‹ Un client sérieuxChapitre 38 sur 63 · NAS · texte numérisé non relu

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LE PRINCIPAL TÉMOIN

TRAGÉDIE EN VERS s mi se piobé ALP

À Uharles Friedlander.

E Ke | Gomme horizon : uné ceinture d'immobiles futaies qu'a dorées | l'automne de tons de rouille.

Comme plafond : un lourd ciel pommelé où rampent des chaos de = montagnes aux crêtes argentées de blanc pur. À une centaine de pas l’un de l'autre, affectant de ne se pas voir, Dur messieurs aux visages graves arpentent fiévreusement le . terrain. Ils sont vêtus de noir des pieds à la tête, et, des collets à dressés de leurs redingotes, ils dissimulent leurs faux-cols dont ; la blancheur risquérait de s'offrir coïnmé une cible au visé de l'adversaire.

#A, égale distance de chacun d'eux : le groupe des témoins. Le directeur du combat — un grand monsieur à longue barbe, de qui les mouvements de tête pslancent la colonne lumineuse d'un irréprochable chapeau de soie — bourre méthodiquement un … pistolet en tenant à ses assesseurs des discours fort DPRESAAS

D MCIPERE seu

LE PRINCIPAL TÉMOIN

sans doute, mais qui s ’évaporent dans F vent et dont ‘les deu adversaires tâcheraient en vain de pe le sens 00

LE COMBATTANT GRENOUILLOT, qui cause tout és en attendant le moment de passer à de plus périlleux exercices.

Le ciel PAC est gris ci la forêt est rousse; |

L’automné se ppaitide décès. — J'ai la frousse : À Et l'angbibse. ensügur glace mon front. us . *

os . | Un temps.

Dieux Immortels, veillez!

Lyrique :

Toiquinous mets au cœurle dela auxmains es glaive Toi qui plombes les teints et cernes les yeux creux

Et qui fait s’éplumer les pauvres coqs entre eux,

Fuis, te dis-je! Hâte-toi vers un autre rivage! :

De mon cœur, où la peur exerce son ravages

Fous le camp!

Longue et mélancolique réverie

LE PRINCIPAL TÉMOIN 449

Échanger six balles! A vingt pas!!!

Brusque agacement.

Ah! ça, ce principal témoin n’en finit pas!

Et le fait est qu’il n’en finit pas, ce témoin. Terriblement lent au gré du combattant Grenouillot, lequel, les nerfs sous pression, donnerait gros pour que l'honneur fût enfin proclamé satisfait, il s’obstine, depuis dix minutes, à bourrer, d’une même baguette, le canon d’un même pistolet. Pourquoi ? On n’en sait rien.

LE COMBATTANT GRENOUILLOT

C’est exaspérant!

Un temps.

Continuation du jeu de scène du principal témoin. Soudain :

LE COMBATTANT GRENOUILLOT, en proie au déchaînement des tardifs repentirs :

Non, mais quel besoin avais-je De goûter ce bonbon au goudron de Norvège?

Ce noir pruneau? ce sec hareng-saur dont la peau Flasque, se ride et tremble au vent comme un draos | [peau ?...| … Quoi! j'ai pu, de ce monstre enjuponné qu’adorne Le semblant d’à-peu-près d’un vague fessier morne Et de qui le corset fermé sur des manquants Évoque les murs nus des logements vacants,

LE PRINCIPAL TÉMOIN

Envolupter les yeux énormes de dorade s. : ” Hélas, oui! C'était la femmé d’un camarade;

e L Par conséquent l'attrait d’un plaisir interdit. à . |

L'homme n’est qu’un fourneau; c'est Pastel qui l'ait, Né pouf suivre tout droit et simplement la file

Des matins et des soirs que la Parque ] Jui file, En cueillant au hasard de la main les fruits mûrs

Dont l’été fait danser les ombres sur les murs, Il lui faut le fumet des voluptés fraudées e Et des lapins tirés sur les chasses gardées. 0 Ô

Il hausse l'épaule, écœuré à l’envisagé de ‘ la perversité |

ni humaine. An | Cependant, à vingt pas de là, le principal oi bourre #4

toujours son même pistolet, en sorte que € est vraiment dt

en devenir enragé. De temps en temps seulement, le F 54 poing droit immobilisé sur le canon de l'arme où la ba. ; guette demeuré plongée, il interrompt l'allée et venue | automatique de sa dextre pour questionner les autres témoins, tournant tour à tour vers chacun de ces mes sieurs son His te du désir dé convaincre; ne

le cours de son petit exercice. PE PUR se

LE COMBATTANT GRENOUILLOT, les dents sortes a sur des fureurs qu se contiennent : Fi

nd Paquet! . en | Nouveau temps. ee

Le principal dues continue à bourrer soñ armés ie ’ à? } £

LE PRINCIPAL TÉMOIN 451

LE COMBATTANT GRENOUILLOT, qui reprend le fil de son discours.

Et ça finit toujours, bien entendu,

Par le retour fâcheux autant qu’inattendu Du mari, qu’on croyait bien loin. Sur quoi, la turne Conjugale s’emplit de vacarme nocturne :

Cris de moutard à l’eau froide débarbouillé ; Coups, qui ne partent pas, d’un revolver rouillé; Le plafond qui s’effrite en débris de coquille Sur le satin piqué du couvre-pied jonquille ; Et le sursaut des murs sous des coups de bélier! Et la vicille qui gueule : «Au feu!» dans l’escalier! Enfin, tout le scandale affreux de l’adultère Grondant comme le flanc tourmenté d’un cratère! Puis, c’est le châtiment, malfaiteur embusqué Derrière l’aléa d’un pistolet braqué :

Les coups defeusonnant dans l'air commedes claques; L’herbe verte, soudain rougeoyante de laques…

IL soupire.

Ah! j'ai regret d’avoir fait cet homme cocu.

Brusquement.

Si Je pouvais donner de mon pied dans le cul Au principal témoin, j:y prendrais, Dieu me damne, Plus de plaisir qu’à la lecture de Peau-d’Ane!

LE PRINCIPAL TÉMOIN

Certes, j'en ai connu pour avoir ot culot ei

Ça ne fait rien; je veux repousser du goulot |

us Si j'ai jamais rien vu pour être comparé Au démontant toupet de ce fils de ques

quoi. Soudain, la patience lui pu une bte: s’ nus pare de lui, et aussi l’impérieux besoin de tenir la. le du mystère. Il s’avance à pas de loup vers le groupe des des témoins, incline le buste, la main au pavillon de l'orei et demeure figé comme de la gelée de veau, è entendre s'exprimer dans les termes suivants : | ar

LE PRINCIPAL TÉMOIN, qui, a. en vi, ne laisse perdre aucune occasion de piante sa nt. :

je vous en réponds! — et qui Fr, dub ieu | avec ti années de bouteille. Je vous le

Fr

Le théâtre représente l'intérieur d’un cachot. Face au public, une more percée d’un guichet. À gauche, une lucarne grillée, aux - barreaux découpés en croix de saint André sur le clair azur du dehors. A droite, une couchette composée en tout el pans tout d’un matelas et d’un traversin. En

Au lever du rideau, la scène est vide. Soudain tremolo à l'orches- | tre. Coups sourds dans le sol. Une dalle se soulève, et l'on voit apparaître le visage inculte et la tignasse ébouriffée de l'infor- RUE Latude.

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