartwell et le mariage réel des deux autres ont moins de nouveauté et de puissance comique.

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