‹ Un Classique Moderne William Congreve Sa Vie, Son ŒuvreChapitre 57 sur 70 · SHARE TUE · texte numérisé non relu

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était au fond composé des patriotes qui sauvèrent l’Angleterre » (4), il était, dans les paroles de Gay, « le barde irrépro- chable » et d’après Pope, « avec Garth et Vanbrugh, l’homme au cœur le plus honnête et le plus comme i faut des ie

PES du Club » (2).

Une certaine apathie et indolence aristocratique Jui rendaient

Ja vie, avec tous ses ennuis, un peu répugnante. C’est à peine

s’il a daigné en recevoir les succès; ses peines, il les a repous-

sées énergiqeument ; et quand Robert Walpole lui a donné le

poste demandé, il savait certainement que le poète « n’y serait dE aucune utilité. »

Mais non moins bien doué pour la vie il l’a tite en maitresse, ne retenant que ce qu’elle à de beau et ce qui peut

satisfaire ses goûts raffinés. Le vin et le tabac de luxe, comme

les bons repas, et la société sur laquelle il promenaït un regard

assez ironique, sinon peut-être assez observateur, et surtout la

femme qu’il comprenait et dont il était digne; les amis qui lui ont rendu suffisamment son affection, voilà autant L liens qui le rattachaient à la vie.

Ébierere était surtout une compagnie admirable. Personne ne le conteste au soi-disant « fat ». Mais les biographes ont négligé l’ami parfait qui vivait dans Congreve. Les méchants ont vu dans sa facon d’être bien avec tout le monde, l’homme de convention et froid, le mondain aimable et superficiel. Nous nous rappelons pourtant les éloges que reçoit l’homme; avec quelle chaleur, par exemple, un Hopkins reconnaît à côté du poète étincelant, l’ami irréprochable. Nous nous rappelons éga-

(1) Horace Walpole.

(2) Spence.

til À

os su -

lement l'homme. « as good as his de » re la he de.

plus vivant, la correspondance de Keally nous le montre plein

de Ja plus tendre affection et de capacité lyrique insoupçonnée. #; Fe Mais son lyrisme sortait du commun. Exempt de déclamation, : ee il est d’une discrétion que presque personne n° a remarquée. x de . Nous nous souvenons par exemple des phrases courtes dans les- 7 | quelles il fait ses adieux à son ami et place une lettre affectueuse ee |

et un mot de tendresse de sa part au-dessus de tout dans sa vie, même plus haut que ses intérêts immédiats. Dans l’une d'elles, il dit : « Tu me connais assez pour savoir que je suis très sensible et réservé avec ceux que j'aime. » Nous n’oublierons pas

non plus que le malicieux Pope lui-même, dans sa Letter to

Dr. Arbuthnot, pour se justifier de ce qu’il écrit, dit : ? Granville (1) the polite <

And knowing Walsh “would tell me I could write.

Well-natured Garth inflamed me with early praise

And Congreve loved and Swift endured my lays.

Nous remarquerons avec le Dr. Warton que chacun des amis du satirique est ici marqué au coin, avec la précision de touche + qui le caractérisait, de son épithète propre. Pourquoi, seul, Con- Ge greve « le froid et égoïste /op » est-il caractérisé par le mot « loved » ? Peut-être cette amitié du poète, malgré son carac- | tère discret et plein de retenue, était-elle assez chaude et cordiale pour se recommander à la clairvoyance de Pope.

Mais d’où provenaient cette discrétion et délicatesse d'esprit qui font de ce poète un grand moderne ? De son intellectualité, et

(1) Aussi nous nous rappelons comment celui-ci faisait — dans sa lettre sur Wycherley — l'éloge de la candeur, de la modestie et de l'intégrité &e conduite

. de Congreve.

Colley Cibber. On oublie aussi que le document ie Her

ici à nous arrivons : de clé . one de son el tere . Con-

greve était par ccllhee un cérébral. Il ne manquait point de | cœur, mais son cœur il le mettait toujours en fonction de son esprit; et son esprit est un des plus grands spectacles, pour

nous servir de l'expression d’un moderne en parlant d'un |

autre {4}. Si Steele chante avec tant de passion ses « charms of | wit and conversation » et si une intellectuelle comme Lady Montagu, “habituée par son père dès l’ enfance à vivre parmi les __Wits « n’a jamais connu et” un de si spirituel que Con- greve : 2), “il nous faut arriver à un critique du siècle sui- vant 6) pour trouver l’ esquisse fidèle de son esprit : « Il était vifet d’ une vue claire, frappant et original, mais en même temps naturel et heureux dans l’idée; il possédait la rare qualité de transmettre au mot l’énergie toute entière de son intellect ». SE nous ajoutons à cela l’une des plus belles cultures que puisse posséder un poète, culture qui faisait de lui un « fine scholar » ferré sur le latin et le grec, et qui lui permettait d'évoluer librement entre Polybe et Théophraste, Pline et Térence, Epictète et Aristote, pour ne pas parler des Anglais, et des Français comme. La Fontaine et Molière qu ’1l a le mieux compris parmi les An- - glais de son temps, nous pouvons nous imaginer quelle source inépuisable d’allusions, d’ironies et de répliques était son essu aidé par un talent immense. C’est cela, plus que n’importe quoi, qui l'a rendu cher à ses amis et à ses connaissances et “Ta conservé gai et irrésistible dans les douleurs de la goutte et les angoisses de la cécité. C’est le raffinement de son esprit, son « cérébralisme » aussi qui lui donnaient la’ consolation des

x1) Rémy de Gourmont sur Paul Adam.

: (2)\Spence.

(3) The Scott’s Ne (1804) LXVI. 9.14

: : PTE

sensations qui “étaïent un peu en avance sur son époque: sa | passion pour la musique et la peinture, auxquelles il consacrait de fortes sommes d'argent, son esprit de collectionneur (4 ) qui

le faisait amasser des ballades, des vieux bouquins et des tableaux, et d’autres passions faciles à satisfaire, comme il le dit

lui-même. C’est ce qui donnait aussi à ses amours leur note

bizarre, d’une discrétion toute féminine. Maïs c’est ce qui lui

donnait surtout la distinction et l'éclat qui faisaient de ne une personnalité. Re

Sa discrétion et sa finesse de caractère, la préciosité de ses passions et. de ses goûts, son antipathie pour tout ce qui était vulgaire, brutal et bien commun, et ce scepticisme qui lui donnait la sérénité d’une statue dominant l’époque, tout son carac-

tère enfin de supériorité qui a fait à quelques-uns l'impression

de fatuité et à d’autres celle de simple pose, éiait au fond l’affirmation en face d’une société inculte et légère, d’un cérébra-

lisme délicat jusqu'à être maniéré, raffiné jusqu’à l’égoïsme,

hautain jusqu’à l’indifférence.

Le biographe, dans sa hâte à le confondre avec les autres, ne s’est jamais arrêté à la vie intérieure de Congreve. Il possédait cette puissance, si rare-dans une société sensuelle et fri-

vole, de vivre en soi et de dédaigner l’éloge et la promiscuité. IL

suffirait pour le connaître de lire sa correspondance où transparaît la tendance de Congreve à éviter tout contact matériel

avec le monde, et son goût de la solitude, seule maîtresse à qui il resta fidèle.

(1) The various tastes and pursuits of curious men in their collections of this kind would be diverting to a satirical genius when we know that the famous Dryden, and also Mr. Congreve after him, had collected some volumes of old

ballads and penny-story books. (Memoirs of W. Oldys together with his Diary.)

ur

| Gay assure à à Pope que lui et Congreve ne sont pas des « Dire ». On peut tout aussi bien dire que l’école de Pope est ‘à côté de celle de Congreve une « Dunciade ». Macaulay, découvrant la double nature de Congreve, voit en lui le gentle-

man aux prises avec le poète. Nous ajouterons que ce gentle--

man se réconcilie avee le poète dans les hautes sphères de l’in- tellectualisme, sphères de criticisme aigu et d’impassibilité blasée, d’ironie correcte, de speticisme raffiné et d’olympique empire : sur soi-même. ee

L’homme qui était sûr que le « Beggar’s Diet » était destiné à à échouer ou à avoir un brillant succès, ne pouvait non = plus aimer « The Tale of a Tub ». Swift qui feuillette seulement

ses pièces et qui n’y prête pas beaucoup d’attention (1) éprouve cependant une passion pour l’homme. De même Pope, que Congreve fréquente beaucoup plus qu’on ne l'a donné à entendre (2), Addison qui l’élève aux nues, Gay qui dans l’époque la plus heureuse de sa vie l’adore et le suit partout; et tous les autres

confrères l’aiment, comme le font aussi les aristocrates — à commencer par le duc de Newcastle, le Earl of Shannon, Comercastle — pour finir par Halifax et Harley qui le comblent de distinctions.

pot des acteurs, il ne tombe pas dans la bohème; libéral, il ne fait pas de politique; écrivain, il est aimé des hommes politiques; homme du monde, il est le favori des poètes : vieilli, il détient encore l'affection des femmes; et tout en habitant un

appartement simple, il se crée un intérieur permanent dans le

salon des Marlboroughs.

RE Le

(1) Journal to Stella, 27 juillet 1711.

(2) Elwin : Pope’s works.

| ans près sa mo

(1) Spence.

Son ne 3e génie

LE à Les Précurseurs RARE LC

| 1} re s-

me Pour le critique, c'est dans son œuvre que la personnalité de C ongreve ressort davantage.

ee Versificateur médiocre, prosateur délicat, il reste surtout un grand auteur comique. Ce qui lui donne droit à à ce titre c’est d’abord son originalité. J ohnson lui a reconnu cette qualité (1) de- puis longtemps et nos analyses précédentes n’ont fait que confirmer ce jugement. ce |

Il a puisé directement à peu de sources. Encore l’a-t-il fait ri oucs les épisodes, non pas pour l’action de ses comédies.

Ses inspirateurs sont plus sérieux et plus anglais qu on ne

le croit et nous rendons justice à sa muse comique en relevant le fait que si. l'influence de Shakespeare est négligeable, celle des successeurs de celui-ci sur Congreve est, par contre, incon- testable.

Pis Congreve a lu et aimé les Beaumont et Flelcher. Bien plus, : É : : il s est laissé suggestionner par eux. Certains caractères et ue certaines situations en portent les traces, des traces qui, sans

nuire à son originalité, sont tout au contraire à l’ayantage de

son œuvre, qui S ’enracine ainsi dans le sol anglais plus que ne l'ont passé les adeptes de Collier.

4 aie ET merit of the Diébent kind : he is an original Writer, who | borrowed ‘neïther the models of his plot nor the manner of his dialogue.

On peut à juste titre affirmer que la force et l’humaine qua- ve

lité de.« Love for Love » (qui tranche de ce point de vue sur toute son œuvre comique) sont en grande partie dues aux poètes 2e

comiques romantiques de la première moitié du dix-septième siècle. Si les Philip Massinger ne sont que pour très peu de

chose dans la conception de la pièce, « The Elder Brother VS AE

laissé, comme nous avons vu, des traces visibles, ainsi que

«Wit without money ». Il nous suffira de citer encore « The Wild

Goose-Chase » pour la scène de Âa feinte folie, pour montrer Fe

que, parmi les successeurs de Shakespeare, Fletcher doit certainement compter pour un des maîtrès lointains de Congreve.

Dans « The Way of the World » l'originalité de Congreve est encore plus frappante. Peut-être cette pièce est-elle celle de Congreve qui lui appartient le plus en propre, la plus dégagée d’influences — du point de vue de l’action — ce qui expliquerait l’impression d’artificiel qu'elle laisse.

Pour illustrer l’originalité dramatique de Congreve, nous nous sommes, en premier lieu, servi de ses chefs-d’œuvre. En effet, ce n’est pas avec son roman ou sa comédie de début, ou avec une tragédie si peu conforme à son génie poétique qu’on peut réellement mesurer l’étendue de son esprit d'invention.

S À ses débuts, il est vrai, Congreve s’est laissé séduire par

les petits maîtres de l’époque, depuis les corifiés du roman héroïque français, jusqu'aux D’Urfé et aux Mountfort des

« The Marriage-Mater matched », Sir Barnaby Whigg et

« Greenwich Park ». C'est sous l'influence de cet entourage littéraire immédiatement que sont composés l « Incognita » et le « Old Bachelor ».

Dans des caractères conventionnels, tel que le libertin, le |

fanfaron, le lâche, le parasite, il n’a pas hésité à s'inspirer

x É Pia

aussi d’ Aristophane, Ménandre, Plaute, Térense. Il se retrouve à cette occasion le digne disciple de Dryden, le lecteur et tra- ducteur enthousiaste des classiques.

Mais à | côté. de ceux-ci apparaît une influence plus nette. Il ne $S ’agit pas de Ben Jonson, à qui Congreve a excessivement peu d’emprunts. Ce qu’il en a adopté c’est, pour ainsi dire, le principe comique : l’idée de peindre des mœurs actuelles. Congreve ne pouvait pas sans ne retourner à la comédie roman- : tique. AT

La façon dont il discute avec Dennis les comédies de Ben, nous montre la voie qu'il a adoptée. Mais ce fut tout. L’art comi- . que de l’auteur de « Every Man in his humour » était trop figé et abstrait, trop statique, pour que Congreve y puisse beaucoup . puiser. Aussi ne l’a-t-il fait que pour quelques types généraux de ses premières créations où Ben Jonson se rencontrait lui- même avec les classiques.

- Mais si le maître a seulement initié Congreve, Pun de ses disciples les plus passionnés l’a intéressé davantage.

On vient de rendre une Ale justice au pauvre « Og » de la fameuse satire de Dryden, que Mr. Saintsbury, par exemple, ne craint pas de placer parmi les vrais fondateurs de la comédie de mœurs anglaise. L’œuvre de Congreve parle peut-être - plus que toute autre en faveur de cette opinion. Shadwell- Congreve ! Le contraste choque ! Il y à cependant parmi les pierres brutes du prosaïque auteur qui ont été adoptées par - Congreve, faites siennes et tournées en diamants — Habent sua fata…

Lorsqu’en 1693, Congreve débutait dans « The Gent'eman’s

Journal » avec sa première chansons Tel me no more 1 am de- EN ceived c’est de Shadwell qu’il la irait, RE HT SRE

[OT take her ones you “her mind.

Who has the better bargain

n'est que : : Re D en NU ve

Though that rogue Selfish. has her mind, I do no doubt but to get her body which is worth two of it.

de À True Widow (IV, 1). Fa 2 De Hackum de « The Squire of re » qui, avec Bessus

est le parent. le plus proche de Bluffe, à Belliza de. « The Amo- …

rous Bigot », le prototype de Lady Plyant dans une pièce qui a: d’ share laissé plus d’une trace dans « The. Double Dealer », et d’ici à ses chansons, il ya plus d emprunts faits à : Shadwell 2 qu’on s’en douterait. + de ie On sait combien celui-ci a pillé Molière. Il n’est peut-être pas risqué d’affirmer que Congreve s’en est servi comme d’un Molière de seconde main. La scène des portraits du premier acte de, « Bury Fair », pièce tirée des « Précieuses ridicules », a pu bien

plus que la scène d’Olivia de Wycherley, suggérer à . Congreve

l’idée d’attaquer lui aussi le fameux motif du « Misantrope ».

Car Shadwell y suit Molière avec plus de fidélité que Wycherley. Puis « Bury Fair », la pièce en question, a servi à Congreve pour mieux se fixer sur le thème de « The Way of the World ». Le déguisement de Waitwell en Sir Rowland en vue d'un mariage, est le pendant du déguisement du barbier en Comte de Cheveux, et l° émotion de Mrs. Fantast à à son arrivée, ainsi que la découverte de la mystification, rappellent - — ‘en: | dépit d’un style lourd et prosaïque — les scènes | correspondantes dans « The Way of the World ».

ee

| Mais nous n avons qu’; ’à comparer ces scènes entre elles pour voir combien par l'art — sinon par E invention dramatique — = | Congrore surpasse Shadwell.

Get art lui venait de Etheredge. C'est celui- ci qui a coulé la or de mœurs anglaise — jusqu’à lui presque uniforme — dans un moule artistique. À part Dufoy, comme type de valet moderne, et peut-être Sir Foppington, il n’y a guère d’influences directes de Etheredge sur Congreve. En échange toute son élé- | gance de style, le vaporeux de ses libertins et coquettes, la pré- : ciosité de ses pointes ont. passé — avec combien plus d’éclat,

il est vrai — dans l’œuvre de l’ auteur de « Love for Love ». , = est son successeur le mieux doué et le plus raffiné.

-Si le ton des comédies de Congreve procède de Etheredge, “c’est de Wycherley qu’il tient sa force, son dynamisme, si l’on peut s’exprimer ainsi. $

Ce que Ben Jonson ne pat apprendre à Congreve, c’est le « Manly Wycherley » qui le fit. Des scènes et des héros des plus vifs de Congreve lui sont dus : la scène de la leçon de danse de hate Froth, Bellmour et Scandal, Miss Prue et peut-être aussi Mrs. Frail (4).

Mais le vrai mouvement comique des pièces de Congreve provient sans doute de ce maître à tous, Molière. La plupart de ces : épisodes ont été inspiré par lui : la scène Lady Plyant-Vainlove, la scène des portraits, du madrigal, la scène de Trapland et nombre de déguisements ; tandis que Lady Touchwood, Heartwell Maskwell n’ont pu avoir pour modèles — s’ils en ont eu — que des Personnages molièresques.

ay: Nous regrettons de ne pouvoir être de l’avis de Mr. Charles Perromat qui, dans sa thèse récente sur Wicherley, attribue à celui-ci des motifs d’un caractère trop général et conventionnel pour que Congreve y ait nécessairement puisé.

Ni

Congreve a aussi eu un autre aires français: La Fontaine, 2 qu'il a traduit et qu’il a peut-être aimé, plus encore que pour.

ses fables, pour son adaptation de la « Mandragore ». C’est ce

conte qui lui a fourni le motif de Sir Plyant, un des cocus les plus réussis de la littérature universelle. Nous avons vu aussi : | que « The Mourning Bride » trahit une lecture de L'« Astrée »,. dans l’adaptation du même auteur français.

Il est au moins singulier qu’en énumérant les précurseurs de Congrève, nous ayons presque épuisé la liste sans avoir encore prononcé le nom de celui dont il a été le successeur attitré.

Congreve se doutait-il que Dryden n’était pas l’auteur comique né ? Le fait est qu’il semble avoir eu plus d’estime pour ses drames héroïques, dont il a utilisé quelques motifs dans sa tragédie et encore plus pour ses poèmes, dont quelques-une lui ont inspiré des vers occasionnels.

En résumé Congreve a eu beaucoup de maîtres, mais pas un modèle précis, pas une source directe. Il n’a pas pillé; différent en cela de ses devanciers : Shadwell, Etheredge et Wycherley, il est l’auteur de ses propres pièces, l’inventeur de ses propres actions dramatiques. Ce qu’il a tout au plus adopté, ce furent quelques épisodes, quelques traits. Encore les a-t-il tellement transfigurés et perfectionnés qu’il a dépassé quelquefois l’original. |

La scène de Trapland est plus vive et plus comique que la scène correspondante du « Don Juan ». Dans la scène des portraits du « Double Dealer » s’il né surpasse pas son modèle molièresque, du moins reste-t-il bien au-dessus des prédécesseurs anglais qui ont brodé sur le même thème (1).

() Cfr « The plain Dealer » et « Bury Fair »..

da

ni Quelle originalité aussi dans la scène entre Lady Plyant et Mellefont, ou dans la farce de Sir Rowland ! Les motifs en sont TES habilement transformés qu’il faut y regarder de près pour y

retrouver les scènes analogues des Femmes Savantes et des ;

Précieuses Ridicules.

z \ ; Sa comédie, une fois son fond définitivement trouvé, s'élevait à un raffinement et une hauteur auxquels personne ne Ft pue atteindre de longtemps.

La Fee des comédies de Congreve est d’une originalité :

étincelante. C’est un magicien qui évolue d’un bout à l'autre, jetant des rayons de lumière et des ombres, remplissant les vides, révélant des recoins insoupconnés, esquissant une figure d’un geste, et créant ainsi à l'infini l'illusion dramatique.

C’est ce profond sentiment de la forme qui a fait adopter à Congreve le modèle classique. Ses pièces sont, à de rares exceptions près, d’une construction claire et symétrique. Les unités sont respectées dans la mesure du possible set, d'un mouvement que les longueurs n’alanguissent pas trop, l’action éoule librement.

Les caractères comme l’action n’ont rien de l’imprévu baroque et de la confusion romantiques. Tracés sommairement, ils

n’en ont pas moins le relief d’une gravure. Comme chez les.

classiques, il y a presque toujours chez Congreve une idée centrale autour de laquelle se meuvent ses personnages. Mais il n'oublie jamais les menus détails qui caractérisent et animent. D'une sobriété de grand maître, il devient ainsi un maître miniaturiste. <

Lady Wishfort à sa toilette, comme Sir Wilful en bottes de

: in: Sir Samson comme Foresight, Maskwell et les E PI es sont de vrais eaux- fortes, froides peut-être, mais vigoureuses. 1

La symétrie et la sobriété sont donc les deux grandes qualités es de Congreve. Et elles ne manquent. pas de le conduire à la “a qualité principale du grand art : l’objectivité. Le manque de-<7 lyrisme ou pour mieux dire de subjectivisme est évident dans les pièces de Congreve. Ce n’est pas une lacune mais une simple Le ‘attitude. Congreve se cache très habilement derrière le person-

nage ; excepté Heartwell, aucun n’est pris comme prétexte de satire. Quand il rit ou se moque, il ne veut pas moraliser. Le comique appartient au personnage ou à la coupe qu'il taille en

quelque sorte dans la matière essentiellement mobile de l’exis-

tence. Ce n’est pas une tendance, mais une expression directe.

Congreve reste tout aussi serein dans son œuvre qu’il était © impassible dans la vie. ds PR AR

C’est, croyons-nous, le secret de l’art classique et Congreve le possède au plus haut degré. Mais sa comédie n’aurait cepen-

dant pas eu tant d'importance, si son objectivité de conception,

sa clarté, sa sobriété et sa symétrie de facture n ’eussent été servies par une langue et un style RARE adéquates au fond.

Cette langue et ce style sont d’une harmonie et d’une concision qui ne sont dépassées que par la netteté et la vigueur.

Prenons ce passage :

Val : Hush |! — interrupt me not : l'1l whisper prediction to thee and thou shall prophecy. I am Truth, and can teach thy tongue a new trick... I have told you what's past. — To-morrow knaves will thrive through craft, and fools trough fortune, and Aguesie will go as it did, post- nipped in à summer suit.

Forge : Pray, what will be done at Court ?

“ni —

vai : ; Sconda | will tell you. — I am Truth, I never come there. NEO : M the city ? ET ÿ

|: Oh,

Fe hours. Yet you will see such zealous faces behind the counters, Fe as if religion were to be sold in every shop. Oh, things wils

go methodically, in the city ; the clocks wille strike twelve at noon, and the horned lord buzz in the Exchange at two. The.

bands and wives will drive distinct trades, and care and pleasure

smoke and Sstratagem. And the cropt prentice, that sweeps his master's shop in the morning, may, ten to one, dirty his sheets before night. But there are two things that you wilr

see very ‘strange ; which are : wantons with their legs at liberty,

and tame cuckolds ‘with chains upon their necks, — But lord, a must examine you before I go further :- YOU 100k suspl-

ciously. Are you a husband ? Sel -Fore : I am married. " . Val : : Poor creature ! is your wife of Covent Garden parish ? Fore : No, St. Martin’s-in-the-Fields.

, Val : Alas, poor man ! his eyes are re and his hands shrivelled ; his legs dwindled, and his back bowed : pray, I say, for a metamorphosis. Change thy shape, and he off age ; get thee Medea’s kettle, and be boiled anew ; come forth with labouring ‘callous hands, a chin of steel and Atlas shoulders. Let Talia- -cotus trim the calves of twenty chairmen, and make thee

pedestals to stand erect. upon, and look mfatrimony in the face. Ha ! ha ! ha ! that a man should have a stomach 10 à wedding supper, when the pigeons uen rather to be laid - to his feet, ha | ha ! ha Le

Fore : His frenzy is very high now, Mr. Scandal.

. Scan : I believe this a spring tide.

= Comme chaque mot est à sa place ! Quelle expression dans l'harmonie de la phrase ! quelle association d’idées dans chaque ironie ! Et comme le tout s’intègre dans le personnage ! Nous voyons Valentin dans chacune de ses paroles comme à la lumière d’un geste. Cet art de donner au mot la valeur de l’action, voilà ‘ce qui fait de Congreve un maîfre de la phrase.

< prayers will be said in ts churches, at the. tsar

separately occupy the famfly. Coffee-houses will be full of

un

comédies.

Chaque personnage, de Bellmour à à Pegey, de Jeremy à a. Lady Froth, est vivant dans chacune de ses paroles et n° a. ÿ presque pas besoin de se mouvoir pour se faire connaître : Pre

se suffit de parler.

ue

Voilà pourquoi les personnages de:'Congreve sont spirituels.

Citer encore des exemples serait Line toutes ses JE

On lui a reproché de faire trop d’esprit (1). C’est un reproche te

moins justifié qu’honorable.

Il y a trop d'esprit chez Congreve, parce que l'esprit est

l’essence même de ses personnages. Ses héros ne sont ni les héros de l’idée, ni de l’action, ce sont les héros d'un jeu de

mots, d’un compliment bien tourné, d’une ironie qui ne manque

pas son but.

Des types comme Valentin, Careless, Witwood, Petulant, Mrs. Frail, Belinda, Millamant, ne vivent que pour cela. Aussi leur vie sur la scène n’est qu’un duel de pointes. À quelques nuances près, l'esprit est encore l’essence de la nature des autres personnages, de Jeremy à Sir Samson, de Lucy à Lord Froth.

Quand l’amour ou la haïne interviennent, ce ne sont pas des passions, mais de la vanité et de l’ambition, c’est-à-dire du raffinement et par conséquent : de l’esprit.

En résumé, comme action, caractère et style, les comédies de Congreve appartiennent à l’art objectif et harmonique, limpide et concis, qui porte généralement le nom d’art classique.

Au service de l’idéal classique, Congreve apportait un tem-

(1) « We must confess we find the wit becomes tiresome. Wit for wit’s sake becomes a task and à trial ». Leigh Hunt. Cfr. aussi : Macaulay, Davies, etc.

pérament intellectuel, le sentiment de la forme et par-dessus tout un esprit pondéré et unitaire. Il a eu encore la chance æ écrire à une époque où les éléments étrangers, qui avaient envahi pendant tout un siècle l'esprit anglais, étaient arrivés à l'assimilation et à l’équilibre. Etheredge, Wycherley, Shadwell avaient à peine connu cette époque. C’ est pourquoi leur artest si inégal. Chez eux l'influence française devient souvent pornographie; ils ne sont pas encore mûrs pour lesprit clas- __ sique. Dryden qui représente toute une vie d’hésitation et de lutte avec lui-même, laisse à la génération suivante une langue harmonieuse et le respect du dogme classique. Jusqu'à ce que Pope épuise te dogme, Congreve le réalise “avec une vigueur toute juvénile.

Mais si son époque était un commencement, elle était aussi

un aboutissement. Une fin de siècle, une décadence. C’est l’époque d'individus en paix avec eux-mêmes, harmonisés dans . leurs mœurs et leurs croyances, dans leur langue et dans leurs idées, mais ayant très peu de tout cela, vivant superficiellement,

à la surface de leur être. C’est l’époque de l’homme vivant de manies et de superstitions, de vanités et de modes, l’époque des précieux et des maniérées, de la marionnette sociale (1).

L'art de Congreve ne pouvait s’écarter de ce mannequin qu’à la condition de devenir artificiel. Aussi ne pouvons-nous lui appliquer cette épithète comme on en à l'habitude. Son art est naturel car il s’applique, s’adapte à son sujet. C'est l’objet qui est artificiel; mais cela ne peut constituer un reproche pas plus que nous ne pouvons incriminer un peintre de peindre une naturé morte.

‘(1) Le type comique de la théorie bergsonienne,

taisie et irréalité: féerie d’ hobteies qui re ta * vie comme tes" 0” hommes qui ont existé done et existeront toujours. |

Vis-à-vis de ces décadents, le poète peut prendre deux ati <a tudes, également justes ; objective ou subjective. A la même ne époque Swift in la dernière et devient alors un a grand sati- : |

rique. DArre PEAR ET EE Re Congreve sera, au contraire, le porte- -parole, poète. de cette société artificielle et ridicule; objectif, il en fixera les. Se types à tout jamais. Catulle a immortalisé Lesbie, la courtisane ‘a et son moineau avec un air froid et consommé; Ovide aussi à fixé en vers parfaits une sentation de vie égoïste et raffinée. Pourquoi ne permettrions-nous pas à. à Congreve de faire de même pour une société menant une vie unilatérale et dénuée en quelque sorte d'intérêt humain : c’est là vraiment la seule . lacune dont se ressente l’œuvre de Congreve, mais € ’est une lacune de fond, pas de forme, une lacuné fatale. |

Congreve est ainsi le maître accompli d’ un art mineur et nous ne croyons entrer en conflit ni avec lui, ni avec la littérature en lui donnant le nom de te de décadent, classique mo-

eo à derne.

CUPLTA 5148

Son influence

É oHginaté êt: le caractère accompli qu offrent l'art et le | génie de Congreve devaient lui créer des disciples.

Il existe une école de Congreve et Geneste dit à bon droit que le plus grand honneur qu’on ait pu faire à Sheridan a été Ex le nommer le successeur de celui-ci. Mais jusqu’à lui, il ya toute une lignée de successeurs plus ou moins remarquables.

Le fait est d’autant plus significatif que l’é époque marchait encontre de Congreve. Le siècle rationaliste avait commencé avant la mort du poète et, en même pie la prose et la comé- die sentimentale.

Il est curieux que Cibber, avec ses préoccupations d’assai- nissement moral, n’ait pu créer qu’un homme « The Careless Husband », qui est justement pris dans la bande des libertins de Congreve, une sorte de Vainlove marié, à qui sa femme met “un châle sur la tête pour qu’il ne s’enrhume pas, quand elle le surprend endormi dans un fauteuil, en robe de chambre, à côté de sa servante !..

- Vanbrugh, « qui riait de la morale de Cibber », tout en débutant sur les traces de Love’s last Shift dont il a promu Sir Novelty Fashion au rang de Lord Foppington, saura éviter de pareils éxemples et se rapprocher davantage de Congreve.

Mais jusqu’à Vanbrugh, il nous faut parler de quelques petits écrivains dont les noms sont plus propres à venir immé-

sr

nent après s Colley Cibber. La même année que ce e dernier, débutaient Georges Grandville, baron de Lansdown (1667-1735), Robert Gould (1709), Mrs. Mary Pix (1666-1720), Mrs. Manley, Mrs. Catharine Trotter-Cockburn (1679- -1749). Or, d’une manière ou d’une autre, tous marchent sur les traces. de Congreve, et bien que peu honorable, jusqu’à l’apparition de deux noms illustres, ce petit escadron d’épigones n’en est pas moins un symptôme de ce que Congreve, à peine âgé de 25 ans, devait signifier dans la comédie RARE: à venir. :

« Granville le poli » — le plus fameux d’entre eux pour plus d’un motif, ‘outre un masque Peleus and Thetys et un opéra The British Enchanters, une tragédie Heroic Love et une adaptation The Jew of Venice — est l’auteur d’une comédie, The She Gallants, la seule pièce à laquelle soit vraiment lié son nom comme dramaturge. Or, la comédie de Lincoln’s Inn Fields de l’année 1696, que Downes trouve « extraordinairement spirituelle » et dont Mr. Ward loue les caractères exceptionnellement bien tracés est, comme le reconnaît d’ailleurs ce dernier : aussi, une imitation de Congreve. |

L'histoire de deux coquettes, Angélique et Constantin, qui se déguisent en hommes — la deuxième sous l’habit de son frère auquel elle ressemble énormément — pour mettre à l’épreuve le cœur de leurs amoureux Bellamour et Frédérick, et qui font la cour l’une à Lady Dorimène, mère de Lucinde, aimée de Bellamour, et l’autre aux quatre sœurs de Frédérick, est une tentative aussi significative qu’habile de greffer le monde de Congreve sur un quiproquo de source shakespearienne.

La scène I de l’acte IV, dans laquelle Angélique est Doque | en duel par Bellamour en personne, nous rappelle les aventures garçonnières de Viola (III, 4), de même que les déclarations

d'amour exalté qu’adresse Angélique déguisée à Lady Dorimène « assise dans une pose languissante sur un sofa (IV, 3) est une

parodie des déclarations de Careless à Lady Plyant. D'ailleurs

. cette dernière a certainement inspiré la matrone du Lord, lan-

goureuse et prude, mais tout aussi exposée à à la tentation — car

«elle est faite d’amadou et la moindre étincelle l’enflamme ».

— (Acte I, 1). Sir Toby Fickle, vieux débauché, un de ceux qui n'étant plus capables de jouir des plaisirs, les procure aux

autres et aide donc Angélique à la réussite de son stratagème, est

un Heartwell à rebours : Sir John Airy et Vaunter sont les iné-

vitables fats dans lesquels excelle Congreve.

Congreve d’ailleurs est resté reconnaissant au lord et a pris de la bouche de Lucinde les mots *: « that’s the way of the world » par lesquels celle-ci résume à sa servante Clever (I, p.

16) son idée de tourner le dos à Bellamour et de revenir à son premier amant Philabel — pour en faire le titre de sa comé- die (1).-

Plus redevable à ro est Mrs. Mary Pix, la femme-

à auteur la plus prolifique du temps, après Mrs. Bebn et Mrs. Cent-

livre. Non seulement parce que Congreve l’a amenée à Lincoln’s- ‘Inn Fields et aurait pris sa défense contre Georges Powell qui se serait servi du manuscrit de The Deceiver Deceived en vue de

The Impostor Defeated, maïs parce que Congreve lui a certai-

nement inspiré la meilleure et la plus goûtée de ses comédies : : The Innocent Mistress.

Si sa tragédie Ibrahim the Thürteenth of the Turks et sa farce The Spanish Wives, 1696, marque encore quelques tatonnements, cette auteur découvre sa véritâble expression dans la

(1) IL est plus plausible qu’il les y ait pris plutôt, que dans The Elder Brother,

Ici, nous croyons assister aie à une comédie de Hottes

ne ae

comédie de 1697 (avec prologue et épilogue écrits par r Motte

influencée par Térence : !.… C’est l'histoire d’ une orpheline, sx Arabella — - tombée entre es mains de Lady Beauclair, qui veut ; la marier à son frère Cheatall, tandis qu’elle est aimée de Beau- Ù * mont. Sir Charles ‘Beauclair est à la recherche de Marianne, É

fille de feu Lord Belmour, qui vit cachée sous le nom de Belinda. de

Tout cela est mis dans le monde et dans l'atmosphère de quelques escrocs à la Spendall et de libertins incorrigibles à la Wil dlove, pour « lesquels la femme est un fléau et le mariage une 2 galère. » Peggy, fille mal élevée de Beauclair, n’est qu’une Far

grossière copie de Miss Prue; sans doute, les lettres supposées et :

les faux mariages n’y manquent pas, le dénouement rappelle la technique de The Old Bachelor, avec Sir Charles Beauclair qu’un ami avait marié à une riche veuve, redevenu libre par le

retour du premier mari, et en mesure d’épouser Belinda.

Quant à Mrs. Flywife, elle est copiée directement sur Lady Plyant, et la manière dont elle trompe son mari — qui a trouvé sa lettre adressée à Sir Francis Wildlove — est la copie gauche d’un cocuage congrevien : Mrs. Flywife se fait reprocher par sa servante, au moment où son mari arrive, de lui avoir perdu la lettre qu’elle l’avait priée d’écrire pour elle à son amant !

D'ailleurs Mrs. Pix, qui n’avait rien de commun avec Congreve que le libertinage (et l’obésité !), croit de son devoir de payer dans cette pièce son tribut au poète en faisant gronder Sir Francis par Mrs. Beauclair pour négliger au théâtre, à cause des femmes, « l’éloquence immortelle de Dryden et l’esprit inimitable de Congreve ».

Avec The Deceher Déceved 1698, la poétesse eut un échec; 3 c’est peut-être ce qui lui a fait prendre la voie de la tragédie

ir | — 865 —

Queen Catherine, os Czar of re the False Friend, IE = (titre que Vanbrugh v va emprunter trois ans après) or The Fate FC eo Disobedience (4699), The Conquest of Spain, ne faisait plus es

que deux faibles retours (problématiques) à la comédie, avec The adventures in Madrid et The Beau defeated. |

Plus impliquée dans mn be est Mrs. Catharine Cockburn, née Trotter, à qui Mr. P. Henaa, à l’occasion de la tragédie The Fatal Friendship, jouée à à Lincoln’s Inn Fields (1698), lui adressait des vers en lui conseillant de laisser l’ esprit à LGongrete ei à Granville : PR CRRUET =

… (Nor. suffer fools so oft t’ usurp your rcign) et de garder + empire de la scène, au moyen de pièces sérieuses. Mais la pré- coce poétesse qui dès 1693 avait écrit des vers à Bevill Higgons pour le féliciter d’être guéri de la variole, et en 1698 recevait de la part de Farquhar sa pièce de début pour lui donner son avis, na pas tardé à aborder le génie comique, par Love at a Loss (4707). Pourtant la comédie n’a pas été représentée, et soit que convaincu par les conseils de ses amis ou par le succès de The Mourning Bride, qu ’elle a exaltée en vers adressés à Congreve, elle. à une dernière tentative dramatique avec The Revolution of Sweden. La tragédie n’en a pas moins été soumise à l’appréciation de Congreve qui, avant de la faire représenter à Lincoln’s ‘Inn Fields (1706), en a revu le schéma et, en termes protecteurs, a donné des idées dont l’auteur n’a pas hésité à profiter (1).

Locke devait pourtant l’attirer encore plus que Congreve et la jeune philosophe va 6e lancer corps et âme dans les théories, n'ayant plus avec la littérature que de rares contacts dans des

() v. les deux lettres de Congreve, l’une de remerciements pour les vers ‘envoyés, l’autre avec l’analyse du schéma envoyé en 1703, publiées par Dr. Birch dans la préface des œuvres de Fauteur (Vol. I, pp: 6, 2).

poèmes occasionnels, où Mrs. Cockburn chante les dass de Blenheim ou de Ramillies, et où elle suit encore Congreve.

Quant aux autres jeunes auteurs, leur contact avec 7 comédie est encore plus accidentel. Mais à partir de Charles Hop- | kins et Charles Gildon, son ami personnel, jusqu à Robert Gould, Mrs. Manley, et même Mrs. Centlivre — avec des pièces volées d’un peu partout, et dont les héros conventionnels ne sont que de frêles canevas à remplir par le jeu de l’acteur (1) — quand ils pratiquent la satire ou la ee ils le font à la manière de Congreve.

Cependant ce n’est pas avec des noms comme ceux-ci que nous pouvons congratuler le poète. S’ils ne réussissent qu’à créer une certaine atmosphère autour de lui, deux autres disciples vont lui faire plus honneur.

Avec Vanbrugh et Farquhar nous pouvons dire que l'école de Congreve est dans tout son éclat.

Il n’existe chez eux aucun procédé de se ou de style qui n’ait existé déjà chez celui-ci et si surgit un caractère nouveau, si pointe une nouvelle morale, surtout chez le dernier, c’est pour monirer que l’école évolue. |

John Vanbrugh, l’aîné de Congreve de quelques années, est son cadet du même nombre d’années dans la carrière littéraire, son début avec The Relapse or Virtue in Danger continuation du Fool in Fashion de Cibber, à Drury Lane n’ayant eu lieu qu’en 1696. Etant donné que la différence d’âge littéraire entre les deux est si faible et que Vanbrugh était lui même une personnalité, nous pouvons difficilement trouver des emprunts directs.

(1) Ward.

Un “Hoyden de The tape est sûrement une reprise de Miss Prue. C’ est la fille de Sir Tumbelly, et rien que cela suffit à nous

dire dès l’abord qu’il y est moins question de la femme de | Pinchwife ou d’Agnès que de la fille de Foresight.

Quand Miss RUE dit :

; ; sure never Co was us’d as I am, I know well enough what : other girls do, for all ‘èy think to make a fool of me : it's well, I

have a husband a coming, or. ecod, Pd marry the baker, I wou'd do 50. RTE me (I, 4)

AS Se

de. Nous croyons entendre Miss Prue boudant son père à cause À du mariage enque avec BUIsR et le cer de prendre Robin : le valet.

, - L + % ÿ > . For now my mind is set upon a man, I will have a man some he . way or other. SV: T2) ; 74

. (Mrs. Pix avait pris aussi Peggy, fille de Mrs. Beauclair, de après le. modèle de Miss Prue; mais Peggy APDASHESNR la scène mordant à une pomme !)

=> De même le souvenir de Valentin y est vif; quant à Lory, il | - a peut-être appris de Jeremy à conseiller à son maître, l’extra- 4 vagant et prodigue Young Fashion, d’être plus accomodant à = l'égard de son frère aîné, Sir Novelty Fashion. |

Why, how would’st have me treat him ?

Like a trout, tickle him.

I can't flatter.

Can you starve ?

yes.

I can't ; Good-by t'ye, sir — (going) Stay. thou wilt distract me, What would’st thou have me say to him ?

Ve ue

Frs nothing to. im, apply ut 104 his favourites; speak t

well se them — desire him to lend you a thousand pounds.. Se

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