F SEXE
préparer un coup avec sa maîtresse. D'une façon ou d’autre, ils découvriront le stratagème à Lady: Wishfort. Après cela, Fainall fera valoir qu'il est normalement lésé comme époux par l'infidélité de sa femme et exigera toutes les satisfactions possibles sous peine de tout divul guer. On forgera donc une lettre anonyme pour Lady Wishfort. k ; IV. Voici enfin Lady Wishfort qui attend son prétendant. Elle demande à Foible dans quelle attitude elle doit le recevoir pour PAG 2
duire un meilleur effet.
Dehors, un roulement de voiture ! La dame court dans son salon de réception prendre l'attitude choisie, pendant que Foible va préparer, d’après le désir de sa maîtresse, la rencontre de HSE avec Sir Wilful, un cousin arrivé de la campagne.
Millamant arrive en effet, mais plutôt pour attendre Mirabell, qui va venir déguisé, que Sir Wilful. Mais à peine a-t-elle ouvert un volume de vers que le cousin entre amené presque de force. Que peut bien lui dire le pauvre Squire ? Il bredouille quelques paroles et à la première occasion déguerpit, à la grande hilarité de Millamant. L'entrevue avec Mirabell ne sera pas sans doute semblable. A les entendre au premier abord, ils ne semblent pas beaucoup se soucier l’un de l’autre. Au fond leur seule préoccupation est de hâter le plus possible leur mariage : les conditions qu'ils se plaisent à formuler ne sont, comme on le voit bien, que passe-temps et bouderie. Aussi c’est le bon moment pour que Mrs. Faïinall, amje commune et fidèle, vienne les chercher. L'accord des amants en présence de Mrs. Fainall est d'autant plus opportun que, d’après les nouvelles qu’elle apporte, il paraît que l'aventure de Sir Rowland va à merveille. :
Entrent Witwood et Petulant enire deux vins et Sir Wilful ne tement gris.
Lady Wishfort doit venir entraîner dehors son neveu, ef Sir Rowland, impatient, vient la rejoindre.
Mais Foible annonce l'arrivée des danseurs et d’une lettre que le messager ne veut remettre qu'en mains propres, à la maîtresse. Lady Wishfort l’ouvre sous les yeux de son futur pour ne pas éveiller de
soupçons. Waïtwell et Foible devinent dès les premières lignes qu’elle
est de la main de Mrs. Marwood.
V. Les efforts de Foiïble et de Sir Rowland pour dissuader la tante n’ont abouti à rien et, après d’autres révélations de la part de Mrs. Marwood et de Faïnall, le faux oncle est remis entre les mains de la police. :
Co | re
C’est en vain que Foible cherche à se disculper. c' est en vain qu'elle cherche à prouver que son mariage avec Sir Rowland aurait été nul,
du moment qu'il était déjà marié à elle !.
Lorsque Mrs. Fainall arrive, pour lui faire Savoir que Mrs. = Re Marwood l'a dénoncée également, Foible trouve le moment propice pour divulguer les relations coupables du mari avec l'intrigante, rela- ; ES tions surprises depuis longtemps par. elle et Mincing. PAS
Rien de plus à propos pour Mrs. Fainall. Elle renferme les deux ne. É - soubrettes dans la ChRATDRE voisine pour les faire paraître au miboment HS - opportun.
Quand Lady Wishfort entre suivie de Mrs. Marwood furieuse d'être FRE obligée de payer avec ses bijoux et la fortune de Millamant les folies ; | Le de sa fille, qui après avoir été l’amante d’un débauché en est devenue RE la complice, Mrs. Fainall comprend qu’il y à là-dessous un chantage es de la part de son ignoble mari. Pour le moment elle se contente de Vis dire à sa mère qu’elle soupçonne bien d’où partent ces manœuvres et = ee elle sort en lui promettant de lui rapporter de meilleures nouvelles. à
‘Fainall arrive à temps pour faire connaître, d’un air piqué, à Lady Wishfort: les conditions auxquelles il étouffera le scandale. D'abord : Lady Wishfort s'engage à ne plus se marier ; puis, sa femme infidèle ; ee mettra à son nom tout le reste de sa dot ; enfin il sera mis, sous le nom de sa femme, en possession de la moitié de la fortune de Millamant sur laquelle celle-ci a perdu ses droits, conformément au testament de Sir Jonathan Wishfort, en refusant le parti offert ‘par sa tante en la personne de Sir Wilful et en essayant de se marier secrètement.
Et, ne donnant à la malheureuse matrone que quelques instants de réflexion, l’escroc sort chercher l’acte'à signer. Mais, oh surprise ! Mrs. Millamant entre accompagnée de Sir Wilful demander pardon à sa tante ! Pris de remords pour les ennuis qu'ils viennent de lut causer — chacun à sa manière ! — ils se sont décidés à se marier ! Ils ne lui demnadent plus qu’une faveur, c'est de recevoir Mirabell qui veut venir en personne renoncer au contrat de mariage clandestin
avec Mrs. Millamant, et s’excuser de ce qui est arrivé.
Quand Faiïinall entre à son tour recevoir la réponse de Lady Wishfort, celle-ci peut lui dire, non sans quelque soulagement, que la situation prenant une tournure imprévue, ses droits sur la, fortune - de Millamant n'existent plus. Celui-ci est furieux. Mais au moment où ses prétentions deviennent de plus en plus insolentes, Mrs. Faïinall ‘arrive avec Foible et Mincing. La divulgatoin de la liaison du mari avec la jeune veuve éclate comme un coup de foudre. Et quand Lady
ns 0
| Wishfort est prête. à tomber de reconnaissance dans les: res de Mira- Ps bell pour son admirable manœuvre, -celui- ci lui demande AeabeRe : Se 2 instants encore de répit l2eNC8T voilà WaitwelL qui entre. BL
I vient cette fois-ci avec autre chose. qu’ une proposition de mariage ! à #
Il tient en main un coffret contenant, l'acte que Mirabell a promis des vu rendre. Mais quelle n’est pas la surprise de toute l'assistance quand, l'acte une fois ouvert, on voit que ce n’est point. un contrat de mariage clandestin, mais un acte par lequel la veuve Arabelle Languish (nom que portait Mrs. Fainall à son premier mariage), confie ae de ses biens à Mr. Edward Mirabel ! à
g La dernière espérance des deux intrigants est donc To Et quand ïl ne leur reste plus qu’ à écumer de rage et'à disparaître, Lady l'avait fait pour Mirabell. I1 n'y a plus qu’ une chose qui la tourmente :. Elle a promis tout à l'heure à Mirabell, quand celui-ci s’est engagé à sauver la fortune de Mrs. Fainall, de faire tout ce qui est en son pouvoir pour rendre Millamant à Mirabell. Comment fera-t-elle mainte- -mant qu’elle a donné son consentement à Sir Wilful ? Mais à cela, le sympathique Squire à une résolution à lui. ‘son engagement n'a étè que fictif, fait exprès pour assurer le. bonheur des deux. amoureux, | si bien faits l'un pour Pautre. Il passe donc sa pr ‘tendue fiancée à son galant. et partira demain pour le FonRes, neureux d'avoir contribué à leur union. |
A notre avis « The Way of the World » n’a de bon au point de vue de l’action qu’un seul acte, le quatrième, traité à la perfection et plein du plus réel comique de situation.
nS
Si l’acte V est un.des plus faibles qu’on puisse- trouver, le jzemier et le deuxième traînent en longueur; quant au troisième, il ne nous retient que par la scène du boudoir de Lady Wishfort et par la délicieuse rencontre des Witwoods. a
Par contre, nous avons la scène entre Fainall et Mrs. Marwood au commencement du premier acte et même la suivante entre Mirabell et Mrs. Fainall, complètement antiesthétiques.
-__ La méthode de Ben Jonson de tracer les caractères en les confrontant, si heureusement réalisée dans « l’Alchimiste », par exemple, y est aussi adoptée par Congreve. Mais la querelle des deux amants, passant par la bouderie pour sceller leur
sens. ne et un mauvais At qui nous en
| Décidément E action (4) de « The Way of the World » es un | échec. S'il fallait V adapter, nous ne garderions des trois pre-
miers actes qu'une scène ou deux pour en faire une sorte de
préambule au quatrième acte et nous renoncerions complète-
ment, de bon cœur, au cinquième. -Nous ferions ainsi une ___ farce en un acte qui l’emporterait sur les Précieuses et rivaliserait avec les meilleures farces de la littérature universelle (2)-
Mais] le vide que laisse à ‘chaque pas tbe (3) de cette comédie, est parfois rempli par Congreve avec des peintures de caractère et de mœurs dont l’art fait oublier même le manque d'art de la construction. PR RE
| Millamant, depuis qu ‘elle a conquis Mirabel, n’a pas cessé de conquérir les critiques. Leur favorite à tous, elle compte parmi ses admirateurs des esprits fins et délicats, de grands écrivains tels que Hazlitt, Meredith, Swinburne ; seul Taine, la serutant d’un œil sévère, s’est indisposé de sa manière de con-
cevoir le mariage et a ainsi échappé à son charme féminin.
| D'une argile plus fine que les autres héroïnes de Congreve, elle a survécu à leur gloire. Mise en parallèle avec les plus
(1) Cf. à titre de curiosité) : In the Way of the Wold unity of place is
preserved during every act amd a stricter unity of time during the whole play . than is necessary. (Lord Kaïms : Elem. of crit. II, 429.)
- (2) Cela concorderait peut-être mieux avec le goût de Macaulay qui dit : « it wants perhaps the constant, HONOR the effervescence of animal spirits, which we find in Love for Love. But the : hysterical rants of Lady Wishfort, the meeting of Witwood and his brother, the country knight's courtship and - his subsequent revel, and above all, the chase and surrender of Millamant are superior to anything that is to be found in the whole range of he Comedy from the Civil War downwards ».
(8) On a tâché de trouver à cette action un sens moral : « The moral intention ‘in Love for Love was the reward of constancy in love and the punishment of <ruelty in the parent ; in his last comedy he proposes to guard mankind against matrimonial falsehood. The plot is singulary intricate.. » fDavies, op..cit.)
Fe D54 —
brillantes figures de la comédie universelle, elle n’en a pas moins : résisté à la comparaison.
Hazlitt, qe l’a vu jouer par Mrs. Albington (4), la préfère. Sur la scène à n ‘importe quelle Rosalinde comme étant plus extérieure, plus théâtrale. Il n’hésite pas à lui opposer des créations d’un féminisme achevé comme Perdita et Imogen. Sans doute en face de pareils caractères, 'Millamant ne perd que comme genre. Millamant est la femme de salon, « the accomplished fine lady », comme la nomme le critique anglais et, comme telle, rien chez elle de cet arome printanier qui caractérise la virginale et ingénue fille de roi perdue au milieu des bergers, rien de la puissance d’amour et de souffrance de là pathétique épouse de Posthumus, et très peu de la plénitude de “vie, d’esprit et de hardiesse qui fait de l’amante d’Orlando le modèle des bien-aimées de la littérature de tous les temps et de tous les pays. | s
Millamant appartient, non à la vie, mais à la société. Tirée de cette serre-chaude, elle se flétrit. Mais si nous admettons la société comme une forme tout aussi inhérente à l'existence que le grand air et la vie des champs, alors, dans son cadre et avec cette déformation et cette espèce de diaphanéité de notre être causée par la vie sociale à l’air confiné, Millamant est l’expression féminine de cette ambiance, et comme telle, elle est tout aussi naturelle que la pastourelle des champs ou LV ouvrière des villes. ;
Femme du monde, tout ce que nous lui demandons c’est d’être achevée et Millamant l’est. Elle a toutes les qualités, tous
(1) Principale titulaire du rôle entre 1784-1797.
les he et just ce qu'il lui faut de défauts pour ne pas de. cesser d’ être femme et devenir un mannequin idéal, une ne
poupée.
ne rumeur qui monte autour d’elle suffit à charmer sa vanité; nous ne la voyons apparaître que bien tard, au deuxième acte — ingéniosité dont nous ne pouvons trop louer le poète — et après cela encore très rarement. Mais nous en entendrons parler continuellement. Pas d’avant-goût de son apparition plus troublant que la manière dont elle possède, même quand elle n’est pas là, le cœur de son amant. Celui- Ci, après avoir trahi son indisposition à son ami, Heu et privé d’ elle, finit par en exalter les charmes :
ne. I like her with all her faults ; nay, like her for her faults. Her fo'lies are so natural or so artful that they become her ; and those affectations which in another woman would be’ odious, serve but to make her more agreeable. l'Il tell thee, Fainall, she once used me with that insolence, that in revenge I took her to pieces, sifted her, ; “and separated her failings ; I studied ’em and got ‘em by rote. The catalogue was so large, that I was not without hopes one day or other to hate her heartily ; to which end I so used myself to think of ’em that at length, contrary to my design and expectation, they gave me every hour less and less disturbance 5 til in a few days it ‘became habitual to me to remember ’em without being displeased. They are now grown as familiar to me as my own frailties ; and in all probability, in a little time longer I shall like ‘em as well. (1)
(1) Cfr. « Her faults begin to please me as well as my own » is a sentence very pretty put into the mouth of a lover by the comic poet, but he never designed it for a maxim of life, but the picture of an imperfection.
(Steele, The Tatler, No. 269, Dec. 28/1710)
Cf. aussi : My condition is the same with the lover in The Way of the World : I have studied your faults so long that they are become familiar to me and I like them as well as I do my owa.
(T. D. : Letter to Belinda : «The Speolator », No. 204, Oct. 24/1711.)
seulement Mirabell, va paraître ie à
‘Mir : Here she comes, Î faith, full sail, with . Ge spread an
her streamers out, and à shoal of fools tor tenders ; you seem
to be unattended madam — you used 10. have the beau A” Sr
throng after you ; ‘and à flock of gay fine junke TS “hoverine round you... . RAS CERN
Wit : Like moths about a candle = T Nadr like to have lost LA 1e comparison for want of: breath. xST (RE ONCE
Mrs. Mil : O, I have denied myself airs to- day, I have walked. as “ut
through the crowd. | Re RS RS Wit : AS a favourite just disbrace ; and with à few followers.
Mrs, Mi : Dear Mr. Witwood, truce with your similitudes : airs on RSS as sick Of‘. 7 ; AREA
Wit : As a* physician of a good air. I cannot help it, madam, though is against pee |
si
Mrs. Mil : Yet, again 1 Mincing, stand between me and rer wit.
Wit : Do, Mrs. Mincing, like a screen before a great fire. & confess 1 do blaze to-day, I am too bright.
Mrs. Fain : But, dear Millamant, why were you so long “pe
Mrs Mil : Long ! Lord, have I not made violent haäste ; I have asked every living thing 1 met- for you ; I have enquired after you, as after a new fashion.
Wit : Madam, truce with your similitudes. No, you met her husband, and did roi ask him for her.
Mrs. Mil : By your Téae: Witwood, that were like inquiring after
an old fashion, to ask a husband for his wife. : à ae
Wit : Hum, à hit ! a hit ! a palpable hit ! I confess it. 3 Mrs, Fain : You were dressed before I came abroad.
Mrs. Mil : Ay, that's true. O, but then I had — Mincing what had I ? why was I so long ?
Min : O m’ ami, your ladyship stayed to peruse a . of letters.
Mrs. Mil : 0, ay, letters — I had letters — I am persecuted with letters — I hate letters —= Nobody hnows how to write letters, and yet one has ’em, one does not know why. They serve one .to pin up one’ S hair.
5 hate. “with + prose. Lu: think I tried once, ici
j "0 ram, is shall never torget it.
a Mrs. Mit : ay poor Minoing, dift and lift all the morning. AR D en MR AR Me HA : Ai à S
EEE Saurait-on concevoir un personnage mieux. . campé. 9 Seule
: cette entrée. magnifique de Millamant pouvait répondre à la es | curiosité que sa personne Si longtemps attendue avait éveillée en Mois nous au Cours de presque deux actes. Une fois devant nous, | quelle âme fine et. forte, quelle essence rare et. puissante. Car ; Millamant dès l’ abord n est, pas le raffinement abstrait, la pose # mondaine.
Gonsciente et on de elle … une e petite personnalité. Ce on est pas sans un in certain sentiment de supériorité qu elle aborde son amant :
LMORIGRONS Mirabell | — Prithee, dont 106k with that violent and inflexible wise. face, like Solomon at the Tone De the cas in an La” re banging UE 2).
Intelligent et de elle a compris depuis longtemps la farce que l’on va faire jouer à Sir Rowland et lorsque Mirabell veut la lui confier c’est elle qui commence à la lui raconter. Comme
celui-ci s’étonne de la voir si bien au courant, elle lui répond : Without the help of the devil you can't imagine ; unless she should tell me herself. Which of the two it may have been, I wil leave you to
ps ; and when you have done thinking of that, think of me, ' } Êe
Resté seul, c “est à bon droit que Mirabell s’écrie :
Think of you ? To think of a whirlwind, thought were in a whirl-
ee = 208, —
wind, were a case of more steady ho QUE) very anquility Pt
of mind, a mansion.. Fi Fa D mn PA (LI, Lé nt
mpri D}
Mais Millamant se servira des armes les plus acérées quand ex elle se soupçonnera une rivale. Elle se moquera de Mrs. Marwood $
lorsque celle-ci viendra d’un air Dour inquiet lui ra-
conter ce qui se dit sur son compte : M0 1 08 MOIS ES
ril take my oath, Marwood, you are more censorious than a decayea
; beauty or a discarded toast. Poor Mirabell ! — If I had the vanity. to think he could obey mg, I would command him to: show more gal-
lantry — ’tis hardly well bred to be so particular on one hand, an« so insensible on the other. But I despair 10 prevail, and so let him fcllow his own way I.
Avec quelle ait et quelle vraie satisfaction de femme elle
va rire et exaspérer sa rivale qui, au comble de p énervement, se
trahira elle-même :
Mrs. Mar : I detest him, hate him, HA 6 pour que Millamant lui réponde triomphalement :
Mrs. Mill : O madam, why, so do I — and yet the creature loves me, ha ! ha ! ha ! how can one forbear laughing to think of it. L am a Sibyll if I am not amazed to think what he can see in mg. [ll take my death, I think you are handsomer — and within a year or two às young ; — if you couli but stay for me, I should overtake you.
/Well, that thought makes me melancholic. — Now li be sad. | x (I, 3)
et termine par la fameuse chanson (2).
(1) Ces paroles rappellent celles de Valentin au sujet d’Angélique. Son énigmatique et capricieuse amante n’est en effet que la sœur aînée de Miliament. (2) :Cette scène a son pendant dans la scène 5 de l'acte IV du Misantrophe mais sans autre trace d'emprunt ou de suggestion. Relevons les passages : $ Je ne dis pas qu’un jour je ne suive vos traces L'âge amènera tout etc.
ou Ayez-en donc, madame, et voyons cette affaire, Par ce rare secret efforcez-vous de plaire. Ÿ 1 faut ajouter que la scène géniale entre Célimène et Arsinoé, plus Note et plus générale, à beaucoup plus de finesse et d'esprit, Mais elle n’a pas plus de mouvement, ni de naturel.
2e ONU
Mais si Millamant a de l’esprit et de la hardiesse, ce serait une faute de croire qu’elle n’a pas de cœur. C’est ce que Congreve, d’une si particulière finesse de touche, n’a pas manqué d'accorder à son caractère froid et délicat. Dans la scène capitale du quatrième acte, nous voyons une précieuse pensive et légèrement attristée. Absorbée dans la lecture d’un volume de vers, comme elle voudrait être seule ! Avec quelle générosité «lle supporte pourtant la présence de Sir Wilful; combien
sa malice se garde de blesser l'importun en se bornant à l’expé-
dier discrètement au moment favorable. N'est-ce pas de la sensibilité pure que cette prédilection pour la solitude, pour le recueillement, ces ressources de vie intérieure qui, au milieu de corrompus et d’ intrigants, la conservent tendre et vibrante ?
Elle peut bien sembler dure surtout avec son amant, mais nous comprenons que cette dureté est d’ordre intellectuel et provient d’un bel esprit. Faite de résistance et d’éclat, c’est la dureté d’une pierre précieuse. C’est dans cet esprit qu’elle lui pose des conditions de mariage qui chez tout autre dénoteraient 'égoïsme et la méchanceté. |
O, I hate a lover that can dare to think he draws a momkent’s air, independent of the bounty of his mistress. There is not impudent a thing in nature, as the saucy look of an assured man, confident of success. The pedantic arrogance of a very husband has not so pragmatical an air. Ah : l’Il never marry, unless I am first made sure of my will and pleasure.
Mir : Would you have ’em both before marriage ? or will you be contented with the first now and stay for the other till after races Dans É
Mrs. M : Ah, don’t be impertinent. — My dear liberty, shall 1 leave thee ? my faithful solitude, my darling contemplation, must 1 bid you then adieu ? Ay, adieu my morning thoughts, agreable walkings, indolent slumbers, all ye douceurs, ye sommeils de matin, adieu ?
| Quelle autre hérèmes ‘a Congreve met, faute der pat nétique
PRE ses rêves un vie ee de ail, autre us sn les. Abe
coquette continuera : É
Res won’t + called names after J'm married, ay, as wife, spouse, my
dear joy, jewell, love, sweetheart, and the rest of that nauseous Cab | — good Mirabell, don’t let us be familiar or fond, nor kiss before: folks ; nor go to Hyde Park together the first Sunday in a new chariot ” 10 provoke eyes and whispers and then never to be seen there together again : as if we were proud of one another the first week, and ashamea of one another ever after... to have no objection upon mk to converse with wits that I don't like because they are your acquaïintance ; or to be intimate with fools because they may be your relations. To have: ny closet inviolate : to be sole empress of my tea table. These articies subscribed, NET continue to endure you . little iQApee T may D. | degrees dwindle into a. wife. Dre AA sp at
Si de {elles paroles signifient le Sons 2 Pirée sur la bourgeoise à quintessence d’un esprit volitif et. personnel — quelles préoccupations cachées ne trahit-elle pas -- pour l’amoureux qu'elle traite en apparence avec tant de désinvolture ! Deux minutes plus tard elle va laisser échapper ces paroles L =
Fainall, what shall I do ? — shall I have him ? I think I must have
him — well — I think — l'1 endure ES — So hold your ton gue now. don't say a word.
et Mirabell à peine parti, elle exprimera toute son âme comme: une fleur dans-un soupir :
Well, if Mirabell should not make à good husband, I am a lost thing — for I find I love him ur
Aussi Fou qu’aimante, elle secondera jusqu'au bout son bien-aimé dans la lutte qui se livre pour sa main et, toute
Do NL em
À espièglerie, n’hésitera pas à venir avec Sir Wilful au bras quand, par une dernière 1 as elle va faire le dernier pas Vers
de mariage rêvé ! a C'est une âme complète, un caractère Achevé. que | “nette
pathétique précieuse. Il n’y a pas le moindre ton discret, pas
| un détail si négligeable soit-1l, dont l’auteur ne l’ait ornée de
<on art miniaturiste. Millamant est un parfait camée vivant,
5 auquel on pourrait appliquer les paroles de a :
« Qu’ est-ce que l'amour ? La passion d’une âme oisive.. Lady Wishfort est, de la même palette riche en io, la
femme caricature. Tout ce qui nous attire chez sa nièce, de
+ - esprit au physique, nous fait rire chez l’autre. Antipode de
-Millamant, elle ne Ne qu'être sa rivale, et la finesse de
l'auteur ne résiste pas à la cruelle tentation de la pousser à
un ridicule qui va jusqu’au tragique, comme par exemple
lorsque se faisant elle-même des com liments sur l’air rêveur q
de sa personne, la mûre matrone n’oublie pas de se mesurer à
sa rivale :
PS niece affects it ; but she wants eines 12 {
Il y a en effet une puissante note tragique Chez la pauvre
toquée. Quelque chose que nous ne trouverions que chez les. pères que roule un Scapin ou les piteux cœurs moliéresques.
Arnolphe et Sganarelle se donnent la main en Lady Wishfort. Son amour a quelque chose du ridicule douloureux de l’Avare.
«Sœur de la Comtesse d’Escarbagnas elle la dépasse de beau- .<oup en profondeur (1). C’est une vieille désabusée, avec toutes
{1)-Ce n est pas cette plénitude de vivre qui donne à sa verve la note si matérielle, parfois même brutale, critiquée avec trop d'excès peut-être, par A. de
Grisy, quand il dit que son langage est « le plus salé, lé plus cru qu'il soit -
possible d’entendre ; le vocabulaire des femmes de Halle, et les hardiesses rabe-
….laisiennes des débardeuses de la Tamise ».
Leigh Hunt, parlant de son langage, dit par contre : « This is genius loci ; the
.poetry of local description and narrow minded contempt ». Tandis que au sujet de sa scène la plus violente et la plus typique (V, 1) Meredith ne trouve à dire
que : « The flow of boudoir Billingsgate in Lady NÉE is unmatthed for vigour and pointedness* of tongue »..
les deux peu réussies.
ee 262 DEA
les aspirations et les manies inhérentes à son sexe, avec toutes les déceptions et tout le tragique de 1fe,
Contrairement à Lady Touchwood, de quelle elle AS
Ce auteur la met dans les situations les plus critiques et l’ es k :
d’un ridicule aussi puissant que naturel. FAR ENTRE MREERES
Elles sont bien typiques les vaines émotions par lesquelles ; elle passe : son imagination travaillée à la perspective de son mariage, son appel désespéré au pouvoir miraculeux des fards et des essences, et ses emballements ou apaisements subits à mesure que les choses prennent une autre allure. Mais il se dégage aussi une certaine poésie du grotesque personnage.
Précieuse, Lady Wishfort vit cérébralement ! Rien de plus
typique pour cela que la manière dont la personne de Sir
Rowland prend corps dans son imagination comme un amant
de rêve. Ù
Is he handsome ? Don't answer me. I won't know, T'11 be ÉNPPAROSS l11 be taken by surprise !…
dit à Foible cette « disappointed old lady », et c’est là tout le tragi-comique de sa situation (1).
Nous ne pouvons dire tant de bien du dci couple de femmes : Mrs. Faïnall et Mrs. Marwood. Nous les jugeons toutes
Il nous est bien difficile de comprendre ce qui a pu inciter
Congreve à mettre sur la scène une jeune fille qui, jetée dans les bras d’un ignoble mari, après avoir eu des relations cou-
(1) Swinburne est celui qui l’a le mieùx appréciée :
« Only perhaps in à single part has Congreve half consciousiy touched a note of almost tragic depth and suggestion : there is something well nigh akin to the grotesque and piteous figure of Lady Wishfort, set off and relieved as it is, with grace and art Worthy of the supreme French master, against the only figure of any Stage which need not shun COPAIN even with that of Célimène ».
does
pables avec un homme, se ligue avec son ancien amant/ contre 1 une mère à laquelle elle n'a rien à reprocher ; et tout cela dans | quelle intention ? Pour la marier à un valet déguisé en gentilhomme ! Il nous est d’autant plus difficile de comprendre, que ; cette Arabelle Languish est de la nature la plus douce et la plus
passive possible. Si nous ajoutons à cela que ce non-sens ne sert au poète qu’à faire surgir à la fin de la pièce une cassette
= miraculeuse, nous avons tout dit, pour désigner un échec. Au
dire de Davies (1) Congreve a, dans sa pièce, poursuivi un but L moral. S'il en est ainsi, ce but moral lui a été funeste; et nous avons une raison de plus de préférer Congreve libertin. Mrs. Fainall est inexistante, dans la vie comme au théâtre.
Mrs. Marwood est plus acceptable, certes, mais ses relations avec Fainall sont d’une crudité choquante; de plus, la haïne qu’elle porte à Mirabell — avec qui d’ailleurs elle n’a rien à faire sur la scène — est presque irréelle. De même sa jalousie pour Millamant. Ce n’est peut-être encore que ce parti-pris de moralité qui à également incité l’ auteur à créer une Lady
Touchwood rajeunie, pour la punir à la fin avec son tie
fiable complice.
À ces deux caractères inutiles et informes, nous préférons
Peggy. Cette « admirable caricature de gaucherie et de simpli-
cité rustiques » (2) n’est autre chose qu’une esquisse d’après
le portrait beaucoup plus achevé d’Andrée dans La Comtesse d'Escarbagnas.
(1) « In his last comedy he proposes to guard mankind against matrimonial falsehood ».
‘(2) Hazlitt « On Wycherley, Congreve, Vanbrugh and Farquhar ».
| “Mais nous “préférons dé A réatitr rable Fées de “pire par les impertinentes Toinêttes | de Molière. |Corigrève de | pourtant épuise le caractère. Si nous pouvons avec de Grisy Ê He dire de Waitwell qu’ «e il pèse d’ un poids mortel sur la pièce, comme un simple instrument », nous ne pouvons pas en dire £
D autant que Foible (4 ). fe ;
“paeni Le die masculins, Mirabell est le type OR ie
de Congreve. ‘Après les Bellmour et les Valentin, il ne nous 7 apporte rien de nouveau. D’ un tempérament vif, il manque # pourtant du relief du héros de « Love for Love », auquel ilest : inférieur d’un degré, à tous les points de vue. Nous pouvons ‘dire la ‘même! chose’ des inévitables snobs Witwood et Petulant, ë “dont | “originarité ne se ‘compose que de quelques plaisänteries | nouvelles qui ‘montrent ‘combien le répertoire de Congreve” était ; inépuisable en cette matière. Res Lou AR Set : Sir Wilful est un! type ‘de Squire beaucoup plus: nouveau “chez Congreve, bien plus puissant aussi. De la race des héros ‘ nature à la Ben, il est la santé et la bonne: humeur personnifiées, tout ingénuité et tout cœur. Avec quelque chose de la. gaucherie niaise de Mr. de Pourceaugnac, c’est un brave
ES
(1) C’est d’ailleurs une des créations les plus populaires de Congreve. Gray s'en souvient : « I werlt the following evening to see the Party (as Mrs. Foible . (Letter (to Warton) 16 Nov. 1745.) à où « I believe I shall see you at London beforehand, I have à months mind. (cfr. III, 1) to it myself. (Letter to Wailpole, Jan. 21, 1735.)
R. West, ami de Walpole se rappelle peut-être aussi la phrase de Lady Whisfort {cfr. III, 1) « Foible is a lost thing », dans sa réponse à l'invitation que lui fait ‘son ami! de lire les poèmes latins «Luna est habitabilis » et « Planetae sunt habitabiles ». Il y parle de « The fourth of the lost things upon earth », du catalogue que le-monarque Sublunaire lui a montré quand il a été enlevé vers les régions lunaires pre l'ange Gabriel.
as - S
se. son A iniènté pour donner naissance à à de gaies :
complications de ‘situations, voici Fainall, caractère d’ailleurs | ;
plus ‘an tièsthetique : que Mrs. Fainall ou que Mrs. Marwood.
2 re Comme mari et surtout comme amant, il est un vaurien ‘onine
peut plus repoussant. Tout. ce ie ‘il fait A ai c’est de ne à ANRE le oo. ANR MEN
Après avoir atteint le le 7. son art dramatique dans « Love for Love », Congreve nous HUE l'impression que,
sentant sa veine tarir, il a commencé à revenir sur lui-même
et à se répéter. Il a écrit alors « The Way of the World ». Nous Me avons cité fort peu d'auteurs étrangers à à l’occasion de cette AI pièce et la cause en est qu’il en a trouvé les sources plutôt dans
A ses propres pièces : « The Double Dealer » et « Love for Love ».
__ S'il avait eu un noyeau, il aurait pu, avec ces reprises, COMbler les lacunes de caractères ou d’action et, amassant tout autour un monde de créations mûres, nous donner un chef-
(1) Son entrée est du comique le plus vrai :
- Foot. — Your aunt, sir?
Sir Will. — My aunt, sir ! yes, my-aunt, sir, and your lady, sir, your lady . is my aunt, sir. . well, prithee try what thou Canet do... and tell her ‘her
nephew, Sir Wilful Witwood is in the house.
Foot. — TI shall, six. L
Sir Wil. — Hold ye, hear me, friend, a word with you in your ear ; prithee who are these gallants ?
Foot. — Really, sir, I can't tell ; there come so many here. BE
Sir Wil. — No offence, 1 hope (salutes Mrs. Marwood).
Pet. — It seems as if you had come a journey, sir ; hem, hem.. (Surveying “him round).
Sir Will. — “Very KEY, Sir, that it may seem so.
Pet. — No offence, I hope, sir.
Wit. — Smoke the boots, the boots ; Petulant, the boots ha ! ha ! ha !
Sir Will. — May be not, sir ; thereafter, as’t is meant, sir.
Pet. — Sir, 1 presume upon the information of your boots.
Sir Wil. — Why, ‘tis like you may, sir ; if you are not satisfied with the information of mÿ boots, sir, if you will step to the stable you may inquire
‘! jurther of my horse, sir.
Pet. — Your horse, sir ! your horse is an ass, sir ! efc.
ol ne Une
d'œuvre. Mais il avait fait avec une pièce antérieure et le : grand tort de « The Way of the World » est de venir RS « Love for Love ». pis
Sans vouloir affecter le moins du monde un esprit para
doxal, nous ne pouvons comprendre comment il se fait qu'y ait - des critiques qui l’aient considérée comme le chef-d'œuvre de
Congreve, en la faisant passer avant « Love for Love ». Si nous ne pouvons la voir ce dénuée d’ esprit » comme le fait si. étrange-
gement L’ Estrange (1) et si nous reconnaissons avec C. F. Arms-
trong (2) que la pièce. contient « du cœur et de la sympathie », nous ne pouvons être de l’opinion exaltée de Swinburne qui voit
en elle « le chef-d’ œuvre insurpassé et insurpassable de la comé-
die anglaise, qui peut à bon droit réclamer une place à à côté ou immédiatement au- -dessous de ce qu’il a de plus puissant dans l’œuvre de Molière ». Mr. Gosse tout aussi grand admirateur de la pièce, mais surtout pour le brillant de son style — style que nous ne trouvons pas plus étincelant que celui de « Love for Love » — lui reproche d’avoir négligé l'intérêt humain, chose qui, en effet, y frappe au premier abord.
Mais de même que « The Double Dealer », « The Way of the World » pèche par la composition. En elle il n’y a de vivant que la farce du mariage fictif et les personnages qui y sont strictement impliqués. Le reste n’est que remplissage et artifice, avec, en outre, des situations dont le manque de sympathie humaine fustifie des paroles plus sévères que celles de Mr. Gosse.
Le grand triomphe de la pièce est Millamant qui l’a rendue
(1) « The last play he wrote which failed, was deficient in wit but had plenty of inebriety in it-».
(2) But it has heart and sympathy. Morally... there is still ee of room for HOMO NeRR PRES
“à Thus of HET rs den are classical of their kind but are appreciated
by the few only, and whose kind is even by fhese admitted to fall short of
the highest, we may take as example the masterpierces of Walter Savage Landor who gave to the English language the beauty of the chiselled marble ; or
Pater’s Marius ; or The Way of the World of Congreve. To say of such works
as these that they are above the comprehension of the vulgar is to praise them AS. ue deserve and is de to praise them highly.
Ge Quarterly on vol. 194, p. 245).
L Prétendue retraite. nie
eo Pourtant le poète reste encore. en. En Fi : . k a ne avec ja “scène | | “ | | | Mais le déclin s'annonce
Je chroniques n de «trop de vérités dans « The ei of the World » qui n’ont pu être supportées » (D). ee
Downes (2), toujours très fidèle, dit que « pièce a été. jouée h Le
| d’une manière bizarre. Mrs. Bracegirdle, jouant son rôle d’une. ce
manière si exacte et si précise, s’ ’attira les applaudissements de’ F
la cour et de la ville. Mais comme la pièce était une > satire 6B Ve mordante, elle n’a pas eu le succès espéré. »
Davies (3), d’une véracité élaborée et pas Lu oue tndre à pour le poète, dit avec le poids d’un homme qui a vu la reprise de ni la pièce, qu’elle a été « peu de temps après sa première repré- sentation, une favorite du public ». Voilà une assertion sans équivoque. L’importante reprise de 1718, sans parler d’autres brillantes soirées, le grand nombre des représentations qu’enregistre ensuite Geneste, nombre qui n’a eu d’égal que celui de Love for Love parmi les pièces du poète, tout. cela montre que
: The Way of the World fui loin d’avoir eu un échec.
(1) Theophilus Cibber. Lives of the Poets 1V. À
(2) « Roscius SRE », Seule mention au sujet du jeu de l'actrice dans cette pièce. SSL TE Fe
(3) Op. cit.
| Au contraire elle-eut un succès dans toutes les Féclest Mais . =" succès. né: fut pas obtenu sans peine par l’auteur du Double. Des et le hautain admoniteur d’un public inférieur.
Quant à la. légende que le poète se serait précipité sur la | soin, furieux de la réception de la pièce, en invitant le public £ à.« ne pas se donner la peine de montrer son déplaisir, car lui
AE était décidé à ne plus écrire . pièces pour le théâtre et à ne
plus soumettre ses œuvres. « à la censure de critiques impotents », nous la considérons comme une farce jouée au poète sur le compte de son orgueil quelquefois peut- -être impulsif.
Mr. Gosse a trouvé la version la plus complète de cet incire dans une traduction française anonyme de la pièce de L "4759. Mais l’auteur s’y est contenté de la cueillir de la plume de Théophile Cibber (1 l) qui est la vraie source de cette version, où elle se trouve mot pour mot. The Gentleman’ s Magazine (2) fait dire à l’auteur d’une manière plus arrogante mais plus jolie : « Mesdames et Messieurs, cette pièce vivràä encore après que vous serez tous morts. » Les deux anecdotes, si elles n’ont pas la valeur de la certitude n’en sont. pas moins l'expression de l'atmosphère du moment et de la réputation dont le carac- tère du poète jouissait. Maïs personne n’a cru en cette légende. Hunt la nie; et les critiques tels que Johnson et Macaulay, et David E. Baker, dans la Biographia Dramatica, pour ne pas parler de biographes moins importants, n’en parlent même pas. . Cependant du petit au grand on répète le résultat impliqué dans l’anecdote, que Congreve, dégoûté de la réception de la pièce, s’est décidé à dire adieu à la scène. Mais cette assertion
(1) Op. cit.
(2) Juin-Décembre, 1871.
de RE
“elle-même n’est-elle pas tant soit peu erronée ? On ne voit rien nous l’avons vu, ne contient pas la raison d'une telle résolution. Dans les allusions qu'il fait dans les préfaces des pièces antérieures, nous voyons que le poète, au temps de ces luttes littéraire aigües, qui avaient agité un Dryden jusqu’au tombeau,
s’était fait de nombreux ennemis parmi les critiques. Congreve cependant était trop fier et trop maître de lui pour perdre cou-
rage. Dans la préface de la pièce parue le 28 mars 1700, il
a n’y à aucun mot qui trahisse une telle décision. Si cette décision existait, L « irascible » et dédaigneux barde aurait bien su la
jeter à la face du public. Mais calme, et se sentant fort de la
protection du lord, il ajoute : « la manière dont elle a réussi sur
la scène a presque dépassé mes espérances; car une trop faible partie de cette pièce était préparée pour le goût banal qui paraît aujourd’hui prédominant dans le sens palatal du public. »
Ensuite le poète s’enthousiasme de la rareté et de la débicatesse de génie de Térence avec « des beautés que la plupart de ses auditeurs étaient incapables de goûter », en opposition avec « les traits les plus grossiers de Plaute, si sévèrement censurés par Horace, et plus propres à impressionner les foules ». Désireux d’être dans la société de Térence, Ménandre et Théophraste, le poète se réjouit de ce que la finesse et la distinction après lesquelles il court, il les trouve dans les hautes sphères de la société où il était reçu sous la protection et dans l'entourage de Montague. Rien de plus significatif que cet aveu. Celui qui l’examine de près y remarque l’étape la plus avancée de divorce entre lui et le public, entre la Muse et la Haute Société, qui existait toujours à l’état latent dans le cœur du poète-
qui montre que le poète pense à se retirer, et la pièce, comme
LR
gentilhomme, divorce qui s'était déclaré à l’occasion de The Double Dealer et arrivait à sa période aïigüe avec la dernière - comédie. Cette dernière comédie n° ’était-elle pas elle- même
mn! ailleurs son plus haut, son suprême degré d'évolution ? Y a-t-il ailleurs plus de raffinement et plus d’étincelles, d'abstraction
plus exCeSSIve et de plus fine poésie, une plus impalpable quin- tessence enfin de la vie que dans son vaporeux et son vide génial ? La comédie pure peut-elle viser plus haut que Milla- mant ? La satire a-t-elle été jamais plus cinglante que pour Lady Wishforth et Sir Witwood ? Cette haute comédie était en effet, elle-même, le divorce avec le monde et avec la littérature. Au-delà, un homme ne trouve plus rien à écrire. Il ne peut pus que vivre. Va
Mieux que tout autre, Congreve, qui fait par excellence partie des poètes « précieux » et qui est un grand « moderne », a compris cela, dans son objectivité de mondain raffiné, avec
son esprit de philosophe blasé. Sa race rare — il le sentait bien — ne se peut ni répéter ni vulgariser. D'ailleurs, pendant six ans de belle jeunesse, après les succès qui auraient poussé tout autre poète (1) à de la manufacture littéraire en face d’un publie si facile à contenter, il n’écrit qu’une tragédie et une comédie. Et cela encore, sous la menace d’un contrat et à côté d’une muse tentatrice. Mais il y a mis tout ce qu'il était possible d’y mettre à un poète comme lui. Aller plus loin c’eût été trahir cet idéal artistique ou, mêlé au public, se trahir lui-même. Il n’a voulu ni l’un ni l’autre, et sentant son génie dépasser les frontières de son art, comme un grand Epigone de nos temps, il l’a
(1) v. Dryden même,
transporté ds la vie (4). Car ce An gentleman était er a | fous un grand ares La Lu L'ARHPPRAE de die
cents ivre. Hot et. au chap ne de. la ni ne ; rough D. « Les protecteurs se plaignaient en vain de son inde.
lence après lui avoir, donné tous les moyens d’être oisif », D aus |
tre part, «le 4 décembre 1700, Charles Montague fut, créé é Lord “ Halifax, et probablement que Congreve. fut débarrassé de ses soucis pécuniaires, quoique, malgré la légende de sa. richesse, ia
successivement. colportée, ce ne soit au en 1706. ue nous en RE PRoDe des preuves précises de is
Tous ces arguments, réduits même à leds minimum, , dénotent :
“un homme heureux, sinon en 4700, du moins peu de temps après. Ex
Or, Congreve était l’homme le mieux à même de savourer à l’aise ce bonheur.
De plus, le 4° Mai 1700, Dryden meurt. Le vide produit dans le monde des lettres par cet évènement a sans doute poussé Congreve encore plus à l'isolement. Le grand écrivain avait été J’un de ceux qui avaient le plus attiré notre poète dans le monde littéraire et sa mort devait l’en éloigner. Puis, la santé de Congreve déjà ébranlée par la goutte et par une myopie qu va le clouer pour toute sa vie dans le salon de la coquette Henriette | de Marlborough, n’incitera le poète qu’à son verre de vin favori et à la sainte oisiveté des réunions mondaines aux causeries.
(1) Oscar Wilde : « J'ai mis mon talent dans mes œuvres, mon génie dans ane, Ro ‘ 5 on gent tn:
(2) Davies op. cit.
desquelles il ROUE, Sur ces pentes multiples, le poète se laissa donc entraîner peu à peu vers l’ épicurisme et la passivité. Mais AUS y eut là rien qui ressemblât à à une retraite ou à une bouderie ; * d écrivain rancunier. Ni The Way of the World — encore une
fois — dont le succès croissant comme nous l’avons dit, ne pou-
vait que le flatter et l’induire en tentation, ni l’apparition à
l’horizon de la gloire ombrageuse de Mrs. Gentlivre, comme l’a
suggéré le plus pauvre d’ esprit de ses critiques (1), ne pouvaient l'y pousser. En ce qui concerne spécialement la comédie, on oublie aussi que les éloges qu’elle recevait déjà à cette époque,
étaient plutôt de nature à à produire l’effet contraire; est-ce que
Steele ne lui adresse pas une cinquantaine de vers tous plus élogieux les uns que les autres, une espèce de compte-rendu de l’activité tout entière du poète, bilan si heureux qu'il aurait suffi à faire persister dans cette voie l'écrivain le plus désabusé ?
When pleasure's falling to the low delight
In the vain joys of the ‘uncertain sight etc. How could, great author, your aspiring mind Dare to write only to the Few refin’d ?
Yet tho’ that nice ambition you pursue
’Tis not in Congreve’s Power to please but few. Implicitly devoted to his Fame
Well-dressed Barbarians know his awful name.
Et rappelant que
On you, from Fate a lavish Portion fell In CNE way of writing to excel,
le panégyriste commence à à passer en revue ces poèmes depuis
(1) Rév. L. G. L’Estrange , History of the English Humour.
Je chant d’Arabelle, à à l'élégie de Pastora et du ms. Françai : Tombé du cheval, jusqu’ aux comédies, où : ê pal
The Player acts te wortd, te word ui player “ By
et jusqu’à... Â & DIRE MORE À
Your Mourning Bride’s résistless moan,
avec le final:
AU NL? f RATS
Then still, great Sir, dde, moving Do employ, To luli our sorrow and correct our joy
he
qui exprimait Le vœu de plus d’ un admirateur du poète. Il serait ee - curieux que le magnifique bilan établi par une plume fameuse, . . bilan d’ ailleurs présent à à l esprit de tous les contemporains de à Congreve, nous le montrât en. faillite. M A OS Les EC
Mais la vie, avec toutes ses pompes qui atfiraient le poète, avec la vieillesse et la maladie qui en vinrent à bout si facilement, était ce qu il allait rendre son compte de plus en plus riche au passif. Mais tout ce que Congreve va avoir et pouvoir donner, il le fera pour sauver ce compte; il continuera ses relations avec Betterton et Lincoln’s Inn Fields et va vivre dans le Strand au milieu de la bohème littéraire, tout en fréquentant assidûment la haute société; de même sa combinaison prochaine avec Vanbrugh pour la création d’un nouveau théâtre — cela ne paraît-il pas bizarre chez un homme qui aurait ostracisé la scène ! — nous le montre tout aussi attaché à sa profession. | Maïs, sans doute, l’avisé Congreve sentait que. la période des envolées audacieuses était passée. Deux ou trois œuvres dramatiques de second ordre représenteront ses derniers Coups d’aile. L’échec de la combinaison avec Vanbrugh va le calmer encore plus. Et le poète, délaissant une pure vie littéraire, peu à peu
ts oi
se “contenter, de vers de circonstance, et finira par adopter la vie de gent leman età passer des bras de Mrs. Bracegirdle en ceux z.d; Henriette « de Marlborough… Comme un premier geste double-
. ment significatif de cette nouvelle période de Congreve, il faut.
compter: l'epître : On Pleasing (4700) adressée à à un vieil ami -
Fins mais qui apparaît maintenant pour 4 Dose fois . vraiment lié à à la vie du poète.
strange, dear Temple, (1) how it comes to pass ee no one man is pleased with what he has.
Dans ne vers non nor de de saveur, dont Addison citera même quelques-uns plus tard, dans son journal, Congreve dirige
üne satire aimable contre les critiques, toujours crétins !! et
contre les envieux à la Bavius. Le scepticisme philosophique du poète se trouve en pleine phase, car avec un compliment à l'adresse d’Addison, de Rowe, de Prior, ou même de Blackmore, envers lequel il s ’acquitte avec discrétion, il fait le procès de la
vanité et de l’orgueil humains qui compliquent la vie et rendent si difficile l’art de plaire.
That telescope of to01S ous wich they Spy Merit remote and think the one nigh.
Il y à de la grandeur d'âme dans cette sereine épitre. Cette deuxième existence du curieux personnage double,
(1) Sir Richard Temple, Cambridgeman, du même âge que le poète, ‘beronnet enrichi par la mort de son père (1697) et député du Buckinghamshire, devait faire parler de lui à partir de cette époque comme colonel sous Marlborough, surtout au siège de Lille (1708). A partir de cette époque jusqu'à son élévation au titre de Vicomte sous ‘Georges 1°, le grand libéral partage le sort des évènements politiques. Homme d'épée et diplomate, bon vivant et homme du monde, en 170v. il était déjà lié avec Congreve, qui se trouve dans un état d'âme typ1que quand il lui écrit l’épître cité.
“2 en DIR | ressort surtout de sa correspondance, comme on pouvait SV attendre, et du contact social du temps. C’est certainement à 7? ce tournant de sa vie que se rapportent partiellement les derniers
vers à son sujet, dans :
\ A Libel on the Reverend Dr. Delany and His Excellency John Lord Carteret, de Swift :
Till prudence taught him to appeal From Paean's fire to party zeal.
Not owning to his happy vein The fortunes of his later vein Took proper principles to thrive And s0 might every dunce alive,
Du que le Dr. Blackmore, dans sa « Satlyr against Wit » - qui a fait tant de bruit à son apparition, fait, l’année même de |
la mort de Dryden, une place assez bonne, pour un censeur comme lui, à notre poète dans des vers comme les suivants : |
’Tis true that when the coarse and worthless Dross Is purg’d away there will be mighty loss.
5 Ev'n Congreve, Southern, Manly Wycherley When thus refin'd will grievous suff’rers be. Into the melting pot when Dryden comes What horrid stench will rise, what noisome fumes ?
et plus loin, après une critique sévère pour les autres : V-e and Congreve both are wealthy, they Have Funds of Standard Sense, need no alloy And yet mix'd metal oft they pass away The Bank may safely their subscription take, But let ’em for their Reputation’s sake Take care their Payments they in sterlings make.
En même temps que le poète en pleine vogue, et épargné par la satire du temps plus que n’importe quel autre de ses contemporains, est de la sorte rapproché de Dryden, nous le voyons le 11 Mai derrière son char funèbre avec Earl Dorset, Betterton, Garth, Wycherley, Southerne, Vanbrugh, Farquhar, Walsh, etc): |
He Menus faits d'une grande existence Correspondance avec les Porter et avec Joseph Keally
Un masque, des poèmes occasionnels “ Squire Trelooby ” (The Cornish Squire)
Il est probable que Éonrres passe l’été de 1700 chez lui à
la campagne, car c’est à cette année que nous devons rapporter
- la lettre marquée seulement par la date de la poste, 21 Août, et adressée à Edward Porter au nom duquel se rattache toute une correspondance de cette époque.
Cette lettre que nous avons déjà citée au début de notre ‘étude est datée de Ham, Ashbourne, Derbyshire. Nous trouvons le poète dans une admirable disposition, plus jeune que jamais, dirait-on. « Entre 6 heures et 7 heures du matin, quand les oiseaux gazouillent et que les feuilles murmurent sous la brise. etc., je me vois obligé d'emprunter aux dames le papier de leurs . papillotes, dit-il, mais j'espère qu’il contient tout ce que je puis te dire de cet endroit, qui est si écarté du monde que seules les . grandes nouvelles peuvent y pénétrer. J’ai essayé tout ce que la retraite et la solitude sont à même de m'offrir; ici elles sont . parfaites ! » Le poète croit qu’il ira la semaine suivante aux courses de Mansfield où il espère voir tout le monde et où il parlera de Porter à ses connaissances.
« Dans l’automne de 1700, Congreve va à l’étranger, en société
Jacob Tonson, l'éditeur et Charles Gildon »,
d’un certain He et Charles, qui orient bien être
«Il existe au “British Müseun un pétit robes à de: ete écrites par le . à cette occasion, à Edouard Porter et à s& femme, l'actrice. » * L Fe nn
nt Le voyageur Gus ne paraît avoir ae l'étranger n ni aupara- | vant ni après, s ’embarqua à Douvres pour Calais dans la pre- mière Semaine d’Août, se réjouit à l’arrivée : à Calais de trou-
ver du champagne à “un shilling la bouteille et du Bourgogne
. tout aussi bon à à 15 pences. Il se dirigea ensuite vers Saint- Omer. rie semaines plus tard il était à Bruxelles et Anvers, en passant par Guelderland, en tout douze lieues, avec un fou fanatique
dans la chaise de poste qui m'a fait dés sermons pendant toute
“a route. Le 27 Septembre il se trouvait à Rotterdam. Nous
n’avons pas de détails sur ce voyage dans les Pays-Bas. Mais certainement il fut un plaisir continuel » (1).
L'hiver suivant nous le retrouvons à Londres ne à partir de ce moment il entre dans la vie de société d’où il ne sortira plus . désormais. A cette époque nous le voyons au fameux Kit Cat
Club, fondé en 1700 par Tonson, se gorgeant probablement, en vrai gourmand qu’il était, des « mutton pies » de Christopher Kat. Outre les bons repas, on y faisait aussi dé la haute politique libérale. Parmi les trente-neuf membres, Congreve y brillait
comme le barde de l'époque et, particulièrement honoré dans | cette société, il resta toute sa vie personnellement attaché aux à grands « Whigs » qui fréquentaient ce club, depuis Addison et
Steele jusqu’à Halifax et Somers, de Granville et Walsh au duc de Sommerset et Marlborough lui-même.
nn 4
(1) v. Gosse et Leigh Hunt.
LIST r:
ee à CE ne Nous le voyons aussi engagé dans une correspondance (4)
avec un parent de l'évêque Berkeley, Joseph Keally, Esq., Du- ” blin, son camarade et peut-être ami de Kilkenny. Congreve lui
fait part des fades nouveautés littéraires telles que les der- nières pièces de Mr. Lore (Rowe) et Burnaly (Burnaby) et lui | transmet les compliments de Dick Steel et de Charles (certaine- |
F rent Gildon), de même que « de la part de nos amis d’Arundel
Street » » où il Ut Le à cette Fi he
Eos 5}
L Le poète s s Y “révèle d’ une manière très intéressante :
& é tite de te dire Le je regrette ton absence, Moi qui ne
suis pas créé pour trop aimer les connaissances et qui n’ai ja-
mais eu l'intention d’en faire beaucoup. Tu sais que je n’ai pas bien besoin d’être seul, mais j'aime mieux cela, que me con-
former aux manières de la Cour ou du Café. Mes voisins sont
comme les tiens et si tu ne bois pas toute la journée à leur santé, ce sont eux qui le feront. »
Le 2 Juillet 1700 , NOUS lisons : : « Eccles est nommé maître de
: musique, poste devenu vacant par la mort de Mr. Haggins ». Il
est question du compositeur qui remportera le prix pour la
musique d’un texte écrit par le poète. D concours de noms
tels que Finger, Daniel Purcell, Weldon, à Dorset Gardens, est
‘ décrit par le poète avec force détaïls, dans la lettre du 26 mars
1704. Il ne croit pas qu’il y ait un endroit dans le monde qui eût pu se vanter d’avoir vu une telle réunion. « Le nombre des
exécutants, outre les chansonniers, était de 85, et l’endroit
était transformé en White’s Chocolate House, toute la famille y
(1) George Monk Berkeley (Liter4ry Relics).
EN
étant transportée avec de chocolat, des rafraichissements, du
ratafia, du portico, ne TR MOINE DEA AC Le
Le Lo qui as à la scène à peine quittée, avec le masque antique du Judgment of Paris, n’oublie pas d'ajouter « «notre ami
Vénus a eu un jeu admirable »; ce qui veut dire que Mrs. Brace-
girdle régnait encore sur le cœur du célibataire d ’Arundel Street.
Ce masque qui, après la deuxième édition de 1700 de L’ Inco- grita, est le deuxième fait littéraire depuis sa « retraite » a été très bien reçu et son suceès.était de ceux qui plaisaient au poète.
L’arrivée de la Ste Cécile le 22 Novembre suivant, jour, qui : conformément à la tradition, mettait à contribution la lyre occasionnelle des poètes, ne pouvait laisser indifférent un barde consacré et l’Ode for St. Cecilia’s Day mise en musique par Je même John Eccles reste, par la beauté de la forme, à côté des essais classiques sur le sujet qui a tenté les leaders littéraires de
chaque époque. Cependant, dans la dédicace à la The Unhappy Penitent Catharine Trotter, en demandant la protection de Lord Halifax, sait distinguer le maître de la manière suivante : « Les nombreux talents qui fleurissent sous vos auspices sont une preuve que, en admettant qu’un Congreve doive votre faveur au plus strict esprit de jusiice, il y en a une foule d’autres qui ne pourraient trouver leur salut qu’en s adressant à votre bonté ». Il se préparait en effet quelque chose de bon pour Congreve. Car le 4 décembre 1702, dans une courte lettre, entre la mort de sa chienne Sapho — une des rares affections du poète ! — et une citation latine, le poète dit : « De grandes révolutions ont eu lieu depuis la mort de Sapho, choses qui ne peuvent se > confier au frêle papier ou au bateau».
Mais « la révolution » a marché lentement, car dans sa belle
Her {
ne.) nes
“lettre du 12 février, avec la même délicatesse, Congreve dit. encore à son ami : « J'ai oublié de te remercier de l’ idée que tu m'as donnée au sujet d’un poste de « commissioner » dans ta première lettre et que tu me répètes dans ta dernière. Tu peux
t’imaginer que je ne pourrais manquer un tel avantage si c'était -
possible. Mais tu sais que c’est en vain, laissant de côté toutes ‘les belles promesses que l’on m'a faites, car je n’ai jamais obtenu la moindre des choses que j’ai demandées. Il me faut de la patience et je crois en avoir. Je vis de ma philosophie, mais, mon Dieu, le plus difficile est d’avoir près de moi les Re personnes qui me sont chères ».
Si l’année 1702 n’apporte à notre poète que la notice de l’ami Gildon (1) à son sujet, l’année 1703 n’est troublée aussi que par des événements insignifiants. Miss Trotter envoie une lettre au
poète pour le prier de lire, dans sa première forme, sa nouvelle
tragédie The Revolution of Sweden qui devait se jouer en 1706. Le 2 novembre, le poète lui répond par une critique aimable de la pièce acte par acte, en lui souhaïtant un succès digne de son mérite. é :
Mais l’apparition de la 3° édition — ne manquant pas d’une certaine pompe... funèbre — de « Reliquiæ Gethinianæ or some
(1) Dans « A comparison between the two Stages » Gildon avant de passer à l’analyse de The Generous Conqueror donne un compte-rendu sous forme de dialogue entre Sullen et Critic sur Etheredge, Dryden, Wycherley, Otway, Vanbrugih et Congreve. Ce dernier y paraît comme ’a gentleman of wit and good - sense ; he has a great character for comedy and in my poor judgment has well perform'd in tragedy. Mais le bizarre Critlic, qui reconnaît dans The Mourning Bride plus de fautes que n’en avait trouvé Collier lui-même, est, d’un avis contraire à celui de Sullen et de toute la ville ; en affirmant que, bien que trois pièces aient fait la gloire de Congreve, sa meilleure est cependant la quatrième « The Double Dealer », dont les bons juges ont pris la défense con- ‘tre la ville et qui a coûté beaucoup de travail au poète. Malgré tous les mérites de Congreve, le critique reconnaît pourtant que quelques-uns des carac- . tères de ses pièces ne sont pas naturels.
LE
: remains Of ihe“fogt ingenious. bu moe AU Gate. Lady Gethin » porte sur sa couverture Je nom de Congreve, comme
à auteur de quelques « Verses sacred to the memory of G. Lady : ER Gethin », inspirés par la lecture du livre. Le poète exalte de .
nouveau le is génie et dit gravement : FR
When. Prodigies appear, our Reason rai LAS He, And superstition over philosophy prévails OR RE AE Some heavenly minister. we sirait conclude PR Some angel — mind with female form endu’ d
To make a short abode on earth was sent RP Where no perfection can be permanent.